Diplôme de français des relations internationales B1 중급

Quand la Francophonie s'engage au féminin : Sister Fa

Découvrons plus précisément qui est Sister Fa, quel est son univers d’origine et quel est son engagement.
Écoutez le document et reconstituez le portrait de Sister Fa.
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 Sister Fa, de son vrai nom Fatou Mandiang Diatta, se définit elle-même comme une artiste activiste|engagée|pragmatique
Par rapport à la cause des femmes, elle se considère comme rebelle|discipliné|conformiste
Ceci vient peut-être de l’environnement dans lequel elle a grandi ; elle évoque de nombreux problèmes comme le mariage forcé|l’esclavage|le chômage qui est une pratique courante, ou le fait qu’une femme battue ne peut pas divorcer|se remarier|vivre seule parce que ça ne se fait pas.

Son combat est aussi marqué par son expérience personnelle. 
Elle raconte qu’elle a été excisée|mariée de force|vendue et qu’elle a pu prendre du recul et trouver le courage de réfléchir à tout cela que quand elle a émigré en Europe|s’est émancipée|est devenue mère.
Son combat, elle le mène auprès d’élèves|de femmes|d’ambassadeurs ; il s’inscrit dans une démarche de sensibilisation|lutte|révolte.
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Vous en savez maintenant plus sur Sister Fa et sur la cause qui est la sienne : la sensibilisation et le partage sur l’excision.
Justement, que savons-nous de cette pratique ? Faites l’activité suivante pour mieux comprendre cette pratique.
Cette activité vous permet de mieux connaître l’engagement citoyen de Sister Fa et comprendre son origine.
Lisez la solution puis faites l’activité suivante pour mieux comprendre cette pratique.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 26/10/2015 - Modified on 26/01/2018
Sister Fa, artiste
Je m’appelle Fatou Mandiang Diatta, je suis artiste activiste, d’où le nom Sister Fa ; je suis Sénégalaise d’origine et j’habite en Allemagne, à Berlin, où je réside depuis plusieurs années. Je suis plutôt rebelle pour la cause des femmes. Chaque jour, y a un nouveau problème, une cousine qu’on marie par force1. Tout le monde est contre mais on n’y peut rien parce que c’est la décision de l’oncle. Ou bien, voilà, la tante, elle est battue par son mari et ne peut pas divorcer parce que tout simplement c’est pas bon, ça ne se fait pas chez nous. Donc ce sont des choses qui t’amènent à penser, à réfléchir et si tu te sens seule tu commences à écrire là-dessus.
 
[Extrait de hip-hop au 104, Centre culturel de la ville de Paris]
 
J’ai été excisée avant même d’aller à l’école donc j’étais très jeune. Je ne me rappelle pas vraiment de mon âge mais je me rappelle vraiment du trauma qui est toujours dans moi2. On grandit avec, on se pose des questions, et j’avoue que c’est au moment où j’ai quitté le Sénégal pour aller en Europe que j’ai eu plus de courage de pouvoir y réfléchir et faire des recherches pour mieux comprendre ce problème qu’est l’excision. Mon voisin excise ; elle, elle excise ; moi aussi, je dois exciser. Si je n’excise pas, tout le monde dira : « Son enfant n’est pas excisée. » Tu ne peux pas saluer les personnes âgées, tu ne peux pas cuisiner pour que les gens mangent, tu ne peux pas traverser certains endroits, tu ne peux pas participer aux fêtes et aux cérémonies du village, sans oublier que tu vas pas te marier là-bas parce que personne ne voudra de toi. Donc, quelle mère aussi pourra vraiment supporter de laisser son enfant être marginalisée de la sorte dans sa propre communauté ? Chaque année, c’est deux millions de petites filles qui sont victimes, que ce soit de l’excision ou de l’infibulation, qui ont des conséquences à court terme et à long terme. D’où, on peut parler de l’hémorragie aux fistules, jusqu’à la mort.
 
[Extrait de hip-hop au 104, Centre culturel de la ville de Paris]
 
Dans les salles de classe, je commence toujours par une présentation et puis je leur demande : « Savez-vous pourquoi je suis là ? » Ils disent : « Ah tu es là pour lutter contre… » Je dis : « Non, je ne suis pas là pour lutter, je suis là pour sensibiliser, je suis là pour partager, pour apprendre aussi. » Dès qu’ils me citent le droit d’être protégés contre toutes formes de violence, on s’arrête à ce point. Alors, de quelles sortes de violences pouvez-vous être sujets ? Eux-mêmes, ils disent l’excision des fois. C’est une façon tout d’abord de briser le tabou, de leur donner la parole et de les écouter. Dans la région de Saint-Louis, à Podor, j’ai été agressée. C’est le calife même qui a envoyé des hommes qui sont venus dans la classe. C’aurait été des femmes, je m’aurais sentie vraiment mal3. Mais c’était des hommes. Donc les femmes, je suis sûre et certain4, qu’elles seraient vraiment très fières de voir qu’il y a une des leurs qui vient pour parler de leurs droits.



  1. De force.
  2. En moi.
  3. Ça aurait été des femmes, je me serais sentie vraiment mal.
  4. Sûre et certaine
 

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