Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Présidentielles 2018 au Mali : retour sur le contexte pré-électoral

Observez l'attitude de la journaliste, Denise Époté. De quelles manières mène-t-elle son interview et comment s'implique-t-elle ?
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♦ Pour lancer le sujet, Denise Époté intervient en voix off derrière des images du président malien et de personnalités politiques|se montre face caméra en gros plan|présente son invité puis montre une image du président malien, ce qui lui permet de garder une certaine forme de détachement envers le sujet|de montrer qu'elle est très impliquée dans son sujet|de sous-entendre qu'elle soutient le parti politique du président.
♦ Pour montrer ensuite que l'opposition malienne est divisée, elle insiste assez fortement sur un mot dans sa phrase|montre la répartition en pourcentages des partis de l'opposition|liste les différents candidats de l'opposition.
♦ Pour en venir au coeur du débat, la sécurité, elle évoque les reproches faits par l'opposition|fait part de ses propres critiques|invite Francis Kpatindé à donner son avis, ce qui lui permet de garder un point de vue impartial|partial|arbitraire.
♦ Lorsque que l'invité évoque le nouveau Premier ministre, il le qualifie « d'homme de caractère ». Denise Époté, quant à elle, le dit « sécurocrate », ce qui contraste avec l'attitude nuancée qu'elle avait gardée jusqu'à maintenant|démontre qu'elle a beaucoup de sympathie pour lui|renforce sa neutralité sur le sujet.
♦ Régulièrement dans l'émission, elle termine les phrases de son invité|intervient systématiquement pendant que son invité parle|utilise des expressions imagées, comme par exemple : « Les élections sont... / ... au mois de juillet. ». Cela donne l'impression qu'elle connaît bien son sujet|n'est pas sur la même longueur d'ondes que Francis Kpatindé|veut donner son opinion

De manière générale, on peut dire que la journaliste fait preuve d'une certaine mesure et d'une certaine nuance dans ses propos|critique ouvertement la politique du Mali|essaye indirectement de faire passer ses opinions politiques.

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Bravo

Pour en apprendre davantage, vous pouvez lire cet article de TV5MONDE où l'ancien président du Mali donne son avis au sujet des élections présidentielles.
Pour en apprendre plus, vous pouvez lire cet article de TV5MONDE où l'ancien président du Mali donne son avis au sujet des élections présidentielles.
Conception : Sabrina Fecchio, Alliance française de Bruxelles-Europe avec le Français des affaires, CCI Paris-Île-de-France
Publié le 08/10/2018 - Modifié le 07/11/2018
Denise Époté, journaliste
2018 marquera la fin du premier mandat d’Ibrahim Boubacar Keita à la tête du Mali. Il y a de fortes chances qu’il brigue un second mandat, même si les critiques de l’opposition sont de plus en plus sévères. Une opposition qui, pour gagner le scrutin de juillet 2018, souhaiterait présenter une candidature unique. Francis Kpatindé, bonjour. 
Francis Kpatindé, rédacteur en chef du Monde Afrique
Bonjour.
Denise Épotéjournaliste
Comme toutes les oppositions africaines, l’opposition malienne est très divisée. On le voit au nombre de candidats déclarés. Peut-elle s’entendre, comme le souhaite Djibril Dramé, membre de l’opposition, autour d’une candidature unique ? 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ce n’est pas impossible, mais personnellement, j’en doute. Vous savez, chaque opposant a son agenda, caché ou bien ouvert. Chaque opposant brigue, légitimement d’ailleurs, dans le cas du Mali, à être président, à être calife à la place du calife. Donc, c’est normal qu’il y ait plusieurs candidats. Il n’y a aucune raison qu’il y ait une candidature unique face au président sortant. 
Denise Épotéjournaliste
Principal reproche de l’opposition fait à Ibrahim Boubacar Keita, c’est le fait de n’avoir pas réussi à rétablir la sécurité dans le Nord du pays, malgré la signature de l’accord d’Alger et du plan de sécurisation intégrée. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ben, absolument, le moins qu’on puisse dire, c’est que la paix ne prévaut pas au Mali, actuellement. Et pas seulement dans la frange nord, pas dans la frange septentrionale...
Denise Épotéjournaliste
Au Centre, également.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
... Mais également dans le Centre où il y a des mouvements irrédentistes peuls. Donc, c’est vrai qu’il y a une dégradation de la situation sécuritaire au Mali en dépit de la présidence, de la présence internationale, présidence, présence des Français, présence également des forces onusiennes, mais en dépit de tout cela, la paix… Mais il y a des frémissements, mais le programme de paix et les accords d’Alger n’ont pas trouvé tous leurs, toutes leurs possibilités d’épanouissement depuis, depuis la signature de cet accord. 
Denise Épotéjournaliste
Mais le reproche, à propos de ces accords d’Alger, est fait à la partie malienne, et notamment au gouvernement. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Moi, je pense que la responsabilité de cet échec, relative, est quand même partagée. Partagée, parce que, bon, le gouvernement, effectivement, n’a pas mis en œuvre un certain nombre de mesures. La partie, les mouvements rebelles, ou ex-rebelles, ça dépend comment on les appelle, non plus. Mais, je vous fais remarquer qu’il y a, on a nommé récemment un nouveau Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, qui est connu pour être un homme de caractère.
Denise Épotéjournaliste
Un sécurocrate. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Un sécurocrate, un ancien journaliste, par ailleurs, et qui a été patron de la sécurité d’État, des services spéciaux maliens, ministre de la Défense, ministre des Affaires étrangères. Donc, attendons de voir, il y a un nouveau gouvernement. Attendons de voir quelles seront les prochaines mesures. En tout cas, ça urge là. Parce que les élections sont…
Denise Épotéjournaliste
Au mois de juillet.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Au mois de juillet. 
Denise Épotéjournaliste
Mais dans un récent discours, justement, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, disait que, qu’il mettrait tout en œuvre pour ramener la sécurité avant la présidentielle de juillet. En a-t-il les moyens ? 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Bon, on peut lui faire confiance, parce qu’il est, on vient de citer son pedigree et tout. Mais également, il y a la France qui fait pression pour que les mesures, l’accord d’Alger trouvent une application directe sur le terrain. Il y a, vous le savez, la présence des troupes onusiennes, des troupes françaises, ça a un coût. Et le coût, est-ce qu’il est supportable par la France qui a également ses propres problèmes. Donc, je pense qu’il y aura…
Denise Épotéjournaliste
Il y a le G5 Sahel, maintenant. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Le G5 c'est un projet, donc qui est en train de prendre corps avec cinq pays africains : la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina et le Tchad. Donc, pour essayer de mettre leurs formes, certaines de leurs forces en commun et des canaux, au niveau des frontières, avec un droit de suite pour aller frapper les djihadistes en cas d’attaque ou, voilà. 
Denise Épotéjournaliste
Alors, comme vous le rappeliez tout à l’heure, en plus du Nord, il y a également la région du Centre, aujourd’hui, qui est contrôlée par les rebelles. Comment peut-il, cela peut-il s’expliquer alors qu’il y a toutes ces forces internationales et françaises qui sont présentes depuis cinq ans sur le terrain. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Je pense qu’il faut accélérer, pour ce qui concerne la zone septentrionale, accélérer l’application des accords d’Alger, toutes les clauses. Il faut aller peut-être un peu plus loin et plus rapidement que ce qui a été fait par le passé. Pour le Centre, il n’y a pas de négociations, il n’y a pas d’accord de paix, concernant le Centre. Je pense que pour le moment…
Denise Épotéjournaliste
Pour le Centre, c’est la preuve que les djihadistes gagnent du terrain.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ils gagnent du terrain, même si c’est pas la même composante communautaire. Parce qu’il y a beaucoup plus d’Arabes ou bien de Touaregs dans la zone septentrionale et au Centre, c’est plutôt les rebelles peuls qui attaquent également les pays voisins, il n’y a pas que le Mali. Ce qu’il faudra faire, c’est essayer de régler politiquement ce qui se passe dans le Nord ou mieux s’occuper, peut-être au plan sécuritaire, du Centre. Parce que, comment peut-on faire une campagne électorale s’il y a des zones, des franges entières de l’État, du territoire malien qui échappent…
Denise Épotéjournaliste
Au contrôle du pouvoir central.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Au contrôle du pouvoir central. Ça va être difficile. 
 

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