Diplôme de français des relations internationales B1 Ngưỡng

Et si... on éradiquait l'analphabétisme au Burkina Faso ?

60 %, c’est le taux d’analphabètes que compte le Burkina Faso. Et l’objectif de Zacharia Tiemtoré, ancien ministre de l’Alphabétisation de ce pays, est de supprimer ce problème d’ici 10 ans.
Écoutez l’extrait de ce « Et si vous me disiez toute la vérité » et cochez les éléments abordés en mettant « x » dans les cases correspondantes.
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1. La définition de l’analphabétisme *
2. La question de la « décentralisation » x
3. Les raisons du fort taux d’analphabètes au Burkina Faso *
4. L’idée de « communalisation » x
5. La politique éducative mise en place au Burkina Faso *
6. La perception de l'analphabétisme comme condition de la paix x
7. Ce qu'il faut faire pour supprimer l'analphabétisme x
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Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 06/04/2017 - Modified on 06/02/2019
Denise Époté, présentatrice
Mais il y a aussi la question, Zacharia Tiemtoré…
Zacharia Tiemtoré, ancien ministre de l’Alphabétisation du Burkina Faso
Oui
Denise Époté, présentatrice
…la question de la décentralisation, parce qu’on se rend compte que, même quand il y a la volonté politique qui existe, elle n’est consacrée qu’aux centres urbains, au détriment des zones rurales.  
Zacharia Tiemtoré, ancien ministre de l’Alphabétisation du Burkina Faso
Oui
Denise Époté, présentatrice
Alors comment fait-on pour réparer cette injustice ?
Zacharia Tiemtoré, ancien ministre de l’Alphabétisation du Burkina Faso
Il faut déjà de l’humilité, que le politique se rende compte que, au niveau de la capitale, on ne peut pas tout régenter. Il est bon de mettre les communes un peu plus en avant et de prendre appui sur les communes – c’est ce que j’appelle la « communalisation » – dans la stratégie qui est proposée. C’est vrai que les textes prévoient, à travers la décentralisation, que les conseils municipaux soient impliqués. Mais on se rend bien compte que ça n’est pas suffisant. Et eux, qui sont proches des populations – je pense aussi aux comités villageois de développement qui font un travail remarquable, mais sur tous les autres aspects en dehors de l’éducation. Je dis « Mais qu’est-ce qui vous empêche de les impliquer davantage au niveau de l’éducation, et d’avoir aussi une sorte d’émulation positive, une sorte de compétition entre les communes pour que personne n’ait envie d’avoir une commune avec autant d’analphabètes ? » Mais aujourd’hui, on vit tranquillement avec les analphabètes. Mieux, on pense que former serait une perte de temps, parce que les personnes formées deviendraient subversives. Vous imaginez quand le politique se met à le penser, à le penser déjà ? C’est un gros souci, parce que ceci dénie déjà le droit à l’éducation, mais on oublie aussi que les laissés pour compte finiront un jour par se révolter. Donc le fait de penser tout simplement que, aujourd’hui, ça fait moins de problème que de les laisser dans l’analphabétisme, parce que s’ils sont formés, il faut maintenant des questions d’emploi, il faut se préoccuper de cela… Ma conviction, c’est que nous ne sommes pas suffisamment nombreux pour affronter les problèmes africains. Vous vous rendez compte, lorsque vous êtes cent à faire un travail, ben vous n’allez pas produire le même effort que si vous êtes mille à vouloir faire le même travail. Aujourd’hui, le défi est de relever le niveau général dans nos États et faire en sorte que nous soyons beaucoup plus nombreux capables de penser le monde tel qu’il est, mais capables aussi de donner de la valeur à ce que nous possédons. Et c’est là où maîtriser l’écrit peut aider les États africains. Regardez le nombre de connaissances traditionnelles que nous laissons mourir. Mais mourir faute de quoi ? Parce que nous avons du mal à les formaliser. Oui, l’alphabétisation pour nous est une priorité, l’alphabétisation dans le sens de formation – nous devons former massivement nos populations – mais en leur faisant confiance, en allant auprès d’elles, en voyant avec elles les secteurs dans lesquels elles ont besoin d’être formées, parce qu’elles pourront tout de suite utiliser ce que vous allez leur apporter comme compétence. Mais lorsque vous décidez tout seul des axes, des secteurs prioritaires, ben même lorsqu’ils sont formés, le temps d’adaptation…
Denise Époté, présentatrice
…C’est ce qu’on a appelé également « le développement intégré ».
Zacharia Tiemtoré, ancien ministre de l’Alphabétisation du Burkina Faso
Le développement intégré, participatif, où les premiers concernés sont impliqués. Malheureusement, on ne le fait pas suffisamment assez, à mon sens. Donc c’est pour ça que dans cette stratégie… Donc nous avons parlé de la question des langues, bilinguisme, multilinguisme, la question de la proximité, donc la communalisation…
Denise Époté, présentatrice
…la décentralisation.
Zacharia Tiemtoré, ancien ministre de l’Alphabétisation du Burkina Faso
Oui, de la décentralisation, la question de l’intégration scolarisation/alphabétisation et une grande participation des parents et des enseignants. Vous imaginez : lorsque vous êtes alphabétisés en langue nationale, et que votre fils ou votre fille va à l’école, à aucun moment vous êtes capables de vous rencontrer pour vous entraider. Parce que lui est formé en français, et vous, vous êtes formé pendant ce temps en langue nationale. Donc l’idée est de mettre un peu plus de français au niveau de l’alphabétisation, et un peu plus de langue nationale au niveau…
Denise Époté, présentatrice
…Un peu plus de langue nationale au niveau de l’éducation.
Zacharia Tiemtoré, ancien ministre de l’Alphabétisation du Burkina Faso
Exact pour que ça se rencontre. Et le suivi enfin : combien de fois nous avons eu de beaux projets que nous démarrons en trombe et finalement que nous laissons mourir, péricliter à petits feux ?

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