Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Présidentielles 2018 au Mali : retour sur le contexte pré-électoral

Dans cette émission, la question de la sécurité au Mali est au centre des débats avant les élections.
Réécoutez l'émission et prêtez attention aux expressions utilisées par la journaliste et Francis Kpatindé. Répondez ensuite aux questions.
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Constatant un grand nombre de candidats, on soulève la question d'une « candidature unique » face au président sortant. Comment Francis Kpatindé démontre-t-il que ce n'est pas envisageable ?
En expliquant que le poste de président attire de nombreuses ambitions et que, par conséquent, il est légitime et naturel qu'un grand nombre de candidats de l'opposition s'y présente.
En disant que la corruption est trop présente au Mali pour que l'on puisse avoir uniquement deux candidats.
En soutenant le fait qu'une candidature unique de l'opposition ne représenterait qu'une infime partie du paysage politique malien, ce qui n'est pas démocratique.
À quoi Francis Kpatindé fait-il référence lorsqu'il parle de « responsabilité partagée » ?
À l'échec de la mise en œuvre de mesures de paix suite aux accords d'Alger, qui revient non seulement au gouvernement malien et aux mouvements ex-rebelles maliens, mais aussi à la présence internationale.
Au manque de soutien des puissances internationales notamment la France et l'ONU dans le financement du plan de sécurisation intégré.
Au fait que le Mali et ses pays voisins n'ont pas su profiter de la proposition faite par l'ONU pour signer des mesures de paix.
Pourquoi qualifie-t-on le nouveau Premier ministre Soumeylou Boubèye Maïga de « sécurocrate » ?
Parce qu'il a choisi de faire de la sécurité au Mali la priorité de son agenda politique.
Parce qu'il souhaite mettre en place un nouveau plan de sécurité économique pour le Mali.
Parce qu'il se présente comme un farouche opposant au plan de sécurisation intégré.
Selon Francis Kpatindé, qu'est-ce que le G5 Sahel ?
C'est un projet qui consiste à allier les forces de cinq pays africains et ainsi leur permettre d'attaquer légalement les djihadistes sur les territoires qu'ils occupent.
C'est une convention de paix signée entre l'ONU, le Mali et les différentes forces djihadistes présentes sur le territoire malien.
C'est un accord de sécurisation du Mali proposé par la France et d'autres pays africains qui permettra de ramener la paix au centre du pays.
Comment interpréter la phrase : « C'est la preuve que les djihadistes gagnent du terrain » ?
Les accords d'Alger visent à régler le problème au nord du Mali, mais ils n'ont pas empâché l'apparition d'une nouvelle rebellion au centre du pays.
Les rebelles djihadistes occupent non seulement le centre, mais commencent à étendre leur contrôle au nord et au sud du pays, majoritairement touareg et arabe.
Grâce à leurs forces armées, les rebelles djihadistes occupent des positions stratégiques aux frontières du Mali et font reculer les troupes françaises et onusiennes.

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Attention

Les questions suivent l'ordre de l'émission. Vous pouvez double-cliquer sur un mot que vous ne connaissez pas pour ouvrir le dictionnaire.
Repérez l'expression concernée dans la vidéo. Aidez-vous de ce qui est dit avant et après pour reconstituer le sens de l'expression.

Bravo

Vous l'avez compris, la sécurité au Mali est un problème de premier ordre. Par quels procédés la journaliste montre-t-elle son implication à ce sujet ? Vous le verrez dans l'exercice 4.
La sécurité au Mali est au cœur de toutes les interrogations. Par quels procédés la journaliste montre-t-elle son implication à ce sujet ? Vous le verrez dans l'exercice 4.
Conception : Sabrina Fecchio, Alliance française de Bruxelles-Europe avec le Français des affaires, CCI Paris-Île-de-France
Publié le 08/10/2018 - Modifié le 07/11/2018
Denise Époté, journaliste
2018 marquera la fin du premier mandat d’Ibrahim Boubacar Keita à la tête du Mali. Il y a de fortes chances qu’il brigue un second mandat, même si les critiques de l’opposition sont de plus en plus sévères. Une opposition qui, pour gagner le scrutin de juillet 2018, souhaiterait présenter une candidature unique. Francis Kpatindé, bonjour. 
Francis Kpatindé, rédacteur en chef du Monde Afrique
Bonjour.
Denise Épotéjournaliste
Comme toutes les oppositions africaines, l’opposition malienne est très divisée. On le voit au nombre de candidats déclarés. Peut-elle s’entendre, comme le souhaite Djibril Dramé, membre de l’opposition, autour d’une candidature unique ? 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ce n’est pas impossible, mais personnellement, j’en doute. Vous savez, chaque opposant a son agenda, caché ou bien ouvert. Chaque opposant brigue, légitimement d’ailleurs, dans le cas du Mali, à être président, à être calife à la place du calife. Donc, c’est normal qu’il y ait plusieurs candidats. Il n’y a aucune raison qu’il y ait une candidature unique face au président sortant. 
Denise Épotéjournaliste
Principal reproche de l’opposition fait à Ibrahim Boubacar Keita, c’est le fait de n’avoir pas réussi à rétablir la sécurité dans le Nord du pays, malgré la signature de l’accord d’Alger et du plan de sécurisation intégrée. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ben, absolument, le moins qu’on puisse dire, c’est que la paix ne prévaut pas au Mali, actuellement. Et pas seulement dans la frange nord, pas dans la frange septentrionale...
Denise Épotéjournaliste
Au Centre, également.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
... Mais également dans le Centre où il y a des mouvements irrédentistes peuls. Donc, c’est vrai qu’il y a une dégradation de la situation sécuritaire au Mali en dépit de la présidence, de la présence internationale, présidence, présence des Français, présence également des forces onusiennes, mais en dépit de tout cela, la paix… Mais il y a des frémissements, mais le programme de paix et les accords d’Alger n’ont pas trouvé tous leurs, toutes leurs possibilités d’épanouissement depuis, depuis la signature de cet accord. 
Denise Épotéjournaliste
Mais le reproche, à propos de ces accords d’Alger, est fait à la partie malienne, et notamment au gouvernement. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Moi, je pense que la responsabilité de cet échec, relative, est quand même partagée. Partagée, parce que, bon, le gouvernement, effectivement, n’a pas mis en œuvre un certain nombre de mesures. La partie, les mouvements rebelles, ou ex-rebelles, ça dépend comment on les appelle, non plus. Mais, je vous fais remarquer qu’il y a, on a nommé récemment un nouveau Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, qui est connu pour être un homme de caractère.
Denise Épotéjournaliste
Un sécurocrate. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Un sécurocrate, un ancien journaliste, par ailleurs, et qui a été patron de la sécurité d’État, des services spéciaux maliens, ministre de la Défense, ministre des Affaires étrangères. Donc, attendons de voir, il y a un nouveau gouvernement. Attendons de voir quelles seront les prochaines mesures. En tout cas, ça urge là. Parce que les élections sont…
Denise Épotéjournaliste
Au mois de juillet.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Au mois de juillet. 
Denise Épotéjournaliste
Mais dans un récent discours, justement, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, disait que, qu’il mettrait tout en œuvre pour ramener la sécurité avant la présidentielle de juillet. En a-t-il les moyens ? 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Bon, on peut lui faire confiance, parce qu’il est, on vient de citer son pedigree et tout. Mais également, il y a la France qui fait pression pour que les mesures, l’accord d’Alger trouvent une application directe sur le terrain. Il y a, vous le savez, la présence des troupes onusiennes, des troupes françaises, ça a un coût. Et le coût, est-ce qu’il est supportable par la France qui a également ses propres problèmes. Donc, je pense qu’il y aura…
Denise Épotéjournaliste
Il y a le G5 Sahel, maintenant. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Le G5 c'est un projet, donc qui est en train de prendre corps avec cinq pays africains : la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina et le Tchad. Donc, pour essayer de mettre leurs formes, certaines de leurs forces en commun et des canaux, au niveau des frontières, avec un droit de suite pour aller frapper les djihadistes en cas d’attaque ou, voilà. 
Denise Épotéjournaliste
Alors, comme vous le rappeliez tout à l’heure, en plus du Nord, il y a également la région du Centre, aujourd’hui, qui est contrôlée par les rebelles. Comment peut-il, cela peut-il s’expliquer alors qu’il y a toutes ces forces internationales et françaises qui sont présentes depuis cinq ans sur le terrain. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Je pense qu’il faut accélérer, pour ce qui concerne la zone septentrionale, accélérer l’application des accords d’Alger, toutes les clauses. Il faut aller peut-être un peu plus loin et plus rapidement que ce qui a été fait par le passé. Pour le Centre, il n’y a pas de négociations, il n’y a pas d’accord de paix, concernant le Centre. Je pense que pour le moment…
Denise Épotéjournaliste
Pour le Centre, c’est la preuve que les djihadistes gagnent du terrain.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ils gagnent du terrain, même si c’est pas la même composante communautaire. Parce qu’il y a beaucoup plus d’Arabes ou bien de Touaregs dans la zone septentrionale et au Centre, c’est plutôt les rebelles peuls qui attaquent également les pays voisins, il n’y a pas que le Mali. Ce qu’il faudra faire, c’est essayer de régler politiquement ce qui se passe dans le Nord ou mieux s’occuper, peut-être au plan sécuritaire, du Centre. Parce que, comment peut-on faire une campagne électorale s’il y a des zones, des franges entières de l’État, du territoire malien qui échappent…
Denise Épotéjournaliste
Au contrôle du pouvoir central.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Au contrôle du pouvoir central. Ça va être difficile. 
 

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