Diplôme de français des relations internationales B1 Intermédiaire

Dans les arcanes de la diplomatie

Dans le webdocumentaire « Confidences d’ambassadeur », des diplomates font part de leur expérience.
Regardez le document et choisissez les bonnes réponses.

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Dans cette interview, le diplomate évoque...
une négociation difficile.
une rencontre marquante.
un sommet international.
Au moment des faits, il était...
représentant permanent de la France auprès de l'ONU.
ambassadeur de France aux États-Unis.
directeur général des affaires politiques au ministère des Affaires étrangères.
La crise évoquée a eu lieu...
au printemps 2011.
en été 2014.
à l'automne 2013.
La zone de crise concernée se situait...
en Libye.
en Afghanistan.
en Irak.
Les trois pays impliqués dans l’anecdote sont...
la France et la Grande-Bretagne d'une part et les États-Unis d'autre part.
la France et les États-Unis d'une part et la Grande-Bretagne d'autre part.
la France d'une part et la Grande-Bretagne et les États-Unis d'autre part.
Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île-de-France

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Gérard Araud, ambassadeur représentant permanent auprès des Nations Unies (2006-2014)

Il est très important que lorsque la France ou lorsque d’autres pays jugent qu’une opération militaire est nécessaire, de se tourner vers le Conseil de sécurité pour obtenir cette autorisation. 
Nous sommes au printemps 2011, les troupes libyennes marchent sur Benghazi, Kadhafi annonce tous les jours à la radio que des fleuves de sang vont couler, la France et le Royaume-Uni cherchent au Conseil de sécurité l’autorisation de l’usage de la force pour arrêter l’avance de Kadhafi. Donc avec mon collègue britannique, nous présentons un texte de résolution et nous commençons une négociation. Et cette négociation est d’autant plus difficile que nos alliés traditionnels, les Américains, au Conseil de sécurité, restent en réalité silencieux, alors qu’évidemment nous nous heurtons à la résistance des Russes et des Chinois. L’affaire sur le terrain devient de plus en plus sérieuse. Et donc, un lundi, je reçois instruction par téléphone, de la présidence de la République, de présenter le texte au vote, en tout état de cause, le jeudi. Silence américain. Et le mardi, au moment où je rentre à la résidence, je suis en voiture, vers huit heures du soir, coup de téléphone de ma collègue américaine, Susan Rice, qui me dit : « Il est hors de question que vous présentiez un texte ! We don’t want to be drag into your shitty war ! Nous ne voulons pas être entraînés dans votre guerre de merde parce que nous savons très bien que, si la guerre commence avec les Français et les Britanniques, nous serons obligés de vous soutenir, donc il est hors de question d’accepter votre texte ! » Je suis obligé de répondre que j’ai des instructions du président de la République, que la France n’est pas une filiale des États-Unis, France is not a subsidiary of the United States, et que, en tout état de cause, nous mettrons le texte au vote, sauf si le Président Obama naturellement appelle le président français de la République et que celui-ci me donne des instructions inverses. Je rentre à la résidence ; de la résidence, j’envoie un télégramme à Paris pour annoncer que nous avons quand même un petit problème. Sur le moment d’aller me coucher lorsqu’à onze heures et demie, ma collègue américaine m’appelle en me disant : « OK, nous allons vous soutenir mais nous allons vous soutenir, mais en plus nous voulons que le texte soit un texte encore plus précis, qui nous donne vraiment les moyens de frapper les forces libyennes. » Alors, le lendemain matin, j’avais un petit déjeuner avec mon collègue britannique qui était à ce point surpris qu’il a pensé un moment que c’était une manœuvre des Américains qui, en chargeant la barque, voulaient un échec du vote et ce qui aurait permis de dire ensuite qu’ils avaient soutenu notre projet mais que notre projet n’avait pas abouti. En réalité, cette analyse machiavélique n’était pas la bonne ; c’était vraiment un changement de position américaine à 180 degrés, et cela en trois heures. J’ai appris plus tard qu’il y avait eu une vidéoconférence entre ma collègue américaine, le Président Obama, la secrétaire d’État américaine, et que les autorités américaines avaient compris que simplement il était impossible de laisser Kadhafi prendre Benghazi, que politiquement, moralement, ça aurait été un désastre. Et donc, pour moi ce fut une expérience très forte parce que nous avons prouvé que, par la volonté, nous pouvions faire évoluer la position américaine. Et je crois que les conséquences en ont été très positives, c’est-à-dire que nous avons évité le pire à Benghazi.
 

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