Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Vers une restitution des œuvres d'art africaines ?

Pourquoi la question de la restitution des œuvres d’art à leurs pays d’origine est-elle problématique ?
Écoutez l’extrait et dites si les affirmations proposées sont vraies ou fausses.
Choisissez la réponse dans le menu déroulant Help on how to respond the exercice
FRI-B2-Internationales-FelwineSarr-video
1. 
Les pays européens sont tous d’accord pour rendre les œuvres d’art. Faux|Vrai
2. 
Felwine Sarr partage les craintes symbolisées par la boîte de Pandore. Faux|Vrai
3. 
Pour lui, être sujet, c’est porter en soi une histoire qui dépasse sa propre existence. Vrai|Faux
4. 
Il explique que les relations sur cette problématique entre l’Europe et l’Afrique ne s’apaiseront que lorsque la situation aura été rééquilibrée. Vrai|Faux
5. 
Pour Felwine Sarr, la question du leadership est une fausse question. Vrai|Faux
6. 
Il ajoute qu’en restituant les œuvres d’art, l’Europe se montre magnanime. Faux|Vrai
7. 
Les premières demandes de restitutions datent des années 1960. Vrai|Faux
8. 
Dans un premier temps, le Président Emmanuel Macron s’est opposé aux restitutions. Faux|Vrai
9. 
Selon Bénédicte Savoy, la France souhaite, à terme, pouvoir prêter à l’Afrique des œuvres d’art présentes
dans ses musées. Vrai|Faux

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Attention

Relisez les différentes propositions en faisant attention aux détails.
Pour vous aider, elles suivent l’ordre d’écoute.

Bravo

Vous en savez maintenant plus sur les problématiques (politiques et culturelles) en jeu dans la restitution des œuvres d’art à leur pays d’origine.
Et vous, quelle est votre position sur la question ? Faut-il rendre les œuvres d’art aux pays dans lesquels elles ont été volées ?
Faites l’activité suivante pour enrichir votre lexique sur cette thématique.
 
La boîte de Pandore fait référence à la mythologie grecque : le jour de son mariage, Pandore, la première femme humaine, créée par les dieux, avait reçu une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. Zeus lui avait interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle n’avait pas respecté l'interdiction et tous les maux s'étaient répandus sur la Terre. Seule l’espérance était restée au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. Selon les versions, il s'agissait de l'appréhension, restée dans la boite et qui (heureusement) prive les hommes de la conscience des malheurs qui les attendent, ou bien l'espérance, qui finit par s'échapper et donne la possibilité aux homme de supporter leurs malheurs.
L’expression est aujourd’hui utilisée pour désigner le point de départ d’une série de catastrophes ou de sérieux ennuis.
À noter que cette légende a une connotation misogyne, tous les maux de la terre étant dus à une femme.
Cette activité vous permet de mieux comprendre les problématiques (politiques et culturelles) en jeu dans la restitution des œuvres d’art à leur pays d’origine.
Lisez la solution, puis faites l’activité suivante pour enrichir votre lexique sur cette thématique.

La boîte de Pandore fait référence à la mythologie grecque : le jour de son mariage, Pandore, la première femme humaine, créée par les dieux, avait reçu une jarre dans laquelle se trouvaient tous les maux de l’humanité. Zeus lui avait interdit de l’ouvrir. Par curiosité, elle n’avait pas respecté l'interdiction et tous les maux s'étaient répandus sur la Terre. Seule l’espérance était restée au fond du récipient, ne permettant donc même pas aux hommes de supporter les malheurs qui s’abattaient sur eux. Selon les versions, il s'agissait de l'appréhension, restée dans la boite et qui (heureusement) prive les hommes de la conscience des malheurs qui les attendent, ou bien l'espérance, qui finit par s'échapper et donne la possibilité aux homme de supporter leurs malheurs.
L’expression est aujourd’hui utilisée pour désigner le point de départ d’une série de catastrophes ou de sérieux ennuis.
À noter que cette légende a une connotation misogyne, tous les maux de la terre étant dus à une femme.
Conception : Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Publié le 27/03/2019 - Modifié le 03/06/2019
Sophie Malibeaux, RFI
Il y a des résistances.
Bénédicte Savoy, historienne de l'art et professeure au Collège de France
Absolument.
Sophie Malibeaux, RFI
Et parmi les résistances, aussi dans d’autres pays d’Europe, il y a cet argument de la boîte de Pandore. Alors, on rend les œuvres d’art aux Africains, et ensuite la frise du Parthénon aux Grecs. Les Britanniques, c’est une histoire, et cætera. Alors, parlez-nous de la façon dont vous répondez à cet argument de la boîte de Pandore.
Felwine Sarr, écrivain et professeur agrégé d’économie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis
C’est un argument qui pour moi n’est pas recevable, car je me base du point de vue de l’Africain qui a, qui fait l’expérience, parce que la perte, elle s’est constituée quand je n’étais pas un sujet – je suis devenu sujet en 1972 donc la perte, elle est antérieure à ma vie. Mais je suis porteur d’une histoire, d’une mémoire qui va au-delà de ma propre existence. Donc j’appartiens à un continent dont l’héritage culturel est troué, avec des zones de silence, avec des zones… Et du coup, le fait de rééquilibrer cela, de rendre justice à cela, que d’autres aient ce souhait-là me semble absolument normal. Je pense qu’il faut qu’on soit dans une ère où, si on veut reconstruire des relations fécondes avec les uns et les autres, qu’on soigne, qu’on règle, qu’on soigne les relations en rééquilibrant les choses. Donc pour moi, ce n’est pas un grand problème. Et tout à l’heure, je voulais juste rebondir sur votre question sur qui prend le leadership. Là aussi, je me suis fait la réflexion qui est la suivante : ce n’est fondamentalement pas une question de qui prend le leadership, c’est une question de qui va dans le sens de l’histoire. Et là aussi, c’est une question européo-centrée. « Nous sommes les premiers à avoir fait… » Non ! Vous deviez le faire, et c’était important de le faire. Et peu importe… Et dans ce geste-là, il faut aussi que le geste soit équilibré très symboliquement. Ce n’est pas un geste d’une grande magnanimité et d’une bonté. Il ne faut pas qu’on s’attribue tous les mérites. Il faut que l’on entre dans la dialectique. Les pays ont réclamé depuis les années 1960, ces réclamations n’ont pas été entendues, nous avons accepté de les entendre. Nous sommes dans une histoire que nous construisons à deux. Donc même dans cet espace de restitution-là, il faut qu’on fasse gaffe à ce que la redistribution symbolique soit celle qui soit la meilleure. Ce n’est pas juste un geste du prince devant… Donc le prince est actif et les autres sont passifs. Donc ça aussi, ce sont les pièges symboliques du geste, et il faut qu’on sorte et qu’on évite les pièges symboliques du geste.
Françoise Joly, TV5MONDE
Et d’où l’annonce d’ailleurs de cette conférence…
Felwine Sarr, écrivain et professeur agrégé d’économie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis
…multipartite…
Françoise Joly, TV5MONDE
…multipartite, au premier trimestre en France. Vous avez parlé de ça avec le Président Macron ? Vous lui avez dit c’est important de…
Felwine Sarr, écrivain et professeur agrégé d’économie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis
C’est lui qui l’a décidé en fait.
Françoise Joly, TV5MONDE
C’est lui qui l’a décidé ?
Felwine Sarr, écrivain et professeur agrégé d’économie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis
C’est ce qu’il a décidé dans la réunion.
Bénédicte Savoy, historienne de l'art et professeure au Collège de France
C’était son projet. Et il a un autre projet qui a l’air de lui tenir beaucoup à cœur dans cette réunion. Il a dit que quand les restitutions seront faites, quand les choses se seront faites et bien faites, et de manière ordonnée, et sans agiter des épouvantails, lui, son vrai désir, c’est qu’ensuite la France prête des Picasso…
Felwine Sarr, écrivain et professeur agrégé d’économie à l’Université Gaston Berger de Saint-Louis
Des Rembrandt…
Bénédicte Savoy, historienne de l'art et professeure au Collège de France
Et des Rembrandt, et d’autres tableaux de la culture européenne à l’Afrique. Et c’est ça la logique. C’est exactement ce que Felwine Sarr décrivait à l’instant, c’est une recomposition de tout le cadre, de tout le système de valeurs dans lequel nous évoluons. Et ça va changer ; et c’est heureux.

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