Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Présidentielles 2018 au Mali : retour sur le contexte pré-électoral

Avant les élections, le Mali doit gérer de nombreux problèmes à l'intérieur même du pays mais aussi au-delà de ses frontières.
Écoutez puis associez chaque proposition entendue dans l'émission selon qu'elle concerne la situation intérieure ou les relations extérieures du Mali. (Attention ! Certaines réponses ne sont pas abordées dans la vidéo)
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Situation intérieure
Des critiques sévères et une opposition politique forte s'expriment quant à la présidence actuelle.
Les tentatives pour réinstaurer la paix suite aux accords d'Alger sont pour le moment sans effet.
Les rebelles contrôlent le centre du pays malgré la présence de forces internationales sur le terrain.
Des zones entières sont occupées par les djiadhistes et échappent au contrôle du pouvoir gouvernemental.
Relations extérieures
On reproche au gouvernement de ne pas avoir mis en place des mesures de paix visant à réinstaurer la sécurité dans le pays.
La France fait pression pour que les accords d'Alger soient mis à exécution.
Les forces militaires étrangères présentes sur le terrain ne pourront peut-être plus soutenir le coût de l'aide à long-terme.
Des forces seront mises en commun avec la création du G5 Sahel.

La nomination d'une personnalité forte à la tête de la diplomatie pourrait changer la donne en matière de sécurité.
C'est la fin des échanges diplomatiques entre le Mali et deux de ses pays voisins.

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Attention

Réécoutez l'émission en ayant pris soin de lire toutes les propositions avant.
Attention : 4 correspondent à la situation interne, 4 aux relations externes et 2 ne sont pas abordées dans la vidéo.

Bravo

Il reste encore beaucoup à faire concernant la sécurité au Mali. Ce problème est au centre des débats. Vous le verrez plus en détails dans l'exercice 3, avec certaines expressions utilisées par l'invité de l'émission.
Il reste encore beaucoup à faire concernant la sécurité au Mali. Ce problème est au centre des débats. Vous le verrez plus en détails dans l'exercice 3, avec certaines expressions utilisées par l'invité de l'émission.
Conception : Sabrina Fecchio, Alliance française de Bruxelles-Europe avec le Français des affaires, CCI Paris-Île-de-France
Publié le 08/10/2018 - Modifié le 07/11/2018
Denise Époté, journaliste
2018 marquera la fin du premier mandat d’Ibrahim Boubacar Keita à la tête du Mali. Il y a de fortes chances qu’il brigue un second mandat, même si les critiques de l’opposition sont de plus en plus sévères. Une opposition qui, pour gagner le scrutin de juillet 2018, souhaiterait présenter une candidature unique. Francis Kpatindé, bonjour. 
Francis Kpatindé, rédacteur en chef du Monde Afrique
Bonjour.
Denise Épotéjournaliste
Comme toutes les oppositions africaines, l’opposition malienne est très divisée. On le voit au nombre de candidats déclarés. Peut-elle s’entendre, comme le souhaite Djibril Dramé, membre de l’opposition, autour d’une candidature unique ? 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ce n’est pas impossible, mais personnellement, j’en doute. Vous savez, chaque opposant a son agenda, caché ou bien ouvert. Chaque opposant brigue, légitimement d’ailleurs, dans le cas du Mali, à être président, à être calife à la place du calife. Donc, c’est normal qu’il y ait plusieurs candidats. Il n’y a aucune raison qu’il y ait une candidature unique face au président sortant. 
Denise Épotéjournaliste
Principal reproche de l’opposition fait à Ibrahim Boubacar Keita, c’est le fait de n’avoir pas réussi à rétablir la sécurité dans le Nord du pays, malgré la signature de l’accord d’Alger et du plan de sécurisation intégrée. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ben, absolument, le moins qu’on puisse dire, c’est que la paix ne prévaut pas au Mali, actuellement. Et pas seulement dans la frange nord, pas dans la frange septentrionale...
Denise Épotéjournaliste
Au Centre, également.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
... Mais également dans le Centre où il y a des mouvements irrédentistes peuls. Donc, c’est vrai qu’il y a une dégradation de la situation sécuritaire au Mali en dépit de la présidence, de la présence internationale, présidence, présence des Français, présence également des forces onusiennes, mais en dépit de tout cela, la paix… Mais il y a des frémissements, mais le programme de paix et les accords d’Alger n’ont pas trouvé tous leurs, toutes leurs possibilités d’épanouissement depuis, depuis la signature de cet accord. 
Denise Épotéjournaliste
Mais le reproche, à propos de ces accords d’Alger, est fait à la partie malienne, et notamment au gouvernement. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Moi, je pense que la responsabilité de cet échec, relative, est quand même partagée. Partagée, parce que, bon, le gouvernement, effectivement, n’a pas mis en œuvre un certain nombre de mesures. La partie, les mouvements rebelles, ou ex-rebelles, ça dépend comment on les appelle, non plus. Mais, je vous fais remarquer qu’il y a, on a nommé récemment un nouveau Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, qui est connu pour être un homme de caractère.
Denise Épotéjournaliste
Un sécurocrate. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Un sécurocrate, un ancien journaliste, par ailleurs, et qui a été patron de la sécurité d’État, des services spéciaux maliens, ministre de la Défense, ministre des Affaires étrangères. Donc, attendons de voir, il y a un nouveau gouvernement. Attendons de voir quelles seront les prochaines mesures. En tout cas, ça urge là. Parce que les élections sont…
Denise Épotéjournaliste
Au mois de juillet.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Au mois de juillet. 
Denise Épotéjournaliste
Mais dans un récent discours, justement, le Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga, disait que, qu’il mettrait tout en œuvre pour ramener la sécurité avant la présidentielle de juillet. En a-t-il les moyens ? 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Bon, on peut lui faire confiance, parce qu’il est, on vient de citer son pedigree et tout. Mais également, il y a la France qui fait pression pour que les mesures, l’accord d’Alger trouvent une application directe sur le terrain. Il y a, vous le savez, la présence des troupes onusiennes, des troupes françaises, ça a un coût. Et le coût, est-ce qu’il est supportable par la France qui a également ses propres problèmes. Donc, je pense qu’il y aura…
Denise Épotéjournaliste
Il y a le G5 Sahel, maintenant. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Le G5 c'est un projet, donc qui est en train de prendre corps avec cinq pays africains : la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina et le Tchad. Donc, pour essayer de mettre leurs formes, certaines de leurs forces en commun et des canaux, au niveau des frontières, avec un droit de suite pour aller frapper les djihadistes en cas d’attaque ou, voilà. 
Denise Épotéjournaliste
Alors, comme vous le rappeliez tout à l’heure, en plus du Nord, il y a également la région du Centre, aujourd’hui, qui est contrôlée par les rebelles. Comment peut-il, cela peut-il s’expliquer alors qu’il y a toutes ces forces internationales et françaises qui sont présentes depuis cinq ans sur le terrain. 
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Je pense qu’il faut accélérer, pour ce qui concerne la zone septentrionale, accélérer l’application des accords d’Alger, toutes les clauses. Il faut aller peut-être un peu plus loin et plus rapidement que ce qui a été fait par le passé. Pour le Centre, il n’y a pas de négociations, il n’y a pas d’accord de paix, concernant le Centre. Je pense que pour le moment…
Denise Épotéjournaliste
Pour le Centre, c’est la preuve que les djihadistes gagnent du terrain.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Ils gagnent du terrain, même si c’est pas la même composante communautaire. Parce qu’il y a beaucoup plus d’Arabes ou bien de Touaregs dans la zone septentrionale et au Centre, c’est plutôt les rebelles peuls qui attaquent également les pays voisins, il n’y a pas que le Mali. Ce qu’il faudra faire, c’est essayer de régler politiquement ce qui se passe dans le Nord ou mieux s’occuper, peut-être au plan sécuritaire, du Centre. Parce que, comment peut-on faire une campagne électorale s’il y a des zones, des franges entières de l’État, du territoire malien qui échappent…
Denise Épotéjournaliste
Au contrôle du pouvoir central.
Francis Kpatindérédacteur en chef du Monde Afrique
Au contrôle du pouvoir central. Ça va être difficile. 
 

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