Terriennes B1 Ngưỡng

Terriennes - Anina Ciuciu (B1)

Vous allez découvrir pour la première fois ce reportage. Commençons par prendre quelques repères... Regardez le début de cette vidéo (jusqu'à 0'33) et faites les bonnes associations.
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Terrriennes-AninaCiuciu-Video
« J'ai décidé d'écrire un livre. »
« C'est un rêve de petite fille de porter la toge. »
À l'extérieur du palais de Justice de Paris
À l'intérieur du palais de Justice de Paris
Une toge de magistrat
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Chú ý
Le mot « toge » vous pose peut-être problème : c'est la robe noire et blanche des magistrats, des juges travaillant dans le palais de Justice.

Les deux premières images correspondent aux commentaires de la jeune fille.
Dans la deuxième image, qu'observe-t-elle au loin ?


Rất tốt
Cette vidéo a donc été tournée dans le palais de Justice de Paris. Il regroupe plusieurs institutions judiciaires (cour, tribunal).  
Quelle est la relation entre le palais de Justice de Paris, cette jeune femme et la toge ? Pourquoi a-t-elle écrit ce livre ? C'est ce que nous allons voir dans la prochaine activité.
Vous avez repéré le lieu du tournage et deux objets (le livre et la toge) importants pour la compréhension de la suite du reportage.

Cette vidéo a donc été tournée dans le palais de Justice de Paris. Il regroupe plusieurs institutions judiciaires (cour, tribunal).  
Quelle est la relation entre cette jeune femme, le palais de Justice de Paris et la toge ? Pourquoi a-t-elle écrit ce livre ? C'est ce que nous allons voir dans la prochaine activité.
Conception: Émilie Lehr, formatrice labellisée TV5MONDE
Published on 28/02/2014 - Modified on 06/11/2017
Je m’appelle Anina Ciuciu.
J’ai 23 ans.
Je suis étudiante en droit à Paris.
Je fais partie de la communauté rom de Roumanie.
Ma famille et moi avons quitté notre pays pour rejoindre la France en 1997.
En 2013, j’ai décidé d’écrire un livre qui s’intitule « Je suis Tzigane et je le reste »
 
C’est un rêve de petite fille en fait de porter la toge de magistrat. Et c’est vraiment un idéal, un idéal de justice tout simplement. Nous avons vécu l’injustice, moi et ma famille depuis que nous sommes tout petits, et cette injustice seulement du fait d’être Rom.
Je me rappelle très bien que même à la maternelle, personne ne voulait me donner la main quand il fallait se mettre en rang, et ça c’est très dur pour un enfant, c’est traumatisant, et on se demande, c’est très frustrant, on se demande pourquoi ?
 
C’était quand même une enfance heureuse, parce que nous étions en famille, nous avions nos grands-parents, nos oncles, nos tantes, nos cousins, nos cousines. Mais la vie était quand même difficile et elle l'est devenue de plus en plus lorsque mes parents ont perdu leur emploi lorsque leurs origines ont été découvertes. Et matériellement ça devenait presque impossible de vivre et, c’est pourquoi nous avons envisagé l'exil vers la France. Les frontières étaient fermées et nous étions obligés de faire appel à des passeurs, parce qu’obtenir un visa pour une famille de Roms, c’était une chimère. Le voyage a été extrêmement difficile et, j’en garde un très mauvais souvenir mais l’important c’est que nous sommes arrivés finalement.
 
La honte, elle est venue surtout du regard des autres, c’est pour ça qu’on comprend très vite qu’on doit se cacher, et que c’est une honte d’être rom tout simplement, et d’ailleurs c’est aussi la honte que mes parents avaient pour se dissimuler toujours en fait. Ils ne venaient pas nous chercher à l’école, parce qu'ils avaient honte qu’on découvre qu’ils étaient roms et c’était quelque chose qui m’a moi beaucoup marquée, qui m’a traumatisée pour dire ainsi. Et si justement j’ai décidé d’écrire, c’était pour qu’à l’avenir plus aucun enfant, plus aucun parent n’ait honte de dire qu’il est rom.
 
Je pense les femmes roms vivent une situation extrêmement difficile, encore peut-être plus difficile que les hommes. C’est primordial que les femmes aient tout d’abord droit et accès à l’éducation. Aussi accès au soin. Qu’elles aient une autonomie tout simplement, une indépendance et que leurs droits les plus fondamentaux soient respectés. Il est temps aujourd’hui, on est quand même au 20e siècle de, 21e siècle de le faire tout simplement, elles doivent prendre la parole.

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