Diplôme de français des relations internationales B2 Avançado

Développement : une nouvelle configuration du monde ?

Le développement économique et social est au cœur de l’extrait.
Aidez-vous de l’extrait pour retrouver les termes qui correspondent aux définitions.
Écrivez la ou les bonnes réponses dans les cases Help on how to respond the exercice
FRI-B2-BarEurope-Zacharie-video
1. (n.m. pl.) Ressources financières, argent disponible pour un financement déterminé 
 : des fonds
2. (inf.) Soutenir financièrement -  : subventionner
3. (expr.) Indicateur économique qui mesure la richesse créée au cours d’une période donnée 
 : la valeur ajoutée
4. (n.m.) Privilège (de droit ou de fait) dont dispose une entreprise de fabriquer ou de vendre seule certains biens ou certains services à l'exclusion de tout concurrent -  : monopole
5. (adj.) Qui aide les plus démunis -  : caritatif
6. (expr.) Produits, résultats des divers impôts 
 : les recettes fiscales
7. (n.m.) Élément identifiable du patrimoine ayant une valeur économique positive -  : un actif
8. (adj.) Qui vise à défendre les intérêts économiques d’un pays face à la concurrence étrangère 
 : protectionniste
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Vous avez parfaitement retrouvé les termes économiques utilisés dans l’extrait. Notez ceux que vous ne connaissiez pas ainsi que leurs définitions pour pouvoir les réutiliser plus tard.
Faites la dernière activité pour voir comment Arnaud Zacharie appuie son discours de la voix, mais surtout du regard.
Cette activité vous permet d’enrichir vos connaissances lexicales sur le thème de l’économie.
Lisez la solution, et n’oubliez pas de noter les mots nouveaux ainsi que leurs définitions. Vous pourrez les réutiliser lors d’une prochaine discussion sur le développement.
Faites la dernière activité pour voir comment Arnaud Zacharie appuie son discours de la voix, mais surtout du regard.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 28/08/2019 - Modified on 07/02/2020
Paul Germain, journaliste
Arnaud Zacharie, bonjour.
Arnaud Zacharie, économiste, secrétaire général du CNCD-11.11.11 (fédération des ONG en Belgique)
Bonjour.
Paul Germain, journaliste
Vous êtes le secrétaire général du CNCD-11.11.11. Derrière cette appellation un peu énigmatique se cache la fédération des ONG en Belgique, les ONG de développement. On ne va pas donner tous vos titres : vous avez dix-sept diplômes ou presque, mais on retiendra que vous êtes altermondialiste. Alors au Bar de l’Europe, je vous ai servi des mendiants, parce que vous venez de lancer une grande opération en Belgique, une opération de récolte de fonds pour subventionner des projets de développement au Sud. Pourquoi faut-il toujours mendier ? Pourquoi c’est le citoyen qui doit financer en quelque sorte le développement ?
Arnaud Zacharie, économiste, secrétaire général du CNCD-11.11.11 (fédération des ONG en Belgique)
Ben, c’est pas mendier. D’abord, les gouvernements coopèrent aussi. Il y a une coopération développement gouvernementale, mais nous, les ONG, on a une spécificité, c’est celle de travailler directement avec les organisations de la société civile et avec les mouvements citoyens des pays du Sud. Et donc cette coopération directe de peuples à peuples, qui ne transite pas par des gouvernements, est évidemment très importante. Pourquoi ? Parce que, ben on voit qu’on a besoin de contre-pouvoirs démocratiques permanents si on veut avoir des sociétés véritablement démocratiques. Et on voit… Malheureusement, si on regarde à l’échelle mondiale aujourd’hui, on a plus de cent pays qui au cours des trois dernières années ont adopté des législations anti-ONG. Donc on voit bien que le droit humanitaire ou les droits humains, en général, gênent de plus en plus de gouvernements dans le monde, et c’est bien évidemment inquiétant. D’où la nécessité de renforcer les sociétés civiles, que ce soit d’ailleurs au Sud ou au Nord.
Paul Germain, journaliste
Et pourquoi faut-il toujours aider le Sud ? Ils peuvent pas se débrouiller sans nous ?
Arnaud Zacharie, économiste, secrétaire général du CNCD-11.11.11 (fédération des ONG en Belgique)
Ben, disons qu’il y a des échanges inégaux qui font qu’il y a des inégalités Nord-Sud qui se sont creusées depuis le 19e siècle. En gros, c’est l’échange de matières premières à faible valeur ajoutée contre des produits industriels à forte valeur ajoutée. Donc jusqu’il y a peu, ces produits à forte valeur ajoutée étaient le monopole de quelques pays occidentaux les États-Unis, l’Union européenne, le Japon mais on voit depuis la fin des années 1990, le début des années 2000, l’émergence de pays du Sud, de puissances régionales évidemment la Chine qui est le coureur de pointe, mais aussi l’Inde, le Brésil par exemple…
Paul Germain, journaliste
Et il faudrait pas suivre l’exemple de la Chine qui investit dans des continents comme le continent africain ou en Amérique latine, plutôt que de subventionner des projets de développement ?
Arnaud Zacharie, économiste, secrétaire général du CNCD-11.11.11 (fédération des ONG en Belgique)
Ben la Chine a aussi des projets de développement en Afrique et en Amérique latine. Maintenant, ce qui est vrai, c’est que la coopération développement, elle ne doit pas être uniquement caritative. Ce qu’il faut, c’est permettre à ces pays d’avoir, je dirais, un niveau de production en termes de valeur ajoutée, qui permette des emplois suffisamment rémunérés, des activités économiques qui permettent aux États de générer des recettes fiscales pour financer eux-mêmes les services d’éducation, de santé, d’alimentation, etc. Donc, ne pas uniquement viser de manière caritative des services qui dépendraient finalement des financements extérieurs, mais essayer de participer à une transformation structurelle des pays les plus pauvres pour en faire des économies capables de financer elles-mêmes les services sociaux de base pour leurs populations.
Paul Germain, journaliste
Alors, vous venez de publier un livre qui s’appelle Le décentrage du monde[1]. Le décentrage, il vient de ces pays émergents comme la Chine, et qui déroutent quelque peu l’Europe, hein ?
Arnaud Zacharie, économiste, secrétaire général du CNCD-11.11.11 (fédération des ONG en Belgique)
Tout à fait. Donc on a dominé, nous les Occidentaux, le monde pendant des décennies, voire des siècles, puis on voit maintenant qu’on a des pays émergents, à commencer par la Chine, qui pèsent de plus en plus dans l’économie mondiale. Alors, on a d’abord toléré cette émergence. Pourquoi ? Parce que la Chine et les autres pays émergents se profilaient uniquement comme des ateliers du monde, c’est-à-dire que nos grandes firmes transnationales pouvaient sous-traiter dans ces pays l’assemblage des produits industriels, et donc réduire fortement leurs coûts de production, mais maintenant, on voit par exemple la Chine qui se profile avec un projet made in China 2025, un projet de nouvelle route de la soie avec à l’horizon 2049 l’ambition de devenir le leader de l’économie mondiale du 21e siècle. Donc…
Paul Germain, journaliste
Quand vous dites que l’Europe n’a pas de politique cohérente à l’égard de la Chine, ça veut dire quoi ?
Arnaud Zacharie, économiste, secrétaire général du CNCD-11.11.11 (fédération des ONG en Belgique)
Ben, l’Union européenne, elle est tout particulièrement mal prise face à ce basculement du monde parce qu’elle a été habituée, pendant des décennies et surtout depuis la Pax Americana[2] d’après Deuxième Guerre mondiale, à profiter du parapluie militaire et économique des États-Unis. Or, maintenant, elle ne peut plus s’aligner uniquement sur l’agenda des États-Unis de Donald Trump, mais, par ailleurs, l’Union européenne est beaucoup trop divisée pour avoir une approche cohérente par rapport à la Chine. Et donc on voit des pays comme par exemple la Belgique, l’Irlande, la Finlande, le Portugal qui ouvrent la porte largement aux investissements chinois qui sont vus comme quelque chose de positif pour l’économie ; et puis on voit certains pays comme l’Allemagne ou la France, qui ont encore des champions nationaux, qui tiennent à leurs actifs stratégiques et donc qui sont de plus en plus prudents, voire protectionnistes, par rapport à ces investissements chinois. Et donc au final, l’Union européenne n’arrive pas à définir une approche cohérente vis-à-vis de la Chine.

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