Courts métrages A1 Débutant

Émilie Muller

Regardez l’extrait. Répondez aux questions par Oui ou Non.
CourtMetrage-EmilieMuller-Video

Elle s’appelle Émilie Muller ?
Oui
Non
Elle s’appelle Émilie Buller ?
Oui
Non
Elle est blonde ?
Oui
Non
Elle est brune ?
Oui
Non
Elle est jeune ?
Oui
Non
Elle est vieille ?
Oui
Non
Elle parle avec une femme ?
Oui
Non
Elle parle avec un homme ?
Oui
Non
Le film est en noir et blanc ?
Oui
Non
Le film est en couleur ?
Oui
Non
Stéphanie Bara, CAVILAM - Alliance française

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Attention

Pour faire cet exercice : écoutez ET regardez le film.

Bravo

Dans cet exercice, vous rencontrez Émilie Muller, l'héroïne du film.
Dans cet exercice, vous rencontrez Émilie Muller, l'héroïne du film.
Assistant : Bonjour… Émilie.
Réalisateur : Merci.
Émilie : Bonjour.
Réalisateur : Bonjour, asseyez-vous. Vous vous appelez comment ?
Émilie : Émilie Muller.
Réalisateur : C’est votre vrai nom ?
Émilie : Oui.
Réalisateur : Vous êtes comédienne ?
Émilie : J’ai joué un petit rôle une fois au théâtre, il y a très longtemps, mais on ne peut pas appeler ça comédienne.
Réalisateur : C’est tout ?
Émilie : Oui.
Réalisateur : Pas de films ?
Émilie : Non, jamais.
Réalisateur : Des auditions ?
Émilie : Non, c’est la première fois.
Réalisateur : Pas d’école ? Pas de cours d’art dramatique ?
Émilie : Heu… non, je suis désolée.
Réalisateur : Comment vous avez appris qu’on cherchait une comédienne ?
Émilie : C’est une amie, elle voulait que je l’accompagne. Elle a beaucoup insisté. Puis, finalement, c’est elle qui n’est pas venue.
Réalisateur : Vous êtes venue quand même.
Émilie : Oui, à cause de l’histoire, enfin le scénario. Cet homme coincé dans une pièce et cette femme qui court le monde à sa place, ça m’a… ça m’a beaucoup touchée.
Réalisateur : Est-ce que vous pourriez me montrer ce qu’il y a dans votre sac, dans votre sac à main ?
Émilie : Dans mon sac ?
Émilie : Ah si, d’accord.
Réalisateur : Vous trouvez peut-être ça indiscret ?
Émilie : Non. Non, pas du tout. En fait, vous voulez que je vide mon sac.
Réalisateur : Mmm…
Émilie : Je fais comment ?
Réalisateur : Vous tirez un objet au hasard, et puis vous me racontez ce que ça fait dans votre sac, ce que ça vous évoque. D’accord, on va tourner. Tout le monde est prêt ? Moteur !

Des assistants : Ça tourne! Annonce! Émilie Muller, première !

Émilie : Bon, j’y vais, là ? Vous savez, il n’y a rien d’extraordinaire. Un porte-monnaie. Un poudrier.
Ce matin, en venant ici, j’ai traversé un marché. Il y avait des fruits de toutes les couleurs, et des pommes… des pommes rouges et vertes. Comme je m’étais arrêtée pour les regarder, le marchand en a pris une et me l’a donnée, voilà.
Réalisateur : C’est quoi ?
Émilie : Ça ? Des petites annonces.
Réalisateur : Vous cherchez quelque chose ?
Émilie : En ce moment, rien. Mais ça m’arrive de chercher du travail, oui.
Réalisateur : Quel genre de travail ?
Émilie : En fait, j’en change tout le temps. Femme de chambre, baby-sitter, serveuse dans un bar, documentaliste… En ce moment, je suis correctrice dans une maison d’édition. Ça me plaît beaucoup. Le défaut, c’est que dans un texte, je ne vois plus que les défauts, justement. C’est fou, quand on est un peu curieux, ce qu’on peut trouver dans les petites annonces. Et puis, je trouve que c’est tellement formidable de… de savoir que quelques mots dans un journal peuvent changer une vie. J’aime bien lire les annonces de maisons aussi, parce que je rêve d’avoir une maison à moi. Oh, pas grand-chose, une petite maison, tout au fond d’une forêt, ça me suffirait. Mais, une maison où je pourrais aller quand j’en ai envie, où je pourrais amener des amis, où l’on pourrait boire, écouter de la musique jusque très tard dans la nuit. Quand je lis l’annonce d’une maison, j’imagine aussitôt la vie que je pourrais y mener parce que, bon, une maison, c’est forcément le début d’une nouvelle vie; je veux dire des odeurs différentes, des couleurs nouveaux… nouvelles ? Ou alors la solitude. Totale. Rien, personne à qui parler. Je rêve de ça quelquefois.
Réalisateur : Ça ne vous fait pas peur ?
Émilie : Oh non, pas du tout. Très tôt, mes parents m’ont appris à rester seule. Ils me laissaient des après-midis entiers, avec un livre, oui. Mais je n’ai pas le souvenir d’avoir eu peur, non jamais. Ah, une bague. C’est un très vieil ami qui me l’a donnée. C’était… c’était à sa mère qui est morte. Je n’ai jamais pu la mettre.
Réalisateur : Pourquoi ?
Émilie : C’est trop lourd à porter. …
Émilie : Un billet d’avion.
Réalisateur : Un vieux billet ?
Émilie : Non, un billet neuf, qu’un ami m’a envoyé. Paris-Nice aller-retour. Je ne sais pas si j’irai.
Réalisateur : Et pourquoi ça ?
Émilie : Il m’a dit qu’il avait là-bas un appartement tout blanc qui donne sur la mer. Comme dans un tableau de… Non, en fait, ce serait pour aller voir une tombe.
Réalisateur : Une…?
Émilie : Une tombe. Vous savez, une tombe. Parce que tout au bout de la ville, il y a un cimetière paraît-il, tout blanc. Matisse, le peintre Matisse, est enterré là. Sa tombe est nue, avec un bouquet de fleurs rouges, toujours les mêmes. Quelqu’un, on ne sait pas qui, une femme peut-être, vient les changer tous les jours. Quand il m’en a parlé, je lui ai dit que j’avais très envie de voir cette tombe, alors voilà, hier, j’ai reçu ce billet. Mais bon, si je pars, j’ai peur de ne pas revenir. Un petit carnet, pour noter.
Réalisateur : Pour noter quoi ?
Émilie : Une histoire, un bout de rêve, une phrase que j’ai lue dans un livre. Je passe mon temps à noter, c’est une manie absurde.
Réalisateur : Pourquoi absurde ?
Émilie : Parce que ça ne sert à rien. Ce qui compte vraiment, c’est inutile de le noter, on s’en souvient.
Réalisateur : Et c’est votre journal, aussi ?
Émilie : Ça, oui. J’écris tous les jours, je m’oblige à écrire tous les jours. C’est comme un travail. J’écris ce que je vois, ce que je fais, les gens que je rencontre, tout. 

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