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Lëk Sèn

Lëk Sèn est un chanteur engagé. Vous voulez connaître ses motivations ?
Écoutez la première partie de son interview (0'46 à 2'06) et cochez la bonne réponse.

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Pour Lëk Sèn, la musique est...
une passion.
une arme.
un divertissement.
Il chante pour...
les Africains révoltés.
tous les Africains.
les jeunes Africains.
L'artiste a envie de...
parler de son continent.
faire connaître sa culture.
faire bouger les choses.
En ce qui concerne son style musical, Lëk Sèn fait plutôt...
du rock.
du rap.
de la musique du monde.
Il définit sa musique comme...
influente.
engagée.
pacifique.

Pour lui, la rastafarisme, c'est...
la paix et l'amour.
la joie et l'amour.
la force et l'amour.
Magali Foulon, CAVILAM - Alliance Française

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Attention

Pour vous aider, voici le sens de certaines expressions utilisées par cet artiste :
« Tout me pète la tête » : tout m'énerve, tout m'agace.
Le rastafarisme est un mouvement mystique, culturel et politique né en Jamaïque et dans les Antilles dans les années 1920.

Bravo

Lëk Sèn pense effectivement que les mots et la musique sont des armes très efficaces pour sauver l'humanité.
Faites l'exercice suivant pour en savoir plus sur les débuts de ce chanteur.
Lisez les réponses pour découvrir les motivations profondes du chanteur : il pense effectivement que les mots et la musique sont des armes très efficaces pour sauver l'humanité.
Faites l'exercice suivant pour en savoir plus sur ses débuts.
L’engagé
Je suis un petit homme, un petit être humain qui fait de la musique et qui se bat et qui considère que la musique peut être une arme pour se battre. Et je suis africain, je suis engagé à parler à propos de l’Afrique, de ceux qui nous font mal. Quand je dis « nous », je parle de nous, les jeunes Africains, on a envie de changer des choses, donc voilà…
Ce qui est ma musique, je fais du blues, du reggae et un peu de rap mais je suis plus dans la musique du monde… voilà quoi.
C’est une musique engagée, une musique qui est là pour parler de l’Afrique, de la libération de l’Afrique parce que nous, on est des jeunes, on est nés en Afrique. Franchement, depuis que je suis né, tout ce que je vois, me pète la tête1, donc je ne peux pas être violent non plus, tuer les autres, assassiner les autres parce que je suis pas bien. La musique, c’est un moyen pour moi de faire la guerre, justement, sans verser le sang de qui que ce soit, tu vois, de faire mon petit combat et voilà, quoi, c’est de ça qu’il s’agit. Je peux montrer le rastafarisme2, tu vois, à tout le monde parce que c’est la paix, l’amour et il y a pas mal de choses dedans, quoi, qui pourrait sauver l’humanité entière.

Débuts
J’ai été rappeur du début. Quand j’ai commencé, j’ai commencé à faire du rap et de la dancehall, reggae dancehall, afrobeat. Mais si vous voulez, même quand je faisais du rap, je faisais du rap un peu « africain » quoi. Quand je dis « africain », on valorisait ce qu’a l’Afrique, c’est-à-dire on mettait des percus3 dans notre rap. On n’a jamais voulu faire un rap américain ou français. On voulait faire notre truc à nous parce que c’est ce qu’on veut montrer au monde entier, ce qu’on a, nous « africain » !
Et j’ai été finaliste du concours RFI en 2007, avec mon groupe SSK. Ça a permis, ça nous a permis aussi d’amener le projet plus loin que ça, quoi !
J’ai écouté beaucoup, beaucoup Burning Spear4 par exemple. Pour moi, c’est une idole et Clinton Fearon5 avec qui j’ai fait des morceaux aussi pour mon projet. J’ai écouté beaucoup The Gladiators6,  toutes les anciennes reggae men7 et du côté africain, j’ai écouté beaucoup de blues.

L’autre Afrique
Si vous voulez, moi, je parle beaucoup avec les Africains. Je suis le contraire du reggae man qui dit « laissez l’Afrique tranquille ! » Je suis le contraire du reggae man pourtant je suis un rasta8. Moi, je suis là pour dire à mes frères, les Africains, je ne parle pas aux Européens en disant « ouais, laissez l’Afrique libre ! » Non, l’Afrique n’est pas emprisonnée par l’Europe et par les Européens. L’Afrique est emprisonnée par les Africains. Ils se sont mis les chaînes, ils l’ont bloquée, ils ont jeté les clés et ils ne veulent plus les retrouver parce qu’ils kiffent9 la pauvreté, ils kiffent l’esclavage, j’ai l’impression. Il y a pas mal de gens qui ne veulent pas être libres, même si on leur propose la liberté, ils vont dire « non » parce qu’ils sont habitués à vivre dans le régime colonialiste. Je suis là pour leur dire que le problème, c’est vous-mêmes parce que dans votre façon de faire, parce que je suis africain, je viens d’Afrique. Rien que de manger ce sandwich et de le jeter par terre, on te dit, tu dis  « ouais, c’est l’Afrique ». Ça veut dire on est des merdes. C’est cette façon de penser, en se disant si je vais pas en Europe, je vais jamais réussir, je vais jamais être quelqu’un. C’est une pensée… ça va pas vraiment… sans parler de ouais les Européens, ils viennent ici… Mais non ! Le problème, c’est nous-mêmes !

Un petit air de français
Je suis un homme qui aime s’adapter, c’est-à-dire, quand je suis intéressé, je m’en fous pas10.
Quand je vais dans un pays, c’est pour apprendre ce que j’ai pas, c’est pour évoluer, c’est pour grandir. Donc, forcément, il y a des choses qui rentrent dans ma vie peut-être inconsciemment, mais je vis en France depuis 6 ans, je parle en français au quotidien et puis la façon dont je m’exprime aujourd’hui, ça s’est amélioré parce que quand j’étais là-bas, je parlais pas comme je parle aujourd’hui parce qu’aujourd’hui, j’ai la chance de côtoyer des Français et de vivre avec les Français et d’apprendre aussi leur culture, leurs valeurs, tu vois, il y a pas mal de choses, voilà. Donc je peux dire que voilà, il y a un côté français dans ma musique parce que je travaille avec des Français en plus.
 

1 : m’énerve, m’agace
2 : mouvement mystique, politique, culturel des Noirs de la Jamaïque et des Antilles anglophones
3 : des percussions
4 : chanteur et musicien de reggae né en Jamaïque en 1945.
5 : chanteur et musicien jamaïcain de reggae, né à Kingston en 1941.
6 : groupe de reggae jamaïcain formé en 1967
7 : tous les anciens reggae men
8 : adepte du rastafarisme
9 : aiment
10 : je ne m’en moque pas

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