Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

L'Afrique contre les « pharmacies par terre »

Denise Epoté s'entretient avec Kabiné Komara, ancien premier ministre de la Guinée et membre du Conseil consultatif de la Fondation Brazzaville, sur le sujet des faux médicaments en Afrique.
Regardez l’extrait et dites si les thèmes proposés y sont abordés ou non.
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Les prémices de la lutte contre les faux médicaments
Les causes de l’ampleur du trafic de faux médicaments
Le nombre de victimes annuelles de ce trafic
Les solutions pour lutter contre ce fléau
La lucrativité du trafic de faux médicaments
Le volume de faux médicaments sur le continent africain
Les pays qui fabriquent et/ou vendent les faux médicaments
Les enjeux sanitaires et financiers de la lutte

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Vous avez parfaitement identifié les éléments abordés dans cet extrait. Sachez que les autres le sont dans le reste de l’entretien entre Kabiné Komara, l’ancien Premier ministre de Guinée, et la journaliste Denise Époté.
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Sachez par ailleurs que les thèmes non abordés dans cet extrait le sont dans le reste de l’entretien entre Kabiné Komara, l’ancien Premier ministre de Guinée, et la journaliste Denise Époté.
Conception : Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Publié le 23/09/2020
Denise Époté, journaliste
Alors, il y a une vingtaine d’années, Jacques Chirac avait fait de la lutte contre les faux médicaments un de ses combats ; la Fondation de Brazzaville[1] prend le relais. Mais quels sont les leviers dont vous disposez pour réduire ce trafic à l’échelle du continent ?
Kabiné Komara, ancien Premier ministre de Guinée
Eh bien il faut saluer effectivement l’initiative du président Chirac pour cette initiative. Il avait lancé sa campagne sur le slogan que « les pharmacies par terre tuent ». Il a lancé, il a mobilisé des artistes, des acteurs, en tout cas beaucoup de leaders d’opinion pour sensibiliser les populations africaines à éviter donc ce qu’ils paraissent considérer être comme des produits salvateurs, mais qui sont en fait des poisons. Alors, le problème, c’est qu’il n’y a pas eu suffisamment de criminalisation de ce fléau. C’est compté comme une activité banale. Quand on vous prend pour la drogue, on vous condamne pour cinq ans, dix ans, vingt ans, mais quand c’est pour les faux médicaments, vous avez au bas mot maximum un mois, deux mois. C’est considéré comme étant une activité absolument… j’allais dire secondaire. Et ce qu’on a réussi à Lomé, c’est de montrer aux chefs d’États africains que nulle autre pratique n’est plus dangereuse actuellement pour l’Afrique que ceci, et qu’il est essentiel que les acteurs de ce crime crapuleux soient condamnés à la hauteur de leur forfaiture. Vous avez dit tout à l’heure 100 000 enfants, mais les chiffres sont plus importants que ça. Pour l’antipalu, pour le palu, c’est uniquement 100 000, mais pour tout ce qui concerne la tuberculose, les maladies diarrhéiques, c’est au moins deux fois plus, et l’ensemble du continent perd minimum 900 000 personnes par an à cause des faux médicaments. Et je dis encore minimum, parce qu’on n’a pas toutes les statistiques sur l’ensemble des 54 pays.
Denise Époté, journaliste
Alors, ce qui alimente le trafic de faux médicaments, c’est l’absence d’une offre de santé également qui n’est pas accessible au plus grand nombre. Les États ont donc la solution, mais qu’est-ce qui fait que la pratique ne change pas ?
Kabiné Komara, ancien Premier ministre de Guinée
Alors…
Denise Époté, journaliste
Pour rendre la santé accessible au plus grand nombre.
Kabiné Komara, ancien Premier ministre de Guinée
Alors, lutter contre les faux médicaments… il ne suffit pas seulement de combattre. Il faut absolument mettre en place une politique intégrée de santé. Une politique intégrée de santé suppose d’abord qu’il y ait des centres de santé qui couvrent l’ensemble des pays, qu’il y ait des pharmacies qui soient accessibles, et que les produits soient accessibles. Je vous donne un exemple : les génériques coûtent trente fois plus cher en Afrique que dans les pays développés, alors que l’Africain moyen a maximum un revenu de 1,9 dollar par an[2], et qu’au bas mot maximum, il ne peut pas payer plus de cent dollars pour ses frais de santé, et on lui soumet, on lui propose des offres de prix qui sont plus chères que ce qu’il peut. Donc naturellement les gens se déportent vers ces produits qu’ils croient être bon marché, mais qui sont en fait des poisons. Alors l’idée, c’est qu’il ne s’agit pas uniquement d’engager la lutte contre les faux médicaments, mais il faut améliorer l’offre. Et améliorer l’offre suppose trois facteurs. D’abord, sensibiliser les populations pour dire qu’il faut renoncer à ça et donner des alternatives ; deuxièmement, faire en sorte qu’on puisse produire des génériques en Afrique, à des bas coûts, mais de bonne qualité ; et troisièmement, faire en sorte qu’il y ait une coordination au niveau des pays, puisque les frontières sont poreuses. Vous ne pouvez pas combattre ceci en Guinée et que ça puisse continuer au Sénégal, on ne peut pas le combattre au Mali si ça doit continuer au Bénin, ainsi de suite. Donc, il faut absolument une coordination, mais surtout aussi une formation, une production pharmaceutique au niveau continental.


[1] La fondation Brazzaville, créée en 2014, est une organisation à but non lucratif indépendante dédiée « à la résolution des conflits, la préservation de l’environnement et la conservation de la nature » en Afrique, et dans le monde. Elle intervient à la demande d’États ou suite aux sollicitations d’organisations régionales ou multinationales pour faciliter le dialogue ou la médiation dans des conflits.
[2] Par jour

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