Terriennes B1 Intermediário

Terriennes - Sakina M'sa

Sakina M'sa est une créatrice de mode pas comme les autres, vous ne trouvez pas ? Écoutez le reportage et cliquez seulement sur les informations du reportage qui montre que c'est une créatrice de mode « solidaire ».
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[Sakina M'sa est une créatrice de mode « éthique », « solidaire », avec des convictions et des valeurs. En effet, selon le reportage :]
Elle pense qu'avec un vêtement, on peut marquer une différence et c'est une chance.
Elle fabrique toutes ses collections en France.
{Elle a écrit le livre « Robes des possibles » pour partager son combat.}
Elle embauche des salariés en insertion (en difficulté professionnelle).
Elle rachète des tissus à la haute couture.
{Pour sa prochaine collection, elle va faire défiler des femmes handicapées.}
Le partage de son savoir-faire est très important pour elle.
Elle a organisé un défilé dans une prison.
{Elle a créé une association pour les femmes et jeunes de quartier.}
{Elle permet à des femmes en difficulté d'exprimer des émotions grâce au travail du tissu.}

Émilie Lehr, formatrice labellisée TV5MONDE
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Atenção

Les informations en italique sont des mots qui peuvent vous aider. Parle-t-elle de différence, d'insertion, d'association ? Les phrases à sélectionner se trouvent dans l'ordre du reportage. C'est à vous : écoutez encore une fois le reportage !

Parabéns!

Vous avez compris et été sensible aux choix et aux valeurs de cette professionnelle hors norme !

Dans l'activité, trois affirmations n'apparaissent pas dans le reportage mais sont vraies : Sakina a écrit le livre « Robes des possibles », et elle a créé une association pour les femmes et jeunes de quartier avec qui elle travaille des tissus pour exprimer des émotions.

Et vous, connaissez-vous d'autres entreprises éthiques et solidaires ?
Cette deuxième activité de compréhension permettait de souligner les choix et les valeurs de Sakina dans son travail. Inspirant, vous ne trouvez pas ?
Je m’appelle Sakina M’sa, je suis créatrice de mode.
Je vis à Paris et je suis originaire des Comores.
 
Je ne voulais pas venir en France. Ma grand-mère était une femme qui avait une spiritualité extraordinaire. J’avais fait un rêve et où j’avais rêvé qu’en France les gens vivaient dans des tiroirs. Donc je lui ai dit, « écoute, je ne veux pas aller dans ce pays où l’on vit dans un tiroir ». Elle m’a forcée à venir bien évidemment. Donc je suis arrivée et la première image que j’ai eue en arrivant à Marseille, c’est ma mère, de cet immeuble de 5 étages de la fenêtre, en fait qui sortait sa tête du tiroir. Je me sentais un peu perdue, mais j’espère que je me suis bien rattrapée depuis.
 
Je suis devenue punk à 14 ans et je me suis rendue compte que le vêtement avait quelque chose de sociologiquement très fort et qui pouvait nous aider à marquer la différence.  J’étais quelqu’un de différent de toute façon, mais je trouvais que c’était plutôt un pouvoir, je trouvais que c’était plutôt une chance que d’être différent.
 
Ce qui était très important pour moi, c’était de fabriquer en France, pas du tout pour faire du conservatisme, rien du tout, mais je me suis dit « c’est là où je dois être. » On embauche des salariés en insertion qui sont des personnes qui savent coudre vraiment. Et on va présenter une collection qui est vraiment sur…, il va y avoir beaucoup de découpes, parce qu’on rachète des tissus à la haute couture, donc on fait les poubelles de la haute couture, mais pour faire des merveilles.
 
Je suis juste une femme, j’ai un savoir-faire que j’aime et que j’ai envie de partager comme en Afrique. Vous savez à la maison, on était 6 gamins, on avait des cousins, des cousines, les tatas qui venaient et on était tous ensemble et c’est ça, c’est tout, c’est tout ce que je reproduis.
 
En prison, le principe était de venir avec la collection, on est venu avec coiffeurs, maquilleurs, des personnes qui leur apprenaient à marcher, la collection, les chaussures. On a fait des ateliers, on a mélangé nos coiffeurs avec, il y a un salon de coiffure en prison. Et puis quelques femmes qui ont fait des C.A.P. de couture, mais qui sont détenues. Et donc on a fait un espèce de rencontre de savoir-faire comme ça. Et puis un défilé avec 32 détenues, détenues qui étaient dans le gymnase de Fleury-Mérogis, qui portaient la collection et qui avaient comme public leurs codétenues. Ça a été un moment, mais miraculeux.
 
Je me suis posé beaucoup de questions. Est-ce que je suis féministe ? J’aimais pas trop le mot, parce que j’aime pas les cases comme beaucoup d’entre nous, et ça me dérangeait beaucoup, comme par exemple quand on me dit qu’il faut qu’il y ait tant de quotas de Noirs à la télé, tant de quotas de machin… Oui, mais il y en a besoin. Parce qu’à un moment donné, quand on les fait pas en fait, je me suis rendue compte que finalement on retrouve nos vieilles habitudes, et puis en fait c’est toujours les mêmes. Donc voilà, je veux bien dire que je suis féministe, mais je crois qu’aujourd’hui, notre bataille, elle est à faire avec les hommes.

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