Terriennes B2 Avancé

Terriennes - Sakina M'sa

Au montage, les questions de la journaliste ont été coupées. Écoutez l'interview et suivant les propos de Sakina, remettez dans l'ordre les questions de la journaliste.
Terriennes-SakinaMSa-Video


Des Comores à la France... Comment voyiez-vous la France avant d'y arriver à l'âge de 7 ans ?
Quand avez-vous découvert votre intérêt pour le vêtement ?
Pouvez-vous détailler un peu votre activité, sur quels principes est construite votre entreprise ?
Vous faites rimer la mode avec partage. D'où vient cette envie de partager votre savoir-faire ?
Parlez-nous de cette expérience exceptionnelle en prison. Comment avez-vous travaillé là-bas ?
Vous savez que ce portrait est fait dans le cadre d'une émission TV5MONDE consacrée aux femmes dans le monde. Justement, à travers vos activités, vous sentez-vous féministe ?
Émilie Lehr, formatrice labellisée TV5MONDE

Certaines phrases sont correctement ordonnées entre elles et nous les regroupons pour la suite de l'exercice.

Attention

Lisez encore une fois les questions de la journaliste. Repérez-y les mots-clés. Ils vous aideront à identifier plus facilement l'étape du reportage.
Où parle-t-elle de « partage » ? Et de « prison » ?

Bravo

Pour vous, la structure du reportage est très claire. Vous avez même les questions de la journaliste maintenant !
Cette activité vous permettait de reconstruire la structure du reportage grâce aux questions de la journaliste. Regardez à nouveau la vidéo et voyez comment chaque question introduit les propos de sakina.

Je m’appelle Sakina M’sa, je suis créatrice de mode.
Je vis à Paris et je suis originaire des Comores.
 
Je ne voulais pas venir en France. Ma grand-mère était une femme qui avait une spiritualité extraordinaire. J’avais fait un rêve et où j’avais rêvé qu’en France les gens vivaient dans des tiroirs. Donc je lui ai dit, « écoute, je ne veux pas aller dans ce pays où l’on vit dans un tiroir ». Elle m’a forcée à venir bien évidemment. Donc je suis arrivée et la première image que j’ai eue en arrivant à Marseille, c’est ma mère, de cet immeuble de 5 étages de la fenêtre, en fait qui sortait sa tête du tiroir. Je me sentais un peu perdue, mais j’espère que je me suis bien rattrapée depuis.
 
Je suis devenue punk à 14 ans et je me suis rendue compte que le vêtement avait quelque chose de sociologiquement très fort et qui pouvait nous aider à marquer la différence.  J’étais quelqu’un de différent de toute façon, mais je trouvais que c’était plutôt un pouvoir, je trouvais que c’était plutôt une chance que d’être différent.
 
Ce qui était très important pour moi, c’était de fabriquer en France, pas du tout pour faire du conservatisme, rien du tout, mais je me suis dit « c’est là où je dois être. » On embauche des salariés en insertion qui sont des personnes qui savent coudre vraiment. Et on va présenter une collection qui est vraiment sur…, il va y avoir beaucoup de découpes, parce qu’on rachète des tissus à la haute couture, donc on fait les poubelles de la haute couture, mais pour faire des merveilles.
 
Je suis juste une femme, j’ai un savoir-faire que j’aime et que j’ai envie de partager comme en Afrique. Vous savez à la maison, on était 6 gamins, on avait des cousins, des cousines, les tatas qui venaient et on était tous ensemble et c’est ça, c’est tout, c’est tout ce que je reproduis.
 
En prison, le principe était de venir avec la collection, on est venu avec coiffeurs, maquilleurs, des personnes qui leur apprenaient à marcher, la collection, les chaussures. On a fait des ateliers, on a mélangé nos coiffeurs avec, il y a un salon de coiffure en prison. Et puis quelques femmes qui ont fait des C.A.P. de couture, mais qui sont détenues. Et donc on a fait un espèce de rencontre de savoir-faire comme ça. Et puis un défilé avec 32 détenues, détenues qui étaient dans le gymnase de Fleury-Mérogis, qui portaient la collection et qui avaient comme public leurs codétenues. Ça a été un moment, mais miraculeux.
 
Je me suis posé beaucoup de questions. Est-ce que je suis féministe ? J’aimais pas trop le mot, parce que j’aime pas les cases comme beaucoup d’entre nous, et ça me dérangeait beaucoup, comme par exemple quand on me dit qu’il faut qu’il y ait tant de quotas de Noirs à la télé, tant de quotas de machin… Oui, mais il y en a besoin. Parce qu’à un moment donné, quand on les fait pas en fait, je me suis rendue compte que finalement on retrouve nos vieilles habitudes, et puis en fait c’est toujours les mêmes. Donc voilà, je veux bien dire que je suis féministe, mais je crois qu’aujourd’hui, notre bataille, elle est à faire avec les hommes.

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