Diplôme de français des relations internationales B1 Intermediário

Dans les arcanes de la diplomatie

Au cours de cette négociation, tout est allé très vite. Tout aura basculé en 3 jours.
Écoutez l'interview et retrouvez la chronologie des événements.
N'hésitez pas à prendre des notes pendant l'écoute.
Glissez-déposez les éléments Help on how to respond the exercice

 

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Lundi : Instructions reçues de l’Élysée

Mardi : Premier appel (négatif) reçu de Susan Rice (vers 20h)
       > Envoi d’un télégramme à Paris
           > Vidéoconférence entre B. Obama, H. Clinton et S. Rice
               > Second appel (positif) reçu de Susan Rice (vers 23h30)

Mercredi : Petit déjeuner avec le représentant de la Grande-Bretagne
Jeudi : Présentation du texte de résolution définitif

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Atenção

Même s’il utilise souvent le présent de narration, Gérard Araud donne des indices comme les jours et les horaires. Il utilise aussi le plus-que-parfait (« avait eu lieu ») pour indiquer qu’un événement passé a eu lieu avant un autre événement passé.

Parabéns!

Vous avez parfaitement reconstitué la chronologie de cette négociation entre la France et la Grande-Bretagne d’un côté et les États-Unis de l'autre.

Entre l’idée d’un texte de résolution et sa présentation au Conseil de sécurité, Gérard Araud a d’abord reçu des instructions en provenance de la Présidence de la République française (lundi). Le lendemain, il a reçu un premier appel de son homologue américaine, Susan Rice, en opposition totale au projet de texte de résolution. Suite à cet appel, il a dû envoyer un télégramme à Paris pour informer la Présidence française de la situation. Mais coup de théâtre : quelques heures après, il a reçu un second appel de Susan Rice, cette fois favorable au texte de résolution. Entre les deux appels, une vidéooconférence a eu lieu entre le président Obama, la secrétaire d’État de l’époque, Hilary Clinton, et Susan Rice.
Le jour suivant (mercredi), lors d’un petit déjeuner, Gérard Araud a communiqué les derniers rebondissements à son homologue britannique qui a d’abord cru à une manœuvre américaine.
Le texte de résolution a finalement été présenté le jeudi, comme prévu.

Faites maintenant l’activité suivante pour revenir sur l’opposition entre la France et les États-Unis et enrichir votre vocabulaire.
Cette activité vous permet d’entrer dans les coulisses de la négociation et d’en comprendre la chronologie.
Lisez attentivement la correction.

Entre l’idée d’un texte de résolution et sa présentation au Conseil de sécurité, Gérard Araud a d’abord reçu des instructions en provenance de la Présidence de la République française (lundi). Le lendemain, il a reçu un premier appel de son homologue américaine, Susan Rice, en opposition totale au projet de texte de résolution. Suite à cet appel, il a dû envoyer un télégramme à Paris pour informer la Présidence française de la situation. Mais coup de théâtre : quelques heures après, il a reçu un second appel de Susan Rice, cette fois favorable au texte de résolution. Entre les deux appels, une vidéoconférence a eu lieu entre le président Obama, la secrétaire d’État de l’époque, Hilary Clinton, et Susan Rice.
Le jour suivant (mercredi), lors d’un petit déjeuner, Gérard Araud a communiqué les derniers rebondissements à son homologue britannique qui a d’abord cru à une manœuvre américaine.
Le texte de résolution a finalement été présenté le jeudi, comme prévu.

Faites maintenant l’activité suivante pour revenir sur l’opposition entre la France et les États-Unis et enrichir votre vocabulaire.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 23/12/2015 - Modified on 07/02/2020
Gérard Araud, ambassadeur représentant permanent auprès des Nations Unies (2006-2014)

Il est très important que lorsque la France ou lorsque d’autres pays jugent qu’une opération militaire est nécessaire, de se tourner vers le Conseil de sécurité pour obtenir cette autorisation. 
Nous sommes au printemps 2011, les troupes libyennes marchent sur Benghazi, Kadhafi annonce tous les jours à la radio que des fleuves de sang vont couler, la France et le Royaume-Uni cherchent au Conseil de sécurité l’autorisation de l’usage de la force pour arrêter l’avance de Kadhafi. Donc avec mon collègue britannique, nous présentons un texte de résolution et nous commençons une négociation. Et cette négociation est d’autant plus difficile que nos alliés traditionnels, les Américains, au Conseil de sécurité, restent en réalité silencieux, alors qu’évidemment nous nous heurtons à la résistance des Russes et des Chinois. L’affaire sur le terrain devient de plus en plus sérieuse. Et donc, un lundi, je reçois instruction par téléphone, de la présidence de la République, de présenter le texte au vote, en tout état de cause, le jeudi. Silence américain. Et le mardi, au moment où je rentre à la résidence, je suis en voiture, vers huit heures du soir, coup de téléphone de ma collègue américaine, Susan Rice, qui me dit : « Il est hors de question que vous présentiez un texte ! We don’t want to be drag into your shitty war ! Nous ne voulons pas être entraînés dans votre guerre de merde parce que nous savons très bien que, si la guerre commence avec les Français et les Britanniques, nous serons obligés de vous soutenir, donc il est hors de question d’accepter votre texte ! » Je suis obligé de répondre que j’ai des instructions du président de la République, que la France n’est pas une filiale des États-Unis, France is not a subsidiary of the United States, et que, en tout état de cause, nous mettrons le texte au vote, sauf si le Président Obama naturellement appelle le président français de la République et que celui-ci me donne des instructions inverses. Je rentre à la résidence ; de la résidence, j’envoie un télégramme à Paris pour annoncer que nous avons quand même un petit problème. Sur le moment d’aller me coucher lorsqu’à onze heures et demie, ma collègue américaine m’appelle en me disant : « OK, nous allons vous soutenir mais nous allons vous soutenir, mais en plus nous voulons que le texte soit un texte encore plus précis, qui nous donne vraiment les moyens de frapper les forces libyennes. » Alors, le lendemain matin, j’avais un petit déjeuner avec mon collègue britannique qui était à ce point surpris qu’il a pensé un moment que c’était une manœuvre des Américains qui, en chargeant la barque, voulaient un échec du vote et ce qui aurait permis de dire ensuite qu’ils avaient soutenu notre projet mais que notre projet n’avait pas abouti. En réalité, cette analyse machiavélique n’était pas la bonne ; c’était vraiment un changement de position américaine à 180 degrés, et cela en trois heures. J’ai appris plus tard qu’il y avait eu une vidéoconférence entre ma collègue américaine, le Président Obama, la secrétaire d’État américaine, et que les autorités américaines avaient compris que simplement il était impossible de laisser Kadhafi prendre Benghazi, que politiquement, moralement, ça aurait été un désastre. Et donc, pour moi ce fut une expérience très forte parce que nous avons prouvé que, par la volonté, nous pouvions faire évoluer la position américaine. Et je crois que les conséquences en ont été très positives, c’est-à-dire que nous avons évité le pire à Benghazi.
 

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