Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Vers une « syrianisation » de la Libye ?

Depuis 2011, la Libye fait face à une énorme crise politique et le pays est déchiré.
Écoutez l’interview et dites quels éléments sont évoqués.
Cochez la ou les bonnes réponses Help on how to respond the exercice

FRI-B2-Libye-video
Quels sont les 2 acteurs évoqués ?
Le maréchal Khalifa Haftar
Fayez el-Sarraj
Le gouvernement de Tripoli (GNA)
Khalifa Ghwell et le GSN
Quels sont les 3 soutiens internationaux mentionnés ?
Les États-Unis
La France
La Turquie
La Russie
Les Émirats arabes unis
L’Arabie saoudite
De quelles références historiques (2) est-il fait mention ?
L’empire ottoman (1299 - 1923)
L’Algérie française (1830 - 1962)
La mort de Mouammar Kadhafi (2011)
Les accords de Skhirat (2015)

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Attention

Le sujet de l’interview est complexe. Prenez le temps de relire les éléments proposés avant d’écouter une nouvelle fois l’extrait.

Bravo

Vous avez parfaitement identifié les éléments clés mentionnés dans cette interview.
Pour faire une synthèse de la situation en Libye, passez à l’activité suivante.
 
Notes :
Fayez el-Sarraj est à la fois Président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale de l’État de Libye (GNA) et Premier ministre du pays, depuis mars 2016.
Khalifa Ghwell a été chef Gouvernement de Salut national, un gouvernement rebelle qui a existé entre 2015 et 2017.
les accords de Skhirat (Maroc) sont des accords de paix signés le 17 décembre 2015 entre les représentants du Congrès général national (Tripoli) et ceux de la Chambre des représentants (Tobrouk). Ils prévoyaient la formation d’un gouvernement d’union nationale et la mise en place d’un Conseil présidentiel et d’un Haut Conseil d’État. C’est « l’unique cadre international reconnaissant la situation en Libye » pour l’ONU.
En avril 2020, le général Haftar a déclaré la fin de ces accords.
Cette activité vous permet d’identifier les acteurs et les références marquantes du conflit libyen.
Lisez la solution, puis passez à l’activité suivante pour avoir une vision synthétique de la crise libyenne.
 
Notes :
Fayez el-Sarraj est à la fois Président du Conseil présidentiel du gouvernement d’union nationale de l’État de Libye (GNA) et Premier ministre du pays, depuis mars 2016.
Khalifa Ghwell a été chef Gouvernement de Salut national, un gouvernement rebelle qui a existé entre 2015 et 2017.
les accords de Skhirat (Maroc) sont des accords de paix signés le 17 décembre 2015 entre les représentants du Congrès général national (Tripoli) et ceux de la Chambre des représentants (Tobrouk). Ils prévoyaient la formation d’un gouvernement d’union nationale et la mise en place d’un Conseil présidentiel et d’un Haut Conseil d’État. C’est « l’unique cadre international reconnaissant la situation en Libye » pour l’ONU.
En avril 2020, le général Haftar a déclaré la fin de ces accords.
Conception : Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Publié le 25/11/2020 - Modifié le 15/01/2021
Silvia Garcia, journaliste
La France est en effet mal placée pour donner des leçons à la Turquie ?
Madjid Zerrouky, journaliste Le Monde
En tout cas, elle s’est mise dans une situation difficile, pour la simple raison que… Par exemple, si on prend l’embargo sur les armes, le discours français qui est extrêmement offensif et qui s’est traduit notamment par une communication très active sur l’incident naval, un incident naval qui a eu lieu en Méditerranée entre une frégate française et deux frégates…
Silvia Garcia, journaliste
Il y a deux semaines oui.
Madjid Zerrouky, journaliste Le Monde
…et deux frégates turques il y a deux semaines. Le souci quand même, l’autre grand… l’autre puissance qui viole allègrement l’embargo sur les armes en Libye au profit du camp du maréchal Haftar, qui sont les Émirats arabes unis, ne sont absolument pas mentionnés. Il y a un tabou diplomatique qui fait que les Émirats sont l’allié de Paris, on n’en parle pas, et pourtant, c’est quand même la même chose, fondamentalement.
Silvia Garcia, journaliste
Mais pourquoi la France a décidé de soutenir le général Khalifa Haftar ?
Slimane Zeghidour, éditorialiste TV5MONDE
Parce que c’est…
Silvia Garcia, journaliste
C’est quoi le fond du problème ?
Slimane Zeghidour, éditorialiste TV5MONDE
En fait, c’est un constat. C’est-à-dire : lorsqu’on regarde le territoire, la petite… les deux poches de territoire que contrôle le gouvernement reconnu par la communauté internationale, ce sont deux petits mouchoirs de poche dans un énorme territoire que contrôle le maréchal Haftar. Donc les grandes puissances se disent : « Il faut garder deux fers au feu parce que, le gouvernement de Tripoli, il a la légitimité, mais il n’a pas la force ; Haftar n’a pas la légitimité, mais il a la force. » Donc, il pourrait être l’homme de la situation et il vaut mieux commencer à prendre langue avec lui jusqu’à maintenant. » Des…
Silvia Garcia, journaliste
Est-ce que c’est le mauvais cheval ?
Slimane Zeghidour, éditorialiste TV5MONDE
On est en train de voir… De toute façon, les deux chevaux ne tiennent pas la route parce qu’aucun ne fait consensus à l’intérieur de la Libye. Mais je voudrais dire un mot sur les relations Français et Turcs à propos de la Libye. Tant que la France était en Algérie, la France, puisque l’Algérie était considérée comme une extension du territoire français, et que la Libye était un territoire ottoman jusqu’en 1912, c’est-à-dire de 1830 l’entrée de la France en Algérie jusqu’en 1912, l’Empire ottoman et l’Empire français étaient frontaliers. Donc il y a une très vieille histoire entre les deux.
Silvia Garcia, journaliste
Oui, mais si on revient à 2020, parce que moi, ma question, c’était celle-là : c'est pourquoi la France, Paris, à un moment donné, décide de quitter le camp parrainé par l’ONU pour aller du côté du général Khalifa Haftar ?
Slimane Zeghidour, éditorialiste TV5MONDE
Elle ne l’a pas quitté, c’est ça. Elle a gardé les deux fers au feu.
Madjid Zerrouky, journaliste Le Monde
les deux fers au feu.
Slimane Zeghidour, éditorialiste TV5MONDE
C’est ça qui a... C'est ça qui a mécontenté les deux d'ailleurs.
Silvia Garcia, journaliste
Elle a affiché un soutien quand même.
Madjid Zerrouky, journaliste Le Monde
Il y a d’abord eu une raison tactique, qui s’est transformée…
Silvia Garcia, journaliste
À l’époque Khalifa Haftar lance son offensive, la France dit… parle d’Islam politique, et cætera.
Madjid Zerrouky , journaliste Le Monde
Oui, parce qu’à l’époque… C’est en fait, c’est des considérations tactiques qui ont amené Paris à une impasse stratégique. C’est qu’à l’époque, Haftar se targue d’être le meilleur rempart contre les groupes djihadistes, notamment qu’il y avait à l’époque dans l’est de la Libye, en Cyrénaïque, notamment des groupes liés à Al-Qaïda…
Silvia Garcia, journaliste
Cyrénaïque, à l’est donc.
Madjid Zerrouky, journaliste Le Monde
Voilà, à l’est. Donc on soutient le maréchal Haftar dans sa guerre contre le terrorisme dans cette région. Le souci, c’est que le maréchal Haftar avait un autre agenda : celui de la prise du pouvoir en Libye, tout simplement. Et, nous l’avons accompagné dans cette démarche, avec un argument quand même qui est assez spécieux parce que, dire que le maréchal Haftar est le meilleur rempart contre le terrorisme, c’est sous-entendre que le camp d’en face serait lui un disséminateur de terrorisme. Ce qui factuellement est faux : Daech a été expulsé de Syrte par des milices de Misrata, donc camp Tripoli. Après, ce ne sont pas des enfants de chœur, effectivement, les miliciens de l’ouest. Effectivement, y a l’Islam politique, il y a toutes les nuances et teintes de l’islam politique, mais il faut quand même rappeler que le maréchal Haftar s’appuie lui aussi sur des brigades salafistes… s'appuie sur...
Slimane Zeghidour, éditorialiste TV5MONDE
...Venues de Syrie.
Madjid Zerrouky, journaliste Le Monde
Voilà. Aussi sur des mercenaires venus de Syrie, sur des mercenaires janjawids soudanais et des mercenaires russes. Bref, des gens qui ne sont pas des parangons de vertu non plus.

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