Diplôme de français des relations internationales B1 中級

Immigration : qui sont les responsables ?

Écoutez l'interview. Puis complétez le texte pour retrouver les explications données par Rony Brauman.
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Pourquoi les pays du Nord sont-ils responsables ?
Les pays du Nord sont responsables parce que la question des migrants est liée à la situation politique des pays du tiers-monde. On sait bien que la politique de la France a privilégié la stabilité des chefs d’États amis plutôt que les mouvements populaires visant la démocratisation.
Pourquoi les choses changent-elles ?
Ça change parce qu’on n’a plus les moyens d’imposer des gouvernements à des peuples qui les rejettent. On le sait depuis les années 90. La tragédie rwandaise a montré que le soutien d'une centaine de militaires occidentaux à un régime non démocratique ne suffisait plus pour empêcher un renversement par le peuple.
Pourquoi la responsabilité des pays du Nord est-elle limitée ?
Le développement, c’est-à-dire la division du travail, le changement des habitudes, etc. proviennent de processus sociaux internes et non de décisions occidentales.
Par exemple dans le domaine des médicaments et de l'accès aux soins, les pays du tiers monde doivent se regrouper pour être plus forts et  lutter contre les multinationales.
Et malheureusement les divisions dans ces pays restent une source d’affaiblissement importante.
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Les mots en gras sont là pour vous aider. Ce sont des connecteurs logiques ou des mots clés. Ils vous permettent de mieux comprendre l'interview.
正解!
Rony Brauman construit sa réponse en utilisant beaucoup connecteurs ; vérifiez leur sens avec l'exercice suivant.
lisez le texte et écoutez à nouveau l'interview pour bien comprendre les raisons invoquées par Rony Brauman. Puis faites l'exercice suivant pour apprendre à structurer un discours.
Conception: Paulette Trombetta, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île de France
Published on 23/03/2016 - Modified on 07/02/2020
Sophie Malibeaux, journaliste RFI
On parlait tout à l’heure de la différence, Rony Braumann, la différence qu’il y a entre, enfin, la difficulté qu’il y a à identifier réfugié économique, réfugié politique, quelquefois la frontière est assez ténue. Est-ce qu’il n’y a pas une responsabilité aussi des pays du Nord du point de vue du développement qui finalement décolle assez difficilement en Afrique notamment, et même des situations politiques : on a souvent préféré la stabilité dans nombre de pays à la démocratisation, on n’a pas forcément, toujours favorisé l’émergence de la démocratie. Est-ce qu’on n’a pas une responsabilité de ce côté-là ?

Rony Brauman, ancien Président de Médecins sans Frontières
Oui on a une responsabilité sans doute parce que tout est lié donc nous sommes impliqués dans tout cela. Et on sait bien que la politique de la France, d’autres pays ex impériaux par ailleurs, a souvent consisté à privilégier en effet la stabilité des chefs d’État amis, quelles que soient leurs méthodes de gouvernement, plutôt que les mouvements populaires, les aspirations démocratiques. Donc je vous rejoins tout à fait sur ce plan effectivement : il y a une part de responsabilité. Néanmoins…

Sophie Malibeaux, journaliste RFI
Mais ça change ou on est toujours… 

Rony Brauman, ancien Président de Médecins sans Frontières
Non, non, non, ça change. Ça change, ne serait-ce que du point… à partir du constat que nous n’avons plus les moyens d’imposer des gouvernements à des peuples qui les rejettent. On peut dire que depuis les années 90, avec notamment, à l’occasion de la tragédie rwandaise avec le génocide, on s’est aperçu qu’il n’était plus possible avec quelques centaines de troupes d’élite de protéger un régime contre des possibles renversements. Donc ça fait maintenant une vingtaine d’années, on peut dater ça assez précisément, ça fait une vingtaine d’années qu’on s’est aperçu que c’était une époque révolue. Cela étant, ça ne change pas complètement la donne, car la question du développement, c’est-à-dire de la division du travail, du changement… du changement des habitudes dans un grand nombre de sociétés dites du tiers-monde, ne relève pas d’une décision occidentale, mais plutôt de processus sociaux internes. Et c’est donc dans un processus endogène qu’il faut voir les choses. Donc notre responsabilité existe, certes, et dans les termes que vous avez rappelés, j’en suis d’accord, mais elle est limitée. C’est quand même principalement les responsabilités des pays du tiers-monde. Et leur coorganisation, leur capacité par exemple pour des domaines que je connais bien, sur la question des médicaments, de l’accès aux soins, à se dresser contre des politiques imposées par des multinationales, c’est à eux que ça… c’est à eux que cette responsabilité échoit en se regroupant, en se rendant plus forts. Et malheureusement, la division dans les pays du tiers-monde reste encore une source d’affaiblissement importante.

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