Diplôme de français des relations internationales B2 Avanzado

L'aide internationale : un cadeau empoisonné ?

Au cours de l’interview, le ton du professeur Diarra n’est pas monocorde ; il évolue en fonction des sentiments éprouvés.
Écoutez les extraits et retrouvez le sentiment exprimé.
Glissez-déposez les éléments Help on how to respond the exercice
FRI-B2-Internationales-Diarra-video
1.  : la colère
2.  : l’impatience (mêlée d'agacement)
3.  : la conviction
4.  : la reconnaissance et une certaine forme d’admiration
5.  : une certaine forme d'abattement face au constat

la surprise
la mélancolie
nbOk elemento (s) correctamente colocado (s) de nb
Cuidado
Avant de réécouter les extraits, assurez-vous de bien comprendre le nom des sentiments proposés.
Appuyez-vous aussi sur les mots utilisés.
¡Enhorabuena!
Vous avez parfaitement identifié les sentiments éprouvés par le professeur Mamadou Bocary Diarra au cours de l’interview et qui révèlent la passion qui l'anime au quotidien.
Vous l’avez compris, lors d’un entretien, il est important de ne pas s’exprimer sur un ton monocorde pour garder l’attention de son public et faire passer son message.
 
Regardez l’émission dans son intégralité pour en savoir plus sur le combat mené par cet homme d’exception.
Cette activité vous permet de comprendre la passion et l’implication du professeur Mamadou Bocary Diarra dans son travail, à travers la passion qui anime ses propos.
Lisez la solution, et n’oubliez pas : lors d’un entretien, il est important de ne pas s’exprimer sur un ton monocorde pour garder l’attention de son public et faire passer son message.

Regardez l’émission dans son intégralité pour en savoir plus sur le combat mené par cet homme d’exception.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 25/12/2019 - Modified on 07/02/2020
Françoise Joly, journaliste
Pour rebondir par rapport à votre réponse sur ce que vous demandait Maryline Baumard, du Monde, cette absence de structure en Afrique, c’est parce qu’il y a pas d’énergies qui se mobilisent sur le continent ? Le Président ghanéen dit « On doit pouvoir se mobiliser nous-mêmes ! ».
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Je ne jette la pierre à personne, mais le président ghanéen dit très bien qu’il est temps de relever la tête et d’assumer nos responsabilités nous-mêmes. Ça, c’est fondamental. Il est hors de question de passer toute notre vie à pleurnicher sur une colonisation qui n’est plus d’actualité. Il n’y a pas un seul peuple qui n’ait pas été colonisé. Comme le dirait Obama, ce n’est pas un problème de tomber, le plus difficile, c’est de se relever. Beaucoup de peuples se sont relevés d’eux-mêmes. Si vous prenez le cas de la Corée du sud, c’était un pays en voie de développement il y a à peu près trente ans. Rien n’existait. C’est un pays qui montre au monde entier ce que vaut la détermination des peuples pour aller de l’avant. L’Afrique doit cesser de pleurnicher sur elle-même. La Chaîne de l’Espoir nous a mis les pieds à l’étrier[1]. Nous avions besoin de cela pour démarrer, mais cela ne peut pas être une fin en soi. Cela ne peut pas être une fin en soi. Il est temps de s’organiser à l’intérieur de nos pays pour nous prendre en charge nous-mêmes, surtout prendre en charge nos enfants. Ça, c’est fondamental.
Sophie Malibeaux, RFI
Vous attendez de la part des pouvoirs publics ou vous attendez de la part du privé qu’il se mobilise ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
J’attends de la part du pouvoir public, je n’en ai aucun doute parce que nous avons un ministre qui est sorti du sérail, qui est chercheur ; je suis certain qu’il a les outils nécessaires pour mettre en œuvre une politique digne de ce nom ; j’attends aussi de la part du privé, des organisations non gouvernementales sur place, maliennes ou africaines, pour que nous nous donnions la main. Le tout, c’est d’expliquer aux uns et aux autres le bien fondé. Et le bien fondé de ceci, ça ne fait l’objet d’aucun doute. 
Maryline Baumard, Le Monde
Donc, ça veut dire que là, vous avez demandé que votre hôpital s’intègre dans le dispositif national de santé.
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Notre hôpital…
Maryline Baumard, Le Monde
Qu’est-ce que qu’on vous a répondu ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Notre hôpital est déjà intégré…
Maryline Baumard, Le Monde
Au niveau financement pour votre bloc opératoire.
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Est déjà intégré dans le… Je voudrais que le regard se tourne davantage, parce que maintenant, la structure qui vient d’être créée est au-delà des capacités de l’hôpital en matière de fonctionnement. Il faut que l’État regarde, il faut que les caisses d’assurances maladie se mettent à notre disposition, il faut que l’Agence Nationale d’Assistance Médicale nous aide dans notre parcours et même que les dons, qu’on appelle la zâkat[2], des confréries religieuses, puissent au lieu de distribuer à n’importe comment[3], puissent fédérer leurs synergies pour que enfin nous puissions… Je pense que la possibilité existe. Ce n’est pas mon rôle ; mon rôle, c’est d’abord le soin ; mais je me fais un plaidoyer[4] pour que vraiment ceci puisse voir le jour un jour.
Françoise Joly, journaliste
Docteur Diarra, vous avez même été frapper, je crois, à la porte de Mouammar Kadhafi à une époque pour trouver des financements, ça n’avait pas marché. J’ai envie de demander : peu importe d’où vient l’argent quand il s’agit de sauver des vies ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Pas « peu importe », mais peser le pour et le contre. Quand Madame Festoc a fait ce don, j’avais honte, parce que je sais qu’à l’intérieur de mon pays, y a des gens qui auraient pu faire la même chose et qu’ils n’ont pas fait ceci. Qu’elle accepte, avec la volonté de son défunt mari, de donner deux millions d’euros à l’humanité, je dis à l’humanité parce qu’elle n’a pas choisi le Mali.
Sophie Malibeaux, RFI
Pourquoi elle l’a fait selon vous ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Elle croit à l’Homme. C’est une personne généreuse. Elle n’a jamais eu d’enfants ; ça ne l’a pas empêchée d’aller au secours d’autres enfants. Peu importe de quels pays qu’ils soient, peu importe de quelles nationalités qu’ils soient, peu importe de quelles religions qu’ils soient, elle a voulu sauver des enfants.
Maryline Baumard, Le Monde
Mais ce que vous dites en creux, là, c’est que les gens qui ne le font pas aujourd’hui au Mali et qui auraient les moyens de le faire, eux, empêchent le développement du pays ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Ça, c’est absolument certain.
Maryline Baumard, Le Monde
En interne.
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Parce que ça ne sert à rien de prendre l’avion tous les jours pour aller se soigner par-ci, par-là, parce que un jour viendra où vous ne pourrez certainement pas prendre cet avion-là. Il faut que les structures sur place répondent…
Françoise Joly, journaliste
Existent…
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Existent. Et ils feraient mieux d’investir dans les structures sur place.
 


[1] Nous a mis le pied à l’étrier
[2] « Aumône » en arabe, la zakât est le troisième pilier de l’islam. C’est l’obligation pour un musulman de donner chaque année un montant donné de sa richesse personnelle par charité
[3] Être distribuée n’importe comment
[4] Formulation erronée ; plutôt ???

También puede que le guste...