Terriennes B2 Avancé

Terriennes - Sakina M'sa

Pourquoi avoir choisi de faire un portrait sur Sakina M'sa ? Qu'est-ce qui fait d'elle une femme engagée ? Regardez et écoutez ce reportage et choisissez la ou les bonne(s) réponse(s).
Terriennes-SakinaMSa-Video


Elle a organisé un défilé dans un endroit inhabituel. Lequel ?
une prison
la rue
un château
Selon le reportage, quel prix a-t-elle reçu ?
Le Grand prix de la Création de la Ville de Paris
Le Prix de la Fondation Kering pour la dignité des femmes
Le Prix « Talents de Luxe et de la Création »
L'entreprise et les créations de Sakina M'Sa se basent sur trois principes. Lesquels ? 
Tissus recyclés
Tissus haut de gamme (de la haute couture)
Atelier composé de salariés en insertion
Matières premières écologiques, certifiées biologique
Versement de 10% des bénéfices à des associations

Comment pourrait-on qualifier la femme au centre de ce portrait ?
La créatrice éthique et solidaire
L'ancienne détenue devenue styliste
La nouvelle créatrice de vêtements de luxe de la haute couture

Et comment pourrait-on qualifier son lieu de travail ?
Une maison de couture d'insertion
Une maison haute couture
Un atelier pour apprendre la couture

Émilie Lehr, formatrice labellisée TV5MONDE

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Attention

Pour les questions 1, 2 et 5, assurez-vous d'avoir bien compris chaque proposition. Sinon, consultez le dictionnaire TV5MONDE.
La réponse à la question 4 apparaît à l'écran.

Bravo

Vous avez fait preuve d'une excellente compréhension du reportage et vous avez été sensible à la dimension humaine que donne Sakina à son travail.
Connaissez-vous d'autres entreprises de mode travaillant sur ces mêmes principes (question 5) ?
Cette activité testait votre compréhension du travail et de l'engagement de Sakina. Prenez votre temps et lisez chaque question et sa réponse associée. Si vous avez compris, vous pourrez répondre à la question suivante : Pourquoi est-elle une femme engagée ?
Je m’appelle Sakina M’sa, je suis créatrice de mode.
Je vis à Paris et je suis originaire des Comores.
 
Je ne voulais pas venir en France. Ma grand-mère était une femme qui avait une spiritualité extraordinaire. J’avais fait un rêve et où j’avais rêvé qu’en France les gens vivaient dans des tiroirs. Donc je lui ai dit, « écoute, je ne veux pas aller dans ce pays où l’on vit dans un tiroir ». Elle m’a forcée à venir bien évidemment. Donc je suis arrivée et la première image que j’ai eue en arrivant à Marseille, c’est ma mère, de cet immeuble de 5 étages de la fenêtre, en fait qui sortait sa tête du tiroir. Je me sentais un peu perdue, mais j’espère que je me suis bien rattrapée depuis.
 
Je suis devenue punk à 14 ans et je me suis rendue compte que le vêtement avait quelque chose de sociologiquement très fort et qui pouvait nous aider à marquer la différence.  J’étais quelqu’un de différent de toute façon, mais je trouvais que c’était plutôt un pouvoir, je trouvais que c’était plutôt une chance que d’être différent.
 
Ce qui était très important pour moi, c’était de fabriquer en France, pas du tout pour faire du conservatisme, rien du tout, mais je me suis dit « c’est là où je dois être. » On embauche des salariés en insertion qui sont des personnes qui savent coudre vraiment. Et on va présenter une collection qui est vraiment sur…, il va y avoir beaucoup de découpes, parce qu’on rachète des tissus à la haute couture, donc on fait les poubelles de la haute couture, mais pour faire des merveilles.
 
Je suis juste une femme, j’ai un savoir-faire que j’aime et que j’ai envie de partager comme en Afrique. Vous savez à la maison, on était 6 gamins, on avait des cousins, des cousines, les tatas qui venaient et on était tous ensemble et c’est ça, c’est tout, c’est tout ce que je reproduis.
 
En prison, le principe était de venir avec la collection, on est venu avec coiffeurs, maquilleurs, des personnes qui leur apprenaient à marcher, la collection, les chaussures. On a fait des ateliers, on a mélangé nos coiffeurs avec, il y a un salon de coiffure en prison. Et puis quelques femmes qui ont fait des C.A.P. de couture, mais qui sont détenues. Et donc on a fait un espèce de rencontre de savoir-faire comme ça. Et puis un défilé avec 32 détenues, détenues qui étaient dans le gymnase de Fleury-Mérogis, qui portaient la collection et qui avaient comme public leurs codétenues. Ça a été un moment, mais miraculeux.
 
Je me suis posé beaucoup de questions. Est-ce que je suis féministe ? J’aimais pas trop le mot, parce que j’aime pas les cases comme beaucoup d’entre nous, et ça me dérangeait beaucoup, comme par exemple quand on me dit qu’il faut qu’il y ait tant de quotas de Noirs à la télé, tant de quotas de machin… Oui, mais il y en a besoin. Parce qu’à un moment donné, quand on les fait pas en fait, je me suis rendue compte que finalement on retrouve nos vieilles habitudes, et puis en fait c’est toujours les mêmes. Donc voilà, je veux bien dire que je suis féministe, mais je crois qu’aujourd’hui, notre bataille, elle est à faire avec les hommes.

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