Diplôme de français des relations internationales B2 Avancé

Hadja Idrissa Bah et les droits des femmes

Hadja Idrissa Bah est jeune, mais cela ne l'empêche pas de se battre pour faire évoluer les mentalités dans son pays.
Écoutez l’interview et remettez les éléments abordés dans l’ordre.
Glissez-déposez les éléments Help on how to respond the exercice

FRI-B2-EtSi-HadjaIdrissaBah-feminisme-video
Des données statistiques sur les excisions et les mariages forcés
Les motivations de l’action du Club de jeunes filles leaders de Guinée 
La difficulté de prendre la parole
Le regard de la société traditionaliste sur les jeunes femmes
Ce que dit la loi en Guinée
La souffrance des femmes dans le foyer traditionnel

Certaines phrases sont correctement ordonnées entre elles et nous les regroupons pour la suite de l'exercice.

Attention

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Faites l’activité suivante pour mieux connaître et comprendre le combat de Hadja Idrissa Bah.
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Conception : Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Publié le 24/06/2020 - Modifié le 25/06/2020
Denise Époté, journaliste
En Guinée, il y a 92 % de jeunes filles qui sont excisées, près de 23 % sont mariées avant l’âge de quinze ans et 55 % à l’âge de dix-huit ans. Comment lutter contre le poids de la tradition et de la religion ?
Hadja Idrissa Bah, fondatrice du Club de jeunes filles leaders de Guinée
Fort malheureusement, ces statistiques sont alarmantes. Alors, nous, la nouvelle génération, nous avons décidé de reprendre les choses en main, et surtout notre destin en main. Nous sommes prêtes à tout, à aller sur le terrain, sensibiliser nos mamans, leur rappeler que nous avons des droits, sensibiliser nos sœurs, les jeunes eux-mêmes pour qu’ils reprennent conscience de ce qu’ils sont en train de vivre aujourd’hui. Certes, on a été victimes de mutilations génitales, mais on veut que la prochaine génération ne soit pas victime et que ces statistiques puissent être réduites. Voilà ce que nous sommes en train de mener comme actions concrètes, surtout en sensibilisant, en informant, mais aussi en passant à l’acte, en rappelant…
Denise Époté, journaliste
Parce qu’aujourd’hui vous pensez que la parole est libérée ?
Hadja Idrissa Bah, fondatrice du Club de jeunes filles leaders de Guinée
Eh bien, on est en train de forcer la prise de parole. Certes, elle n’est pas encore libérée totalement, mais on est en train de forcer pour la reprendre. Parce qu’aujourd’hui, quand on parle, beaucoup de gens nous collent des étiquettes pour dire que nous sommes des filles qui ne sont pas éduquées, parce qu’on veut que la femme soit libérée, on veut que les droits des femmes soient respectés. Ils sont étonnés de voir que cette nouvelle génération est en train de se révolter, et de dire non, hausser le ton et dire non aux mutilations génitales. Cette chose pour eux est une culture, est une coutume que nos ancêtres ont fait il y a longtemps et que nous… Pourquoi ils sont étonnés ? Ils pensent que ce n’est pas notre place… Notre place, ce n’est pas dans des instances de prise de décision, mais c’est dans les foyers. On doit se taire à jamais, on doit se soumettre à jamais. Voilà ils nous voient. Mais le fait qu’on…
Denise Époté, journaliste
C’est pour ça qu’on vous surnomme « la jeune fille au foulard briseuse de mariages » ?
Hadja Idrissa Bah, fondatrice du Club de jeunes filles leaders de Guinée
Bien sûr que oui, parce qu’ils ont vu en nous que nous sommes prêtes à tout, à aller empêcher les mariages précoces, les mariages forcés parce que la loi nous protège, fort heureusement. Aujourd’hui, des engagements ont été pris, nous avons ces lois qui nous protègent et donc, notre force, c’est ça. Mais quel que soit ce qu’on nous dit, quel que soit ce dont on nous traite, on nous traite de prostituées ou de filles qui ne sont pas bien éduquées, tant mieux ! Mais ce qui reste clair, ce qu’on veut, c’est la protection de ces jeunes filles, l’émancipation de ces jeunes filles, parce que le foyer n’est pas leur place. Le foyer, c’est un endroit encore qui continue à arracher, et continue à battre complètement la femme guinéenne, africaine, et elle ne se sent pas épanouie. Beaucoup de filles sont en train de pleurer à l’heure je vous parle. Beaucoup de filles souhaiteraient que ce club, ou bien que nous existions il y a dix ans ou vingt ans pour les sauver de leur mariage. Aujourd’hui, elles sont en train de subir la violence dans leurs foyers. Elles souhaiteraient que ce genre d’activités, ou ce genre de femmes leaders soient pendant que, elles vivaient cette atrocité.

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