Diplôme de français des relations internationales B1 Intermédiaire

Quand la Francophonie s'engage au féminin : Sister Fa

Sister Fa s’est donc engagée contre l’excision, une pratique dont elle a elle-même été victime dans son enfance.
Lisez d’abord le texte ci-dessous. Écoutez ensuite le document et cliquez sur les informations qui correspondent à ce que vous entendez.
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 {L’Organisation mondiale de la Santé distingue quatre types de mutilations sexuelles féminines (MSF) ou mutilations génitales féminines (MGF).} [Parmi elles,] on trouve l’excision et l’infibulation. [Dans certaines communautés,] l’excision est une vraie norme sociale. {Même quand elles sont conscientes des répercussions physiques et psychologiques pour leurs filles,} 
[certaines familles préfèrent poursuivre la tradition pour] ne pas les marginaliser[. En effet, les filles non excisées peuvent subir des sanctions sociales :] être exclues des cérémonies du village, être exclues de la communauté, ne pas pouvoir faire à manger pour les autres, ne pas pouvoir se marier... 
[La pratique est également poursuivie car elle permettrait aux femmes] {d’être plus belles} [ou] {d’avoir plus d’enfants.}
Mais l’excision, comme l’infibulation, sont des pratiques très risquées, à court ou à long terme [: on peut par exemple penser] {aux douleurs intenses,} aux hémorragies, {aux infections} [ou] aux fistules. L’excision peut même être mortelle.

On estime que chaque année, deux millions de jeunes filles en sont victimes. {En Afrique, 1 femme sur 3 est touchée par cette pratique.}
Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île-de-France
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Attention

Faites la dernière activité pour vérifier si vous êtes à même de raconter une expérience, comme Sister Fa le fait dans ce document.

Bravo

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Sachez que toutes les informations du texte sont exactes. Prenez le temps de les noter, elles pourront vous servir pour intervenir dans un débat sur le sujet.
Observez cette carte pour savoir quels sont les pays du monde qui pratiquent le plus l’excision. N’hésitez pas à cliquer sur les pays pour avoir de plus amples informations.
Cette activité vous permet de recueillir de nombreuses informations sur l’excision. Toutes les informations du texte, même celles qui sont données par Sister Fa, sont exactes. Pensez à les noter : elles pourront vous être utiles lors d’un débat sur le sujet.
Observez cette carte pour savoir quels sont les pays du monde qui pratiquent le plus l’excision. N’hésitez pas à cliquer sur les pays pour avoir de plus amples informations.
Lisez la correction puis faites la dernière activité : vous vérifierez si vous êtes à même de raconter une expérience, comme Sister Fa le fait dans ce document.
Sister Fa, artiste
Je m’appelle Fatou Mandiang Diatta, je suis artiste activiste, d’où le nom Sister Fa ; je suis Sénégalaise d’origine et j’habite en Allemagne, à Berlin, où je réside depuis plusieurs années. Je suis plutôt rebelle pour la cause des femmes. Chaque jour, y a un nouveau problème, une cousine qu’on marie par force1. Tout le monde est contre mais on n’y peut rien parce que c’est la décision de l’oncle. Ou bien, voilà, la tante, elle est battue par son mari et ne peut pas divorcer parce que tout simplement c’est pas bon, ça ne se fait pas chez nous. Donc ce sont des choses qui t’amènent à penser, à réfléchir et si tu te sens seule tu commences à écrire là-dessus.
 
[Extrait de hip-hop au 104, Centre culturel de la ville de Paris]
 
J’ai été excisée avant même d’aller à l’école donc j’étais très jeune. Je ne me rappelle pas vraiment de mon âge mais je me rappelle vraiment du trauma qui est toujours dans moi2. On grandit avec, on se pose des questions, et j’avoue que c’est au moment où j’ai quitté le Sénégal pour aller en Europe que j’ai eu plus de courage de pouvoir y réfléchir et faire des recherches pour mieux comprendre ce problème qu’est l’excision. Mon voisin excise ; elle, elle excise ; moi aussi, je dois exciser. Si je n’excise pas, tout le monde dira : « Son enfant n’est pas excisée. » Tu ne peux pas saluer les personnes âgées, tu ne peux pas cuisiner pour que les gens mangent, tu ne peux pas traverser certains endroits, tu ne peux pas participer aux fêtes et aux cérémonies du village, sans oublier que tu vas pas te marier là-bas parce que personne ne voudra de toi. Donc, quelle mère aussi pourra vraiment supporter de laisser son enfant être marginalisée de la sorte dans sa propre communauté ? Chaque année, c’est deux millions de petites filles qui sont victimes, que ce soit de l’excision ou de l’infibulation, qui ont des conséquences à court terme et à long terme. D’où, on peut parler de l’hémorragie aux fistules, jusqu’à la mort.
 
[Extrait de hip-hop au 104, Centre culturel de la ville de Paris]
 
Dans les salles de classe, je commence toujours par une présentation et puis je leur demande : « Savez-vous pourquoi je suis là ? » Ils disent : « Ah tu es là pour lutter contre… » Je dis : « Non, je ne suis pas là pour lutter, je suis là pour sensibiliser, je suis là pour partager, pour apprendre aussi. » Dès qu’ils me citent le droit d’être protégés contre toutes formes de violence, on s’arrête à ce point. Alors, de quelles sortes de violences pouvez-vous être sujets ? Eux-mêmes, ils disent l’excision des fois. C’est une façon tout d’abord de briser le tabou, de leur donner la parole et de les écouter. Dans la région de Saint-Louis, à Podor, j’ai été agressée. C’est le calife même qui a envoyé des hommes qui sont venus dans la classe. C’aurait été des femmes, je m’aurais sentie vraiment mal3. Mais c’était des hommes. Donc les femmes, je suis sûre et certain4, qu’elles seraient vraiment très fières de voir qu’il y a une des leurs qui vient pour parler de leurs droits.



  1. De force.
  2. En moi.
  3. Ça aurait été des femmes, je me serais sentie vraiment mal.
  4. Sûre et certaine
 

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