Terriennes B2 Avancé

Terriennes - Sakina M'sa

Sakina parle ouvertement et exprime ses sentiments et opinions. À quoi se réfère-t-elle quand elle utilise ces expressions ? Écoutez le reportage et faites les bonnes associations.
Terriennes-SakinaMSa-Video

Je me sentais un peu perdue → son arrivée en France
Je trouvais que c'était un pouvoir, une chance → le fait d'être différent
Ce qui était très important pour moi → la fabrication de sa collection en France
Ça a été un moment miraculeux → le défilé avec 32 détenues
Ça me dérangeait beaucoup → le mot « féministe »
Je crois qu'elle est à faire avec les hommes → la bataille pour les femmes
Émilie Lehr, formatrice labellisée TV5MONDE

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Attention

L'activité suit l'ordre de la vidéo. Repérez chaque expressions et faites des pauses si nécessaire. Vous pouvez également consulter le dictionnaire TV5MONDE.
Toujours trop difficile ? Jetez un coup d'œil à la transcription.

Bravo

Savoir exprimer ses sentiments, ses opinions en français par rapport à des évènements de sa vie, c'est tout à fait important. Bravo pour cette activité ! Vous pouvez noter ces expressions et les utiliser personnellement.
Cet exercice visait deux objectifs : souligner les expressions pour exprimer ses sentiments et ses opinions dans les propos de Sakina, doublé d'une activité de compréhension.
On se retrouve pour la dernière activité !
Je m’appelle Sakina M’sa, je suis créatrice de mode.
Je vis à Paris et je suis originaire des Comores.
 
Je ne voulais pas venir en France. Ma grand-mère était une femme qui avait une spiritualité extraordinaire. J’avais fait un rêve et où j’avais rêvé qu’en France les gens vivaient dans des tiroirs. Donc je lui ai dit, « écoute, je ne veux pas aller dans ce pays où l’on vit dans un tiroir ». Elle m’a forcée à venir bien évidemment. Donc je suis arrivée et la première image que j’ai eue en arrivant à Marseille, c’est ma mère, de cet immeuble de 5 étages de la fenêtre, en fait qui sortait sa tête du tiroir. Je me sentais un peu perdue, mais j’espère que je me suis bien rattrapée depuis.
 
Je suis devenue punk à 14 ans et je me suis rendue compte que le vêtement avait quelque chose de sociologiquement très fort et qui pouvait nous aider à marquer la différence.  J’étais quelqu’un de différent de toute façon, mais je trouvais que c’était plutôt un pouvoir, je trouvais que c’était plutôt une chance que d’être différent.
 
Ce qui était très important pour moi, c’était de fabriquer en France, pas du tout pour faire du conservatisme, rien du tout, mais je me suis dit « c’est là où je dois être. » On embauche des salariés en insertion qui sont des personnes qui savent coudre vraiment. Et on va présenter une collection qui est vraiment sur…, il va y avoir beaucoup de découpes, parce qu’on rachète des tissus à la haute couture, donc on fait les poubelles de la haute couture, mais pour faire des merveilles.
 
Je suis juste une femme, j’ai un savoir-faire que j’aime et que j’ai envie de partager comme en Afrique. Vous savez à la maison, on était 6 gamins, on avait des cousins, des cousines, les tatas qui venaient et on était tous ensemble et c’est ça, c’est tout, c’est tout ce que je reproduis.
 
En prison, le principe était de venir avec la collection, on est venu avec coiffeurs, maquilleurs, des personnes qui leur apprenaient à marcher, la collection, les chaussures. On a fait des ateliers, on a mélangé nos coiffeurs avec, il y a un salon de coiffure en prison. Et puis quelques femmes qui ont fait des C.A.P. de couture, mais qui sont détenues. Et donc on a fait un espèce de rencontre de savoir-faire comme ça. Et puis un défilé avec 32 détenues, détenues qui étaient dans le gymnase de Fleury-Mérogis, qui portaient la collection et qui avaient comme public leurs codétenues. Ça a été un moment, mais miraculeux.
 
Je me suis posé beaucoup de questions. Est-ce que je suis féministe ? J’aimais pas trop le mot, parce que j’aime pas les cases comme beaucoup d’entre nous, et ça me dérangeait beaucoup, comme par exemple quand on me dit qu’il faut qu’il y ait tant de quotas de Noirs à la télé, tant de quotas de machin… Oui, mais il y en a besoin. Parce qu’à un moment donné, quand on les fait pas en fait, je me suis rendue compte que finalement on retrouve nos vieilles habitudes, et puis en fait c’est toujours les mêmes. Donc voilà, je veux bien dire que je suis féministe, mais je crois qu’aujourd’hui, notre bataille, elle est à faire avec les hommes.

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