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Thomas Fersen

Dans la deuxième séquence de l’émission, « mouvement » (de 0'55 à 2'23), Thomas Fersen parle de lui, de ses albums…
Regardez-la et dites si les informations suivantes sont vraies ou fausses, en inscrivant « V » ou « F »  dans la case.
Pensez à écrire en MAJUSCULE.

FC-ThomasFersen-Video

Qui est Thomas Fersen ?
1. On ne peut pas comprendre qui est Thomas Fersen à travers ses chansons. F
2. Dans l’interview, il dit qu’il aime quand on le reconnait dans ses chansons. F
3. Il explique aussi qu’il a du mal à être toujours au même endroit. V
4. Il raconte également que ses personnages lui ressemblent. V
Ses deux derniers albums :
     Le précédent album Trois petits tours      
5. Les morceaux de cet album sont joués au ukulélé. V
6. L’ambiance de cet album est assez romantique. F
     Le dernier album Je suis au paradis
7. Cet album est très différent du précédent. V
8. Dans cet album, les mélodies sont très soignées et les thèmes sont très diversifiés. V
Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française
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Attention

Vous n’avez pas bien compris certains éléments de cet extrait.
Relisez les propositions puis regardez une nouvelle fois la séquence « mouvement » en marquant des pauses.
Attention, les questions ne suivent pas l’ordre de l’interview.

Bravo

Vous en savez maintenant un peu plus sur Thomas Fersen.
Faites l’activité suivante pour le connaître encore mieux et découvrir son univers et rapport à la langue.
À travers cette activité, vous découvrez qui est Thomas Fersen et son besoin de mouvement, de changement.
Lisez la solution puis passez à l’activité suivante pour continuer votre découverte de cet artiste. Vous en saurez plus sur son univers et son rapport à la langue.
Voici les corrections des phrases fausses :
- 1. On ne peut pas comprendre qui est Thomas Fersen à travers ses chansons. : « Y a quand même des traits de mon caractère qu'on arrive à identifier. »
- 2. Dans l’interview, il dit qu’il aime quand on le reconnaît dans ses chansons. : « J'ai toujours eu l'impression d'être un peu mort quand on me disait « T'es comme ça, toi. »
- 3. L’ambiance de cet album est assez romantique. : « ... un disque que j'ai fait tout au ukulélé, plutôt folklorique et simple. »
Générations
Après avoir eu une jeunesse, une adolescence, une fin d’adolescence très influencée, enfin, avec beaucoup de goût pour la musique anglo-saxonne, on s’est retourné vers la musique, la langue française, à un âge où peut-être on avait plus de plaisir à l’écrire et à la lire. Et donc on a fait de la chanson en français, d’une façon un peu nouvelle, chacun à sa façon d’ailleurs puisqu’il n’y avait pas vraiment d’école, même pas du tout, mais on n’était pas non plus les seuls ; y avait aussi des gens de notre génération qui ont travaillé dans la culture, dans les programmations de festivals, dans les centres culturels et tous ensemble on a ouvert effectivement la chanson française à  la génération d’après qui a peut-être profité de ça, et plus que nous, même, qui est même plus connue que nous.
 
Mouvement
Le temps se rétrécit. Il faut se dépêcher de savoir qui on veut être. Et moi je suis maintenant… Y a quand même des traits de mon caractère qu’on arrive à identifier puisque, plus on fait des disques, plus le temps passe, plus on finit par savoir qui vous êtes, on se découvre. Mais c’est aussi – j’ai toujours eu un réflexe contre ça – c’est que j’ai toujours eu l’impression d’être un peu mort quand on me disait « T’es comme ça, toi, etc. », donc j’ai toujours eu envie d’aller ailleurs. L’album précédent était un disque que j’ai fait tout au ukulélé, plutôt folklorique et simple ; là, je voulais justement, au contraire, faire un disque romantique avec des pianos et des violons, et des harmonies plus riches, des mélodies plus travaillées et des thèmes différents. C’est un réflexe chez moi. Je pense que c’est un réflexe très ancien : je ne supporte pas d’être attaché quelque part ; tout chez moi est en mouvement, à la fois mes personnages qui sont toujours en fuite, moi je ne suis pas… la vie de sédentaire me convient plus : j’ai besoin de partir en province, j’adore le train qui démarre, changer de ville… Je jubile quand on est en virée comme ça, les tournées, la vie de tournée, je ne peux plus m’arrêter totalement de tourner, ça me fait déprimer. Et je suis tout le temps en mouvement. Et puis, quand on s’arrête, quand on ne bouge plus, c’est qu’on est mort.  
 
Images
En fait, ce qui m’intéresse, c’est moins le fond que la forme. C’est-à-dire que pour raconter des histoires, on peut tous raconter des histoires. Seulement, si on n’y met pas la forme, on n’a pas d’impact, ça ne marche pas. Bien sûr, j’aimerais bien faire des chansons sur l’injustice, mais faut trouver la forme. Je ne l’ai pas trouvée. Donc je ne chante pas l’injustice. Je chante mes personnages parce que je sais – je crois savoir – comment les raconter, les peindre. J’ai un langage très imagé donc c’est vrai que j’arrive à, j’essaie, je crée des images avec la langue. C’est ça qui m’intéresse dans la langue, c’est sa capacité à créer des images et cet impact qu’elle peut avoir sur les esprits. Et c’est aussi effectivement, c’est peut-être pour ça que vous faites un rapprochement avec la BD. Mais il se trouve que Blain*, je sentais en lisant ses ouvrages, une fraternité, qui ne s’est pas démentie quand je l’ai rencontré. Donc c’est aussi pour cette raison qu’évidemment je lui ai demandé de faire le visuel de mon disque.
 
Personnages
Ce sont des imageries que je manipule pour raconter des histoires, et heureusement, assez légères. C’est des… J’aime les personnages un peu marginaux parce qu’ils sont plus pittoresques et ils sont plus intéressants à peindre. Prenez Michel Simon* par exemple : il avait une tronche qui le rendait photogénique ; beaucoup plus qu’un bellâtre du coin. Vous voyez ce que je veux dire ? Bah c’est pareil pour moi : je préfère la tronche, je préfère… Et puis aussi j’aime bien les gens qui sont un petit peu à côté, un petit peu à côté parce que moi-même, je suis un petit peu à côté. J’ai toujours eu le goût pour des gens un peu décalés.
 
Langue
C’est vrai que ma langue est quand même travaillée, que je fais entrer dans les chansons des mots qui ne trouvent pas forcément, qui ne trouvent pas souvent leur place : « goitre » par exemple – heureusement d’ailleurs qu’il n’y en a pas beaucoup, « concombre »… C’est parce que c’est des mots qui créent un petit peu un petit effet de surprise, qui amènent de la fraîcheur dans la chanson. J’ai le goût du langage encore une fois ; j’aime nommer, voyez. C’est pour ça que j’aime les prénoms de femme. Un prénom déjà, c’est toute une personne. Vous dites un prénom de femme, vous voyez une belle silhouette, des cheveux, un sourire, vous avez déjà envie de l’embrasser, vous êtes déjà un peu amoureux.
 
Dandy
Je pense que mon nom a une certaine élégance et qu’elle rejaillit sur ma personne. Voilà. Évidemment que l’élégance c’est flatteur. C’est des moments… C’est des moments. Mais je ne suis pas… Je n’ai pas… Et puis, le dandy c’est aussi une façon de vivre, et ce n’est pas la mienne. Et puis de toute façon, quand vous dites que vous êtes un dandy, vous n’en êtes déjà plus un.
 
Extrait musical (« Félix »)
                                                                                          
Je suis centenaire
Mes dents sont dans un verre
Voyons, qu'est-ce que je vais prendre ?
La viande si elle est tendre
La viande avec des frites

Ainsi qu'une douzaine d'huitres
Une bouteille de Pomerol

Et des profiteroles

Je jouis, je jouis, j'en suis tout ébloui
Je jouis, je jouis, je jouis

Je suis centenaire,

Mais je suis encore vert
J'ai l'âge d'être arrière,

Arrière, arrière, arrière
Mon fils est un vieux chnoque,

Ma fille est une vieille bique
Quand je l'embrasse, elle pique,

Il y en a marre des vioques

Je jouis, je jouis quand j'entendrai le glas oui
Je jouirai encore, je veux mourir comme Félix Faure*



* Michel Simon (1895-1975) était un acteur suisse. Il avait un visage, une physionomie très reconnaissable et qui sortait de l'ordinaire.
* Blain est un auteur de bande dessinée français.
* Félix Faure (1841-1899) a été Président de la République française entre 1895 et 1899 ; il est mort dans les bras de sa maîtresse.

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