Quèsaco B2 Avancé

Un Enterrement à Ornans

Le présentateur fait preuve d'humour dans son commentaire. Réécoutez la websérie et retrouvez ses marques d'ironie. Découvrez ce qu'il veut dire en associant une intention à chacun des extraits de son commentaire.
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« C'est gai, je te jure ! » : il veut dire qu'il trouve que le tableau est triste.
« Un décor d'une folle gaieté, des couleurs lumineuses, un joli crâne au bord d'un trou et des visages charmants. » : il dit le contraire de ce que l'on peut voir sur la toile de Courbet : un paysage triste, des couleurs sombres et des visages tristes.
« Qu'est-ce que le peuple vient faire dans nos salons ? Et puis, ils ont des têtes d'enterrement. » : il imite les critiques des cercles académiques en se moquant d'eux.
« Les femmes sont reléguées loin de l'action, probablement pour que leur beauté affriolante ne perturbe pas la cérémonie. » : il sous-entend que les femmes sont à l'écart car elles sont si laides que personne ne veut les voir.

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Attention

Regardez encore une fois la vidéo. Faites aussi attention au ton de la voix du présentateur. Interrogez-vous sur ses intentions.
Observez également les images. Il y a parfois un décalage entre ces images et les propos du présentateur.

Bravo

En plus de l'humour, la websérie contient quelques éléments culturels importants. Découvrez-les dans l'exercice 4.
Avoir une tête d'enterrement est une expression idiomatique qui signifie avoir l'air très triste.
En plus de l'humour, la websérie contient quelques éléments culturels importants. Découvrez-les dans l'exercice 4.
Avoir une tête d'enterrement est une expression idiomatique qui signifie avoir l'air très triste.
Conception : Catherine Minala, Alliance française de Bruxelles-Europe
Publié le 18/07/2019 - Modifié le 23/07/2019
Qu’est-ce que c’est... oh ça rigole pas... c’est bizarre... oh c’est gai, je te jure… Y’avait plus de frites à la cantine ?
Mais non…
Imaginez le tableau : on est en 1850. La deuxième république a deux ans et Louis-Philippe meurt, on enterre Balzac et on voit naître Maupassant. Bref : le monde change, une page se tourne, voire plusieurs. C’est ce qu’a bien compris Gustave Courbet, trentenaire enflammé, qui a furieusement envie de ruer dans les brancards. Et il va franchir le pas. Regardez bien : un décor d’une folle gaieté, des couleurs lumineuses, un joli crâne au bord d’un trou et des visages charmants. Pas de doute, Courbet montre la vie comme elle est… Et ça ne se fait pas. En tout cas, pas au milieu du XIXe siècle. Jusqu’ici, le temps était au romantisme. Là, on accompagne un macchabée tellement avancé que même les porteurs du cercueil tournent la tête pour ne pas le voir ni le sentir. 
Courbet offre une toile immense à un sujet trivial. Scandale dans les cercles académiques : qu’est-ce que le peuple vient faire dans nos salons ? Et puis ils ont des têtes d’enterrement. Chaque personnage est un véritable habitant d’Ornans, lieu de naissance de Courbet, qui a fait poser les villageois. C’est la réalité du village, avec le curé, le maire et l’enfant de chœur qui cogne son cierge dans le chapeau du croque-mort, et puis les femmes reléguées loin de l’action, probablement pour que leur beauté affriolante ne perturbe pas la cérémonie. Les critiques ne remarquent pas que le temps passe. C’est le romantisme qui se trouve dans le cercueil. Il va laisser la place au réalisme : une page se tourne dans l’histoire de la peinture. Dans l’histoire de l’art même, puisque Baudelaire ou Flaubert se réclameront aussi du réalisme.
Gustave Courbet a tellement choqué que plusieurs de ses toiles sont refusées à l’Exposition universelle de 1855. Il choquera encore bien plus tard, avec d’autres tableaux comme « L’origine du Monde ».
« Un enterrement à Ornans » est donné à l’État par la sœur de l’artiste en 1881. Il rejoindra les collections du musée d’Orsay en 1986.
 

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