Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Réfugiés, un échec humanitaire en Europe

Les flux migratoires de ces dernières années sont les plus importants observés en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale. Filippo Grandi, le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés nous détaille cette problématique dans l'émission Géopolitis.
Écoutez et regardez la vidéo, puis placez les informations dans l'ordre du document.

FRI-B2-refugies-video


Contribution de l'Europe à l'histoire des droits de l'homme
Les politiques européennes actuelles : un contre-exemple
Pays assumant la plus grosse charge migratoire
La mission difficile de Filippo Grandi auprès des pays du Sud
Importance de la bonne gestion des flux migratoires
Rémy Thomas, Alliance française de Bruxelles-Europe avec le Français des affaires, CCI Paris-Île-de-France

Certaines phrases sont correctement ordonnées entre elles et nous les regroupons pour la suite de l'exercice.

Attention

Avant de réécouter le reportage, lisez les cinq sous-titres. Quelles thématiques résument-ils ? À quel moment du reportage peut-on en entendre parler ?

Bravo

Dans l'exercice 2, nous allons nous intéresser plus en détails à ces différentes thématiques.
Dans l'exercice 2, nous allons nous intéresser plus en détails à ces différentes thématiques.
Marcel Mione, journaliste
Il faut bien parler de l'Europe, quand-même, qui a été sérieusement secouée politiquement par la vague migratoire de 2015-2016. Les États se barricadent. Il y a des barbelés qui poussent aux frontières. Est-ce que c’est pas un formidable recul de nos principes humanitaires ? 
Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés
C'est un recul, bien-sûr, et c'est... et c'est gravissime. Ce continent qui a vu naître l'institution des droits humains, c'est un continent qui, pendant des décennies, a quand même donné un exemple positif.
Marcel Mione
Ouais.
Filippo Grandi
C'était l'exemple de référence. Le droit d'asile en Europe, les grandes avancées qui ont été faites.
Marcel Mione
Ouais.
Filippo Grandi
Donc...
Marcel Mione
Et là...
Filippo Grandi
Et là, on est dans la tendance opposée. On est dans la politisation de la question des réfugiés pour des raisons qui sont souvent exclusivement électorales. On est dans l'exploitation des appréhensions des personnes et on attribue toutes les menaces à ces réfugiés qui viennent demander de l'asile. Je crains beaucoup que si l'Europe, mais pas seulement l'Europe, si les pays riches, les pays du Nord global continuent dans cette, dans ce recul par rapport au droit d'asile, au droit des réfugiés, l'exemple qui est donné aux pays qui, en fait, ont l'impact le plus grand, les pays plus pauvres - vous savez, le 86 % de ces fameux 67 millions sont dans les pays du Sud global !
Marcel Mione
Bien-sûr !
Filippo Grandi
L'exemple qui est donné à ces pays est un exemple négatif. Et donc, il y a un danger, en soi, il y a un danger par rapport au traitement des réfugiés dans la globalité du monde. 
Marcel Mione
Mais, toutes ces barricades, ces frontières... C'est vraiment des barbelés qui empêchent les migrants de passer, simplement. C'est désespérant pour vous, non ? C'est presque immoral ! 
Filippo Grandi
Vous savez, je passe la plupart de mon temps à voyager dans des pays, généralement pauvres, avec peu de ressources, qui sont investis par des flux de réfugiés énormes. Comme le Liban. Mais pas seulement le Liban !
Marcel Mione
Oui !
Filippo Grandi
Le Kenya, le Pakistan, ...
Marcel Mione
Le Bengladesh !
Filippo Grandi
L'Éthiopie, l'Équateur. Donc dans tous les continents. Et mon travail, ma responsabilité, c'est d'aller chez ces gouvernements et dire : « Accueillez les réfugiés. On va vous aider mais vous devez les accueillir. » De plus en plus, j'entends une réponse de la part des politiciens, des gouvernants dans ces pays : « Pourquoi est-ce que nous, on devrait continuer à accueillir quand les pays riches élèvent des barbelés et des barrières ? » C'est ça, c'est là où l'exemple de l'Europe, de l'Amérique, de l'Australie devient un exemple dangereux qui ne m'aide pas à gérer ce problème dans sa totalité. 
Marcel Mione
Vous croyez à un réveil de la solidarité internationale à l'égard des migrants ? 
Filippo Grandi
La solidarité est forte, vous savez ? Les gens sont solidaires. Quand, en 2015, 2016, nous avons vu des vagues de réfugiés, de migrants arriver par la Grèce en Europe de l'Est et en Europe centrale, on a vu tous les jours des exemples de solidarité. Malheureusement, il y a aussi des appréhensions. Et si ces flux ne sont pas bien gérés, les politiciens qui veulent exploiter ces flux pour des raisons électorales ont un jeu facile et vont dire : « Voilà, vous voyez, nous sommes menacés, il faut faire des murs, etc. » Donc, la bonne gestion, qui est aussi un cheval de bataille de mon organisation, conseiller les gouvernements, aider les gouvernements à bien gérer ces flux, la bonne gestion de ces flux, une gestion organisée, est extrêmement importante. 
 

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