Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Quel est le rôle de l'OIF dans les relations internationales ?

Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie, est l’invitée d’Internationales.
Écoutez l’extrait et complétez la présentation. Attention, il y a 4 leurres.
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Invitée de Françoise Joly, Louise Mushikiwabo revient sur la francophobie actuelle sur le continent africain et la nécessité de repenser la relation entre la France et de nombreux pays du monde. Elle évoque également le rôle et les missions de l’OIF, cinquante ans après sa naissance à Niamey, et répond aux critiques formulées à l’encontre de l’Organisation à propos de certains dirigeants, notamment en Afrique francophone.

la crise économique
l’image
les valeurs
l’Organisation internationale de la Francophonie

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Attention

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Bravo

Vous avez parfaitement compris les grandes lignes de cet extrait d’entretien. Louise Mushikiwabo revient en effet sur la relation entre la France et ses anciennes colonies africaines et sur le rôle de l’OIF dans cette relation.
Faites l’activité suivante pour mieux comprendre son opinion face à la délicate question de la « Françafrique ».

Note :
La Françafrique, terme péjoratif, désigne l'ensemble des relations entre la France et ses anciennes colonies africaines, et, particulièrement, leurs liens occultes, à caractère néo-colonial. 

Cette activité vous permet d’avoir un aperçu global de l’extrait et d’en comprendre les grandes lignes.
Lisez la solution, puis faites l’activité suivante pour mieux comprendre ce que Louise Mushikiwabo dit de la relation entre la France et certains pays d’Afrique francophone.

Note :
La Françafrique, terme péjoratif, désigne l'ensemble des relations entre la France et ses anciennes colonies africaines, et, particulièrement, leurs liens occultes, à caractère néo-colonial. 
Conception : Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Publié le 21/10/2020
Françoise Joly, journaliste
Ce Sommet[1], Louise Mushikiwabo, s’est quand même tenu dans le contexte d’un sentiment anti-français, qui s’est développé notamment au Mali face à la présence militaire française et l’opération Barkhane. Vous, comment vous analysez ce sentiment anti-français ? Et comment vous le ressentez à la tête de l’OIF, de l’Organisation internationale de la Francophonie ?
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie
Vous savez, la frustration… la frustration engendre souvent des sentiments comme ça. Je crois qu’il y a beaucoup de frustration en Afrique francophone par rapport à la vie que les citoyens francophones en Afrique vivent aujourd’hui. Et quand il y a des frustrations, on va chercher… on va chercher les responsabilités. Ce qui est sûr, c’est que la relation entre la France et beaucoup de pays du monde francophone africain est une relation qui doit être rafraîchie, renouvelée. Mais…
Françoise Joly, journaliste
C’est-à-dire ?
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie
Tout ceci se passera par…
Françoise Joly, journaliste
Qu’est-ce que ça veut dire ?
Maryline Baumard, journaliste Le Monde
Le terme est joli !
Françoise Joly, journaliste
Oui, rafraîchie, renouvelée, qu’est-ce que ça veut dire ?
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie
Ce que ça veut dire, c’est que… un dialogue franc, un dialogue sans tabou doit s’instaurer entre ces populations avec un sentiment anti-français et le côté français. Je pense que l’histoire de la France avec ces pays quand même évolue. J’ai écouté plusieurs fois le Président Emmanuel Macron, je lui ai parlé, je le connais, je sais qu’il veut une relation beaucoup plus saine avec le continent, mais il faut y travailler. On a beau vouloir quelque chose, il faut que, dans le concret, ces pays où beaucoup de nos populations blâment la France pour plusieurs choses, il faut qu’on en parle. 
Maryline Baumard, journaliste Le Monde
Mais l’OIF a un rôle là ? Et le joue en la matière ?
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie
L’OIF a un rôle si l’OIF est sollicitée, parce que c’est souvent des questions bilatérales, mais on est toujours prêts, on accompagne nos États, ça fait partie de notre mission. On n’oublie pas que la France est un des membres les plus importants de notre organisation. Donc nous on est prêts, si on est sollicités, à faciliter, à parler, à échanger, à utiliser[2] de tous les moyens, à utiliser tous les outils qui sont à notre disposition pour créer cette… plus de sérénité dans la relation entre la France et certains pays africains.
Françoise Joly, journaliste
Il est reproché parfois à l’OIF, l’Organisation internationale de la Francophonie, de ne pas prendre assez de distance avec certains, notamment en Afrique francophone, avec certains des dirigeants qui sont là depuis de très longues années au pouvoir, avec des mandats qui se succèdent. Est-ce que… qu’est-ce que vous répondez à ceux qui critiquent l’Organisation internationale de la Francophonie sur ce sujet ?
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie
Pourquoi est-ce qu’on prendrait des distances avec les dirigeants africains francophones ? Ce sont eux qui siègent à nos réunions, on travaille avec eux. Moi, je ne suis pas du tout pour ce genre d’approche. Je pense, et c’est ce que je fais en tant que Secrétaire générale de la Francophonie, que les chefs d’État, il faut leur parler. C’est pas des monstres, c’est des êtres humains qui veulent, même s’ils le font mal de temps en temps, qui veulent quand même faire évoluer leur pays. Prendre des distances, qu’est-ce que ça changerait par rapport à la vie de nos citoyens. Je crois que le plus important, c’est d’apporter conseil, de débattre des sujets parfois qui fâchent. Moi, je le fais. Je le fais toujours avec respect, parce que je reste africaine et j’ai cette sensibilité, mais prendre des distances avec les chefs d’État, je ne sais pas si c’est ça qui va résoudre les problèmes de l’Afrique.
Françoise Joly, journaliste
Mais les populations pensent que ces dirigeants confisquent le pouvoir pour eux, au détriment de l’intérêt général.
Maryline Baumard, journaliste Le Monde
Ils portent pas, ils sont pas porteurs des valeurs de la Francophonie. Donc il y aurait une logique à ce que vous soyez plus distante.
Louise Mushikiwabo, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie
Mais justement, c’est pour cela qu’on échange avec eux, qu’on parle d’une manière assez ouverte avec eux. Après, la Francophonie ne va pas gérer les pays à la place des dirigeants. Tout ce qu’on peut faire, c’est de soutenir, de se parler franchement, mais on ne va pas se substituer aux dirigeants des pays.


[1] Le Sommet de Pau s’est tenu en janvier 2020 entre le Président français, Emmanuel Macron, et ses homologues du G5 Sahel (la Mauritanie, le Mali, le Burkina Faso, le Niger et le Tchad).
[2] User

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