Diplôme de français des relations internationales B2 Avançado

Quel avenir pour l'agriculture européenne ?

Dans cette interview, Benoit Biteau s’exprime sur l’avenir de l’agriculture en lien avec les enjeux environnementaux et l’économie. Quelle forme choisit-il de donner à son discours ?
Écoutez une dernière fois l’extrait et choisissez les bonnes réponses.
Choisissez la réponse dans le menu déroulant Help on how to respond the exercice
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La tonalité générale de ses réponses est explicative|alarmiste|accusatrice.
Le ton qu’il emploie est posé|passionné|hésitant.
Son discours est méthodique|confus|très imagé ; il est marqué par un grand nombre de « donc »|des phrases qui semblent se contredire|des références techniques très précises.
On note par ailleurs chez lui une certaine volonté d’expliciter les circonstances|de justifier ses arguments|de se mettre en avant.
Quand il est interrogé sur la volonté du nouveau commissaire européen à l’agriculture, il reste prudent et ne juge pas à priori|se montre désabusé et très critique|affiche une confiance résolue.
Quand il est interrogé sur les implications de l’agriculture dans les émissions de gaz à effet de serre, il se montre honnête et lucide|nuancé|plutôt fuyant.
Chacune de ses interventions se conclut par une synthèse de ce qu'il vient de dire|une question au journaliste|la recherche de l'approbation du journaliste.

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Atenção

Prenez le temps de relire le texte de l’activité ainsi que les propositions de réponses avant d’écouter une nouvelle fois l’extrait. Ne vous concentrez pas uniquement sur les mots, mais observez aussi le ton et les éléments paraverbaux (expressions du visage, gestes, etc.).

Parabéns!

Vous avez parfaitement analysé le discours de Benoit Biteau. Il avait très certainement bien préparé son intervention ; et la clarté et la pédagogie dont il fait preuve lui ont sans aucun doute permis de mieux convaincre Paul Germain et les spectateurs. Pensez-y lorsque vous devez vous exprimer.
 
Regardez l’émission dans son intégralité pour en avoir une preuve supplémentaire.
Cette activité vous permet d’analyser le discours de Benoit Biteau et de voir comment son approche basée sur l'explication, la logique et le calme donnent de la force à un discours de conviction.
Lisez la solution, et retenez ces procédés : ils pourront vous être utiles quand vous devez convaincre un public disposé à réfléchir.

Regardez l’émission dans son intégralité pour avoir d’autres exemples.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 26/02/2020

Paul Germain, journaliste
Le nouveau commissaire européen à l’agriculture, un Polonais, a déclaré qu’il voulait une politique agricole commune plus verte, qu’il voulait aussi défendre les petites exploitations… Vous demandez à voir ?
Benoit Biteau, député européen Les Verts, paysan et agronome
Je demande à voir. Jacques Chirac disait que les promesses n’engageaient que ceux qui les croyaient. Et je demande à voir d’autant plus que ce que nous a dit clairement le nouveau commissaire à l’agriculture, c’est que lui effectivement, il croyait en ce modèle-là, mais quand on lui demande s’il va utiliser son mandat, qui débute là, pour radicalement changer la politique agricole commune qui peut conduire justement au développement d’une agriculture plus familiale, plus paysanne, moins intensive, moins dépendante des pesticides, moins dépendante des engrais, moins dépendante du pétrole, qui est quand même une sérieuse impasse, la réponse qu’il nous fait, c’est que « ma feuille de route, celle que me donne la Présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, est une feuille de route qui ne m’autorise pas à changer fondamentalement la PAC. » Donc, il y a quand même un sujet, et il va y avoir un vrai télescopage. C’est-à-dire qu’on a voté il y a quelques jours, la dernière fois à la séance plénière de Strasbourg, on a voté l’état d’urgence climatique, et un des premiers items de l’état d’urgence climatique, c’est de changer, en profondeur, l’agriculture et donc la politique agricole commune. Donc là, on a un télescopage d’enjeux qu’il va falloir gérer à l’échelon de la Commission.
Paul Germain, journaliste
Alors précisément, regardez cette photo. C’est la chaîne humaine pour le climat qui a eu lieu à Bruxelles il y a quelques jours. Les agriculteurs ont voulu participer à cette manifestation pour dire que la solution passait aussi par eux. On pointe souvent l’agriculture : elle est à la fois responsable et victime du changement climatique ?
Benoit Biteau, député européen Les Verts, paysan et agronome
Moi je dis qu’elle joue trois rôles, l’agriculture. En tout cas, elle est dans trois rôles au sujet du climat. Elle est victime, c’est pas contestable : on l’a vu avec l’épisode de sécheresse, on l’a vu avec l’épisode de canicule, on le voit avec des pénuries d’eau. Elle est victime du changement climatique. On le voit sur les appellations viticoles d’ailleurs. Mais…
Paul Germain, journaliste
Mais elle produit beaucoup de CO 2 aussi !
Benoit Biteau, député européen Les Verts, paysan et agronome
Elle produit, mais elle peut en séquestrer. Donc, elle est victime, elle est coupable. Le mot est fort : elle est coupable du changement climatique avec entre 25 et 30 % des émissions de gaz à effet de serre liées aux activités humaines issues de l’agriculture, et pas seulement l’élevage. La dépendance au pétrole fait que c’est une activité émettrice de gaz à effet de serre. Mais elle peut aussi être la solution. C’est-à-dire que 60 à 65 % des espaces qui nous environnent sont occupés par des activités agricoles et si on mobilisait ces 60 à 65 % d’espaces occupés par l’agriculture dans une réelle volonté de séquestration de gaz à effet de serre, on a une solution incroyable, efficace, réellement efficace pour séquestrer beaucoup de gaz à effet de serre et notamment ceux créés par les activités humaines. Donc victime, coupable et solution.
Paul Germain, journaliste
Cela dit, il y a encore du chemin. Je crois que c’est 7 % de terres bio en France et en Europe à peu près.
Benoit Biteau, député européen Les Verts, paysan et agronome
Oui, oui, c’est 7 %, c’est moins de 10 %, sauf que c’est créateur d’emploi dans un pays des gens cherchent de l’emploi, beaucoup plus que l’agriculture conventionnelle, donc il y a des atouts, y compris sur l’économie. Et c’est l’occasion, l’opportunité de cesser d’opposer l’écologie et l’économie. On se rend compte en vérité, à la lumière de ce qui se passe autour de l’agriculture biologique, qu’économie et écologie font très bon ménage.

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