Diplôme de français des relations internationales B1 Intermédiaire

La voix des femmes

Marie Arena commente deux évènements qui permettent aux femmes de faire entendre leur voix dans la société européenne.
Écoutez l'émission puis complétez les résumés avec les propositions correctes.
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♦ La Convention d'Istanbul
C'est un outil politique qui permet de lutter contre les violences faites aux femmes. Pour fonctionner, la convention doit être signée et approuvée par tous les États parties. Ceux-ci promettent de travailler plus avec la justice, mais aussi avec les médecins. Cette convention permet aussi d'éduquer la population en la sensibilisant à ce problème. Elle représente un engagement politique important car elle contient un plan d'action concret pour aider les femmes.
♦ Le mouvement #MeToo
C'est un mouvement né aux États-Unis qui a rapidement gagné l'Europe. Il a permis de libérer la parole des femmes. Grâce à lui, elles se sentent enfin entendues. On constate que le nombre de plaintes déposées dans les associations qui soutiennent les femmes a beaucoup augmenté depuis le début de cette campagne. Pour certaines d'entre elles, c'est un moyen d'être enfin reconnues comme victimes.

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Attention

Réécoutez attentivement Marie Arena. Ses propos ont été un peu reformulés mais les mots importants ont été gardés.
De plus, ils suivent l'ordre de l'émission.

Bravo

Comme nous l'explique Marie Arena, les femmes sont de plus en plus entendues. Malgré cela, il y a encore de très fortes résistances dans la société. Pour en savoir plus à ce sujet, faites l'exercice 3. 
Relisez la solution pour bien comprendre la signification de la Convention d'Istanbul et du mouvement #MeToo pour la lutte contre les violences faites aux femmes en Europe.

Comme nous l'explique Marie Arena, les femmes sont de mieux en mieux entendues. Malgré cela, il y a encore de très fortes résistances dans la société. Pour en savoir plus à ce sujet, faites l'exercice 3.
Conception : Sabrina Fecchio, Alliance française de Bruxelles-Europe avec le Français des affaires , CCI Paris-Île-de-France
Publié le 09/07/2019 - Modifié le 07/02/2020
Paul Germain, journaliste
Mais d’abord, c’est quoi, cette Convention d’Istanbul[1] ?
Marie Arena, eurodéputée belge dans le groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, ancienne ministre en Belgique
Alors la Convention d’Istanbul, c’est un outil qui permet de lutter contre la violence faite aux femmes, et c’est un outil qui doit être ratifié par les États parties qui dit que ces États vont mettre en place des plans complets de violence, de lutte contre la violence. Et donc, c’est à la fois travailler avec la justice, donc une justice mieux équipée pour travailler sur les plaintes, mais également avec la police, les médecins, mais aussi l’éducation, la sensibilisation à ce phénomène qui est un vrai fléau aujourd’hui en Europe : une femme sur trois vit cette violence, et plus particulièrement à l’intérieur des couples, donc la violence intra conjugale est très présente. Et donc un outil tel que celui-là permet vraiment un engagement politique majeur et d’autre part un vrai plan d’action qui permet de lutter contre un fléau qui, à la fois est inexplicable, est injustifiable, mais également a un coût énorme pour la société. Aujourd’hui, la société européenne est vraiment frappée par cette injustice à l’égard des femmes.
Paul Germain
Mais tous les pays de l’Union européenne ont signé cette convention, est le problème ?
Marie Arena
Alors aujourd’hui, cette convention est signée effectivement par les pays, mais certains pays ne veulent pas la ratifier. Et on voit par exemple la Bulgarie aujourd’hui, qui pour des raisons soi-disant de défense des traditions, ne veut pas signer une Convention d’Istanbul qui remet un peu la femme dans une position qui est une position d’égal à égal. Et donc aujourd’hui, la Bulgarie n’entend pas considérer la femme dans une position d’égal à égal et donc de mettre en place des plans de lutte contre la violence à leur égard.
Paul Germain
Le mouvement #MeToo[2est apparu il y a un an, quasiment un an, aux États-Unis d’abord et il s’est étendu en Europe. C’est un véritable mouvement de libération qui a été nécessaire ?
 
Marie Arena
Alors, bien sûr, c’est un, d’une part, c’est la libération de la parole et c’est important que les femmes se sentent entendues par rapport à ces violences, et donc le mouvement #MeToo est important pour libérer cette parole, et c’est universel, ça traverse les océans, c’est sur tous les continents. Donc, je pense que c’est important. D’ailleurs, on voit que, au sein des associations qui sont les réceptrices des plaintes de ces femmes, eh bien, il y a une explosion des plaintes, aujourd’hui, qui sont déposées à l’intérieur de ces associations. Et donc, ça montre bien que #MeToo a donné la voix à un certain nombre de personnes, de femmes, qui hier n’osaient pas dire qu’elles étaient victimes.
Paul Germain
Mais vous avez publié une tribune dans laquelle vous dites que des stratégies, aujourd’hui, se mettent en place contre ce mouvement. Et parfois, ça vient des femmes elles-mêmes.
Marie Arena
Bien sûr, c’est ce qu’on appelle le « backlash »[3]. Donc, c’est-à-dire, à un moment donné, quand un mouvement prend de l’ampleur, quand il y a des changements qui apparaissent grâce à ce mouvement, eh bien, il y a des réticences qui s’organisent. Et, aujourd’hui, on vit ça. Par exemple, ici, à l’intérieur du Parlement européen, nous avons aussi mené une campagne #MeToo pour défendre les personnes qui, à l’intérieur du Parlement, seraient ou sont victimes de harcèlement, eh bien, on voit, par exemple, que la Conférence des présidents[4], qui est composée majoritairement d’hommes, eh bien a du mal à prendre les dispositions pour protéger effectivement ces victimes contre le harcèlement. Donc, on voit vraiment qu’il y a des stratégies de résistance qui se mettent en place quand des mouvements tels que ceux-là voient le jour. Et on doit, dans ces cas-là, être encore plus, je dirais, vigilantes, encore plus combatives, encore plus militantes, pour pouvoir continuer la marche qui est en cours pour la voix des femmes.
 
[1Traité international sur les droits de l'homme adopté par le Conseil de l'Europe pour la protection contre la violence contre les femmes et violence domestique le 11 mai 2011 à Istanbul. 
[2] Hashtag (« moi aussi ») diffusé sur les réseaux sociaux en octobre 2017 pour dénoncer l'agression sexuelle et le harcèlement.
[3] Contrecoup, conséquencevdésagréable et inattendue d'une action.
[4] Organe chargé de fixer l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour déterminer les projets et propositions de lois à discuter. 

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