Diplôme de français des relations internationales B2 Avanzado

L'aide internationale : un cadeau empoisonné ?

Le professeur Mamadou Bocary Diarra plaide pour que l’Afrique (re)devienne pleinement maîtresse de son destin.
Écoutez l’interview et retrouvez les mots et expressions qui correspondent aux définitions.
Écrivez la ou les bonnes réponses dans les cases Help on how to respond the exercice
FRI-B2-Internationales-Diarra-video
1. (inf.) Reprendre courage, retrouver espoir – > relever la tête
2. (inf.) Faire face aux conséquences positives ou négatives de ses actes – > assumer ses responsabilités
3. (inf.) Se remettre debout et/ou sortir d’une situation pénible – > se relever
4. (n.f.) Qualité d’une personne volontaire, résolue  – > la détermination
5. (expr.) Se projeter vers l’avenir – > aller de l’ avant
6. (expr.) Aider quelqu’un à réussir son entreprise, donner l'impulsion – > mettre le pied à l’ étrier
7. (expr.) S’occuper de soi-même, se responsabiliser – > se prendre en charge
8. (expr.) Additionner et coordonner les actions qui ont le même objectif – > fédérer les synergies|.y.......
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nbOk2 palabra (s) equivocadamente acentuada (s)
nbKo palabra (s) quedan por corregir
Cuidado
Les extraits sonores vous permettent d’entendre le mot ou l’expression recherchés dans le contexte de l’interview.
La quasi-totalité des mots et expressions sont situés dans la première intervention du professeur Diarra.
Faites attention aux accents.
¡Enhorabuena!
Vous avez parfaitement retrouvé les mots et expressions utilisés par le professeur Mamadou Bocary Diarra pour inciter l’Afrique à prendre son destin en main. Notez le lexique et les définitions que vous ne connaissiez pas pour pouvoir les réutiliser plus tard. Et comme lui, n’hésitez pas à multiplier les mots et expressions qui vont dans le même sens si vous voulez faire passer un message.
 
Faites maintenant la dernière activité pour repérer comment le ton employé par le professeur Mamadou Bocary Diarra durant l’interview traduit les sentiments qu'il éprouve.
Cette activité vous permet d’enrichir votre vocabulaire avec des mots et expressions utiles pour inciter quelqu’un à réagir. Vous noterez d’ailleurs le nombre de synonymes utilisés. Pensez-y quand vous vous exprimez sur un sujet : multiplier les mots et expressions qui vont dans le même sens permet de mieux faire passer un message.
 
Lisez la solution et notez le vocabulaire nouveau.
Faites à présent la dernière activité pour revenir sur les sentiments et les qualités montrés par le professeur Mamadou Bocary Diarra durant l’interview.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 25/12/2019 - Modified on 07/02/2020
Françoise Joly, journaliste
Pour rebondir par rapport à votre réponse sur ce que vous demandait Maryline Baumard, du Monde, cette absence de structure en Afrique, c’est parce qu’il y a pas d’énergies qui se mobilisent sur le continent ? Le Président ghanéen dit « On doit pouvoir se mobiliser nous-mêmes ! ».
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Je ne jette la pierre à personne, mais le président ghanéen dit très bien qu’il est temps de relever la tête et d’assumer nos responsabilités nous-mêmes. Ça, c’est fondamental. Il est hors de question de passer toute notre vie à pleurnicher sur une colonisation qui n’est plus d’actualité. Il n’y a pas un seul peuple qui n’ait pas été colonisé. Comme le dirait Obama, ce n’est pas un problème de tomber, le plus difficile, c’est de se relever. Beaucoup de peuples se sont relevés d’eux-mêmes. Si vous prenez le cas de la Corée du sud, c’était un pays en voie de développement il y a à peu près trente ans. Rien n’existait. C’est un pays qui montre au monde entier ce que vaut la détermination des peuples pour aller de l’avant. L’Afrique doit cesser de pleurnicher sur elle-même. La Chaîne de l’Espoir nous a mis les pieds à l’étrier[1]. Nous avions besoin de cela pour démarrer, mais cela ne peut pas être une fin en soi. Cela ne peut pas être une fin en soi. Il est temps de s’organiser à l’intérieur de nos pays pour nous prendre en charge nous-mêmes, surtout prendre en charge nos enfants. Ça, c’est fondamental.
Sophie Malibeaux, RFI
Vous attendez de la part des pouvoirs publics ou vous attendez de la part du privé qu’il se mobilise ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
J’attends de la part du pouvoir public, je n’en ai aucun doute parce que nous avons un ministre qui est sorti du sérail, qui est chercheur ; je suis certain qu’il a les outils nécessaires pour mettre en œuvre une politique digne de ce nom ; j’attends aussi de la part du privé, des organisations non gouvernementales sur place, maliennes ou africaines, pour que nous nous donnions la main. Le tout, c’est d’expliquer aux uns et aux autres le bien fondé. Et le bien fondé de ceci, ça ne fait l’objet d’aucun doute. 
Maryline Baumard, Le Monde
Donc, ça veut dire que là, vous avez demandé que votre hôpital s’intègre dans le dispositif national de santé.
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Notre hôpital…
Maryline Baumard, Le Monde
Qu’est-ce que qu’on vous a répondu ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Notre hôpital est déjà intégré…
Maryline Baumard, Le Monde
Au niveau financement pour votre bloc opératoire.
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Est déjà intégré dans le… Je voudrais que le regard se tourne davantage, parce que maintenant, la structure qui vient d’être créée est au-delà des capacités de l’hôpital en matière de fonctionnement. Il faut que l’État regarde, il faut que les caisses d’assurances maladie se mettent à notre disposition, il faut que l’Agence Nationale d’Assistance Médicale nous aide dans notre parcours et même que les dons, qu’on appelle la zâkat[2], des confréries religieuses, puissent au lieu de distribuer à n’importe comment[3], puissent fédérer leurs synergies pour que enfin nous puissions… Je pense que la possibilité existe. Ce n’est pas mon rôle ; mon rôle, c’est d’abord le soin ; mais je me fais un plaidoyer[4] pour que vraiment ceci puisse voir le jour un jour.
Françoise Joly, journaliste
Docteur Diarra, vous avez même été frapper, je crois, à la porte de Mouammar Kadhafi à une époque pour trouver des financements, ça n’avait pas marché. J’ai envie de demander : peu importe d’où vient l’argent quand il s’agit de sauver des vies ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Pas « peu importe », mais peser le pour et le contre. Quand Madame Festoc a fait ce don, j’avais honte, parce que je sais qu’à l’intérieur de mon pays, y a des gens qui auraient pu faire la même chose et qu’ils n’ont pas fait ceci. Qu’elle accepte, avec la volonté de son défunt mari, de donner deux millions d’euros à l’humanité, je dis à l’humanité parce qu’elle n’a pas choisi le Mali.
Sophie Malibeaux, RFI
Pourquoi elle l’a fait selon vous ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Elle croit à l’Homme. C’est une personne généreuse. Elle n’a jamais eu d’enfants ; ça ne l’a pas empêchée d’aller au secours d’autres enfants. Peu importe de quels pays qu’ils soient, peu importe de quelles nationalités qu’ils soient, peu importe de quelles religions qu’ils soient, elle a voulu sauver des enfants.
Maryline Baumard, Le Monde
Mais ce que vous dites en creux, là, c’est que les gens qui ne le font pas aujourd’hui au Mali et qui auraient les moyens de le faire, eux, empêchent le développement du pays ?
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Ça, c’est absolument certain.
Maryline Baumard, Le Monde
En interne.
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Parce que ça ne sert à rien de prendre l’avion tous les jours pour aller se soigner par-ci, par-là, parce que un jour viendra où vous ne pourrez certainement pas prendre cet avion-là. Il faut que les structures sur place répondent…
Françoise Joly, journaliste
Existent…
Professeur Mamadou Bocary Diarra, cardiologue, directeur de l'hôpital Mère-Enfant « Le Luxembourg », à Bamako
Existent. Et ils feraient mieux d’investir dans les structures sur place.
 


[1] Nous a mis le pied à l’étrier
[2] « Aumône » en arabe, la zakât est le troisième pilier de l’islam. C’est l’obligation pour un musulman de donner chaque année un montant donné de sa richesse personnelle par charité
[3] Être distribuée n’importe comment
[4] Formulation erronée ; plutôt ???

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