Mieux se comprendre B1 Intermédiaire

L'importance du groupe ou de l'individu

D’une culture à l’autre, l’unité sociale de référence varie : la préférence peut être donnée au groupe ou à l’individu.
Pour illustrer cette différence, découvrons un extrait du roman d’Amélie Nothomb, Stupeur et tremblements. Dans cet extrait, la narratrice Amélie, embauchée par la puissante firme japonaise Yumimoto, fait une expérience désagréable mais très instructive.
Écoutez l’enregistrement pour comprendre la situation et répondez aux questions.


Qui est M. Saito ?
Le supérieur hiérarchique d’Amélie
L’assistant d’Amélie
L’ami d’Amélie
Qui est M. Omochi ?
(2 réponses)
Le vice-président de la compagnie Yumimoto
L’assistant de M. Saito
Le supérieur hiérarchique de M. Saito
Qui M. Omochi reçoit-il dans son bureau ?
Une délégation d’une société partenaire
Des concurrents de la société Yumimoto
De futurs employés
Quel est le rôle d’Amélie pendant cette visite ?
Elle doit présenter un projet.
Elle doit participer aux négociations.
Elle doit servir le café.
Comment se déroule cette visite ?
Bien.
Mal.
Très différemment selon les points de vue.
Frédérique Treffandier, CAVILAM - Alliance française avec l'IEAP.

nbOk réponse(s) correcte(s) sur nb

Attention

Lisez l’ensemble des questions et des propositions avant de réécouter le début de l’extrait.

Bravo

Tout est une question de point de vue, ou plutôt de perspective culturelle.
Faites l’activité suivante pour bien le comprendre.
Lisez la solution.
Tout est une question de point de vue, ou plutôt de perspective culturelle.
Faites l’activité suivante pour bien le comprendre.
« Un matin, monsieur Saito me signala que le vice-président recevait dans son bureau une importante délégation d’une firme amie :
- Café pour vingt personnes.
J’entrai chez monsieur Omochi avec mon grand plateau et je fus plus que parfaite : je servis chaque tasse avec une humilité appuyée, psalmodiant les plus raffinées des formules d’usage, baissant les yeux et m’inclinant. S’il existait un ordre du mérite de l’ôchakumi, il eût dû m’être décerné.
Plusieurs heures après, la délégation s’en alla. La voix tonitruante de l’énorme monsieur Omochi cria :
- Saito-san !
Je vis monsieur Saito se lever d’un bond, devenir livide et courir dans l’antre du vice-président. Les hurlements de l’obèse résonnèrent derrière le mur. On ne comprenait pas ce qu’il disait, mais cela n’avait pas l’air gentil.
Monsieur Saito revint le visage décomposé. Je ressentis pour lui une sotte bouffée de tendresse en pensant qu’il pesait le tiers de son agresseur. Ce fut alors qu’il m’appela, sur un ton furieux.
Je le suivis jusqu’à  un bureau vide. Il me parla avec une colère qui le rendait bègue :
- Vous avez profondément indisposé la délégation de la firme amie ! Vous avez servi le café avec des formules qui suggéraient que vous parliez le japonais à la perfection !
-  Mais je ne le parle pas si mal, Saito-san.
- Taisez-vous ! De quel droit vous défendez-vous ? Monsieur Omochi est très fâché contre vous. Vous avez créé une ambiance exécrable dans la réunion de ce matin : comment nos partenaires auraient-ils pu se sentir en confiance, avec une blanche qui comprenait leur langue ? A partir de maintenant, vous ne parlez plus japonais.
Je le regardais avec des yeux ronds.
- Pardon ?
- Vous ne connaissez plus le japonais. C’est clair ?
- Enfin, c’est pour ma connaissance de votre langue que Yumimoto m’a engagée !
- Cela m’est égal. Je vous donne l’ordre de ne plus comprendre le japonais.
- C’est impossible. Personne ne peut obéir à un ordre pareil.
- Il y a toujours moyen d’obéir. C’est ce que les cerveaux occidentaux devraient comprendre. » 

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