Diplôme de français des relations internationales B2 上級

La lutte contre le terrorisme en Europe

Dans cette interview, Alain Grignard et la journaliste utilisent des expressions appartenant au registre de l'oral.
En vous aidant du contexte donné par le reportage, retrouvez le sens des extraits proposés.
Attention ! Il y a 2 leurres.
Glissez-déposez les éléments Help on how to respond the exercice
FRI-B2-MaxiBar-Terrorisme-video
- « Alors, c’est quoi la solution ? » → Chercher une idée pour résoudre un problème
- « Ça me fait un peu ricaner. » → Se moquer
- « Trop de renseignements tuent le renseignement. » → Critiquer l’excès
- « Il y a aussi les libertés individuelles qui rentrent là-dedans. » → Prendre en compte
- « On nous prenait pour des fous. » → Passer pour excessif
- « Dans une configuration politique avec des gens qui s’étripent un peu partout. » → S’entretuer
- « Tant que c’est loin, y’a pas de problème. » → Refuser de voir la réalité
- « On est en plein dedans. » → Être au cœur du problème
Bien comprendre un problème
Exprimer son désaccord
nb問中nbOk問正解。
残念!
Pour vous aider, n'hésitez pas à travailler avec la transcription de l'interview.

Les 2 leurres sont :
- bien comprendre un problème
- exprimer son désaccord
正解!
Vous avez parfaitement compris les mots et expressions proposés. 
Pour mieux mémoriser ces expressions, créez un mini-dialogue dans lequel vous en utilisez deux ou trois puis faites relire votre production par un autre étudiant.

Vous pouvez ensuite regarder l’émission L'Europe et la lutte contre le terrorisme pour découvrir la discussion dans son intégralité.
Vous avez parfaitement compris les mots et expressions proposés. 
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Conception: Murielle Bidault, CAVILAM - Alliance Française avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 24/04/2019
Esmeralda Labye, journaliste à la RTBF
Alors, ok, l’État islamique n’existe plus. Vous l’avez dit, les causes qui ont permis [à] sa création n’ont pas disparu, elles se sont même aggravées. Alors, c’est quoi la solution ? Est-ce qu’il faudrait créer, je sais pas moi, comme une sorte de fichier central européen ou une agence antiterrorisme, un peu sur le principe des agences américaines qui, ceci étant dit, il y a quoi, 80 agences aux États-Unis, elles collaborent pas toutes forcément bien. Est-ce que c’est ça qu’il faudrait ? Une sorte de super-fichier… 
Alain Grignard, islamologue et commissaire division antiterrorisme belge
Je vous dis, moi, je n’ai pas de solution miracle, mais le super-fichier, ça me fait un peu ricaner parce que trop de renseignements tuent le renseignement. Parce que c’est pas les super-fichiers américains qui vous voient partout, même sous votre douche, qui vont empêcher que ce soit le 11 septembre, que ce soit Boston, que ce soit Paris, que ce soit Bruxelles. Or, probablement, dans ces super-fichiers, il y avait des éléments qui auraient pu peut-être servir à quelque chose, mais perdus dans une masse qui est quasiment inexploitable. Donc, il faut trouver, encore une fois, quelque chose de compatible avec une vie normale aussi. Donc, c’est une question de curseur. Donc le politique doit encore une fois… ce sont, ce sont, c’est la population qui doit déterminer ça. Quel est le niveau de sécurité minimal auquel on pense avoir droit ? Et jusqu’où est-on disposé à perdre certaines choses qu’on estime faire partie de nos libertés fondamentales ? Est-on disposé d’en perdre ? 
Esmeralda Labye, journaliste à la RTBF
Parce qu’il y a les libertés individuelles aussi qui rentrent là-dedans ? 
Alain Grignard, islamologue et commissaire division antiterrorisme belge
Oui, mais là il faut… encore une fois… C’est une de mes thèses, mais ça ne me rend pas nécessairement populaire. Le terrorisme c’est… pendant des années, ç’a été sous-dimensionné, puisque j’ai travaillé un peu, je travaille dans le domaine depuis quand même une trentaine d’années, et on nous prenait pour des fous. Et puis maintenant, c’est surdimensionné. Alors les probabilités que vous avez de mourir d’un attentat, elles sont plus faibles, encore une fois, qu’une piqure de guêpe dans un jardin qui tourne mal. Et là, j’exagère un peu à dessein. Il faut pouvoir admettre que dans une configuration géopolitique comme celle qu’on vit maintenant, avec des gens qui s’étripent un peu partout, tant que c’est loin, y’a pas de problème, on saurait[1] pas rester dans une bulle de sécurité. C’est impossible. Donc il faut trouver un moyen terme. 
Esmeralda Labye, journaliste à la RTBF
Alors est-ce que justement, là-dedans, les lois antiterroristes européennes sont efficaces ou inefficaces ? Est-ce que, parfois, on n’a pas l’impression qu’il y a une forme de populisme pénal ? J’aime pas le mot populisme, mais dans le sens où il y a une telle pression, de la population, des politiques, que forcément, il faut aller vers le répressif. 
Alain Grignard, islamologue et commissaire division antiterrorisme belge
Le populisme pénal, c’est un concept criminologique donc ce n’est pas comme une expression qu’on peut lancer au hasard. C’est clair que sous la pression, les décideurs ont tendance à prendre, comment je vais dire, des mauvaises décisions parce que, justement, on est dans l’émotionnel. Et moi, je dis toujours : « C’est pas avec les hormones qu’on réfléchit, c’est avec les neurones. » 
Esmeralda Labye, journaliste à la RTBF
Donc, l’émotionnel n’est pas efficace. 
Alain Grignard, islamologue et commissaire division antiterrorisme belge
L’émotionnel, dans ce genre de phénomène, je pense, n’est pas efficace. Mais ça, c’est précisément ce que cherchent ces gens qui cherchent à attenter à nos sociétés. C’est clair que l’État islamique, Al-Qaïda, et cetera, ils ne sauraient[1] pas nous vaincre militairement. Par contre, au niveau sociétal, ils nous ont déjà beaucoup abimés. Et l’exemple que je prends toujours, qui est stupide, mais qui est quand même relativement parlant, même s’ils ratent l’attentat du Thalys qui a fait rire tout le monde, peut-être parce que la personne n’était pas vraiment très aguerrie ; cet attentat, il est raté, il n’est pas revendiqué, mais en fait, il est quand même réussi puisque plus personne ne prend le train de la même façon. Et quand vous voyez quelqu’un dans le wagon qui a, selon vos critères, un faciès un peu équivoque, surtout s’il est barbu et qu’il a un sac à dos, vous le regardez comme si c’était un terroriste. Or, limite, il y a des gens qui tireraient presque le signal d’alarme. Et ça, c’est le renvoi à l’altérité et c’est souvent le début d’une mécanique qui conduit les gens précisément où on ne veut pas qu’ils aillent. Donc, l’émotionnel, c’est ça. Et le terroriste,  c’est l’ émotionnel, là. Pour moi, je reviens toujours à la définition de Raymond Aron, qui n’est pas une définition juridique bien sûr, mais il disait : « Le terrorisme, c’est une action dont l’impact psychologique est sans commune mesure avec l’action humaine. » Et là, on est en plein dedans, si vous voulez. Et je pense qu’il faut essayer de sortir de cette logique-là. 

 [1] L’utilisation du verbe « savoir » au sens de « pouvoir » est un belgicisme (un usage particulier de la langue propre aux locuteurs francophones de Belgique).

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