Diplôme de français des relations internationales B1 Intermédiaire

Quand la Francophonie s'engage au féminin : Sister Fa

Au Sénégal, le hip-hop représente bien plus qu’une musique et une danse. Il peut servir bien des causes. C’est ce que Sister Fa a compris et met en pratique. Mais qui est-elle et quelle cause défend-elle ?
Écoutez le document et remettez les séquences dans l’ordre.

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 Du Sénégal à l’Allemagne : qui est Sister Fa ?
 Une expérience personnelle traumatisante
 Une pratique traditionnelle et largement répandue
État des lieux : chiffres et conséquences de cette pratique
  La volonté d'informer et d'échanger avec un jeune public
 Les risques et les satisfactions liés à cette implication
Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île-de-France

Certaines phrases sont correctement ordonnées entre elles et nous les regroupons pour la suite de l'exercice.

Attention

Relisez attentivement les amorces et les propositions de réponse. Attention, il s’agit de comprendre la chronique dans sa globalité : vous devez par exemple repérer le thème général, le sujet et l’objectif.
Soyez attentif (-ive) aux incrustations (= les textes qui apparaissent à l’écran) : ils vous aident à répondre à certaines questions.

Bravo

Vous avez retrouvé la structure du document et vous êtes certainement à même maintenant de répondre aux deux questions de départ. Sister Fa est une chanteuse et la cause qu’elle défend à travers le hip-hop est celle des femmes et plus particulièrement la lutte contre l'excision à travers des actions de sensibilisation.
Passez à l’activité suivante pour mieux comprendre qui est Sister Fa et son action citoyenne.
Cette activité est une première étape dans la compréhension du document. Elle vous permet de travailler sur sa globalité en retrouvant l’ordre des sujets abordés.
Lisez la correction et passez à l’activité suivante pour mieux comprendre qui est Sister Fa et son engagement.
Sister Fa, artiste
Je m’appelle Fatou Mandiang Diatta, je suis artiste activiste, d’où le nom Sister Fa ; je suis Sénégalaise d’origine et j’habite en Allemagne, à Berlin, où je réside depuis plusieurs années. Je suis plutôt rebelle pour la cause des femmes. Chaque jour, y a un nouveau problème, une cousine qu’on marie par force1. Tout le monde est contre mais on n’y peut rien parce que c’est la décision de l’oncle. Ou bien, voilà, la tante, elle est battue par son mari et ne peut pas divorcer parce que tout simplement c’est pas bon, ça ne se fait pas chez nous. Donc ce sont des choses qui t’amènent à penser, à réfléchir et si tu te sens seule tu commences à écrire là-dessus.
 
[Extrait de hip-hop au 104, Centre culturel de la ville de Paris]
 
J’ai été excisée avant même d’aller à l’école donc j’étais très jeune. Je ne me rappelle pas vraiment de mon âge mais je me rappelle vraiment du trauma qui est toujours dans moi2. On grandit avec, on se pose des questions, et j’avoue que c’est au moment où j’ai quitté le Sénégal pour aller en Europe que j’ai eu plus de courage de pouvoir y réfléchir et faire des recherches pour mieux comprendre ce problème qu’est l’excision. Mon voisin excise ; elle, elle excise ; moi aussi, je dois exciser. Si je n’excise pas, tout le monde dira : « Son enfant n’est pas excisée. » Tu ne peux pas saluer les personnes âgées, tu ne peux pas cuisiner pour que les gens mangent, tu ne peux pas traverser certains endroits, tu ne peux pas participer aux fêtes et aux cérémonies du village, sans oublier que tu vas pas te marier là-bas parce que personne ne voudra de toi. Donc, quelle mère aussi pourra vraiment supporter de laisser son enfant être marginalisée de la sorte dans sa propre communauté ? Chaque année, c’est deux millions de petites filles qui sont victimes, que ce soit de l’excision ou de l’infibulation, qui ont des conséquences à court terme et à long terme. D’où, on peut parler de l’hémorragie aux fistules, jusqu’à la mort.
 
[Extrait de hip-hop au 104, Centre culturel de la ville de Paris]
 
Dans les salles de classe, je commence toujours par une présentation et puis je leur demande : « Savez-vous pourquoi je suis là ? » Ils disent : « Ah tu es là pour lutter contre… » Je dis : « Non, je ne suis pas là pour lutter, je suis là pour sensibiliser, je suis là pour partager, pour apprendre aussi. » Dès qu’ils me citent le droit d’être protégés contre toutes formes de violence, on s’arrête à ce point. Alors, de quelles sortes de violences pouvez-vous être sujets ? Eux-mêmes, ils disent l’excision des fois. C’est une façon tout d’abord de briser le tabou, de leur donner la parole et de les écouter. Dans la région de Saint-Louis, à Podor, j’ai été agressée. C’est le calife même qui a envoyé des hommes qui sont venus dans la classe. C’aurait été des femmes, je m’aurais sentie vraiment mal3. Mais c’était des hommes. Donc les femmes, je suis sûre et certain4, qu’elles seraient vraiment très fières de voir qu’il y a une des leurs qui vient pour parler de leurs droits.



  1. De force.
  2. En moi.
  3. Ça aurait été des femmes, je me serais sentie vraiment mal.
  4. Sûre et certaine
 

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