Astuces pour apprendre B2 Avanzado

Astuces pour apprendre : l'interview politique

Abdou Diouf est interviewé par trois journalistes. Et chaque question joue un rôle précis dans le déroulé de l'interview.
Écoutez les questions et retrouvez leur fonction.

Plusieurs réponses sont possibles.
Astuces-InterviewPolitique-Diouf-Video

Faire reformuler, demander une précision
(Tenter d’) Orienter la réponse de l’invité
Approfondir le débat
Relancer le débat sur un autre sujet
Faire reformuler, demander une précision
(Tenter d’) Orienter la réponse de l’invité
Approfondir le débat
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(Tenter d’) Orienter la réponse de l’invité
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Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française
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Cuidado
Pour faciliter votre compréhension d'une interview politique, demandez-vous pourquoi le journaliste pose ces questions-là, à ce moment précis ?

Sachez aussi que les questions 3 et 6 ont deux fonctions.
¡Enhorabuena!
Vous avez parfaitement identifié la fonction des questions.

Rappelez-vous que lors d'une interview, surtout politique, le journaliste a un rôle fondamental à travers ses questions.
Soyez attentif / attentive à l'intention cachée derrière chaque question :
- mettre l'invité à l'aise ou au contraire le déstabiliser,
- faire préciser ou reformuler,
- orienter le débat...

Ce n'est pas le cas ici mais certaines questions peuvent également avoir pour but de mettre l’invité à l’aise ou de (tenter de) déstabiliser l'invité.
Cette activité vous permet de vous interroger sur la fonction des questions.
Regardez à nouveau l'interview en tenant compte des réponses.

Rappelez-vous que lors d'une interview, surtout politique, le journaliste a un rôle fondamental à travers ses questions.
Soyez attentif / attentive à l'intention cachée derrière chaque question :
- mettre l'invité à l'aise ou au contraire le déstabiliser,
- faire préciser ou reformuler,
- orienter le débat...

Ce n'est pas le cas ici mais certaines questions peuvent également avoir pour but de mettre l’invité à l’aise ou de (tenter de) déstabiliser l'invité.
Xavier Lambrechts, TV5
Christophe Chatelot.
 
Christophe Chatelot, Le Monde
Oui, vous évoquiez le Rwanda. Le Rwanda est dans une situation un peu particulière : il est membre de la Francophonie et tout à la fois du Commonwealth, le français n’est plus… n’est plus enseigné de façon obligatoire dans les écoles, est-ce que c’est le symbole de quelque chose en Afrique, de la Francophonie en Afrique ? Est-ce que c’est le signe d’un reflux ?
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Certainement pas, certainement pas, certainement pas. Certainement pas. Allez au Cameroun. Le Cameroun est dans le même cas de figure. Le Cameroun est membre de la Francophonie et du Commonwealth. Au Cameroun, le français est très fort. Je crois qu’au Rwanda, il y a des raisons historiques qui font que cette situation existe comme elle est. Mais je crois que… nous avons la bonne, nous sentons la bonne volonté chez les autorités cameroun… rwandaises et vraiment, je crois qu’il faut laisser du temps au temps pour que les choses se calment ; et nous ne jetons la pierre à personne et nous considérons le Rwanda comme un membre loyal de la Francophonie.
 
Xavier Lambrechts, TV5
On parlait de gouvernance économique. C’est un des objectifs de ce sommet de Kinshasa, c’est d’améliorer la gouvernance économique des pays, en particulier africains. Qu’est-ce l’OIF peut faire pour améliorer cette gouvernance dans cette région… dans cette région en guerre entre le Rwanda et la RDC ?
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Oui, par exemple, l’un des points importants sur lesquels nous insistons, c’est le problème de la transparence des industries extractives.
 
Xavier Lambrechts, TV5           (hors champ)
On est au cœur du problème là.
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
On est au cœur du problème. Et nous l’avons déjà dit dans une résolution à Québec. L’OIF est membre de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives et nous y jouons un rôle important. Et nous essayons de faire en sorte que tous nos pays qui sont concernés par ce problème des minerais, des richesses minières, géologiques et autres, que tous les pays participent à cette initiative et érigent en norme les règles qui sont fixées par cette initiative. Ça, nous y travaillons jour après jour, et j’ai eu l’occasion moi-même de m’adresser à une réunion qui s’est tenue ici à Paris de cette initiative. Et je crois que c’est dans ce sens qu’il faut aller.
 
Xavier Lambrechts, TV5          
Alors oui, Christophe, une deuxième question ?
 
Christophe Chatelot, Le Monde
Alors oui, vous avez l’impression que ça va dans le bon sens, qu’il y a… puisqu’il y a la loi Dodd-Frank* aussi qui a été adoptée aux États-Unis, vous avez le sentiment que la transparence est une cause qui avance dans le bon sens en ce moment en Afrique ou alors que l’arrivée de nouveaux opérateurs chinois, indiens, brésiliens ne fait que complexifier cette situation, et que les règles que l’on demande vis-à-vis de multinationales françaises ou américaines finalement  peuvent ne pas être la règle si on traite avec des sociétés originaires d’autres pays ?
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Vous avez raison de poser ce problème-là. C’est un vrai problème. J’ai eu l’occasion de dire que je suis heureux que l’Afrique puisse bénéficier de toutes formes d’aide. Que ce soit des aides traditionnelles des organisations multilatérales, des aides bilatérales de l’Occident, mais qu’elle bénéficie aussi de l’aide des pays émergents comme la Chine. Mais j’ai exprimé la crainte que cette aide de ces pays, en particulier de la Chine, en raison des impératifs de rapidité, d’efficacité, que cette aide ne laisse de côté le problème de la transparence et de la bonne gouvernance. C’est un réel problème et ça nous complique la tâche d’un côté ; d’un autre côté, ça nous facilite la tâche dans la mesure où ça permet de réaliser les projets de nos pays plus rapidement. Mais, encore une fois, il ne faut pas confondre vitesse et précipitation. Je veux bien qu’on aille vite, mais je voudrais bien que tous les pays respectent les règles de transparence et de bonne gouvernance.
 
Xavier Lambrechts, TV5          
Alors il nous reste trois minutes avant la pause ; je voudrais vous poser quelques questions. On a parlé tout à l’heure de la situation de la langue française dans le monde. Comment se porte le français dans le monde ? Par exemple dans les institutions internationales. Il vient d’y avoir des Jeux olympiques à Londres ; est-ce que vous êtes satisfait de la manière dont le français a été défendu à Londres ?
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
(Oui, très bien, très bien.) Très bien, très bien. Vous avez vu comme moi-même que, à chaque fois, les annonces étaient faites d’abord en français avant d’être en faites en anglais.
 
Xavier Lambrechts, TV5          
Mais d’une manière plus générale, dans les institutions internationales ?
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Non. Le problème des institutions internationales, c’est ce que je dis toujours le paradoxe de la langue française. On l’a dit, Clément Duhaime vient de le dire devant nous, le français, les locuteurs augmentent ; la demande de français augmente et nous n’avons pas suffisamment de moyens pour répondre à cette demande. Partout, non seulement dans les pays francophones, partout dans le monde, en particulier en Afrique, tous les pays africains non francophones veulent apprendre le français. Mais, à côté de ça, il y a quand même cette difficulté qu’il y a à amener les Francophones eux-mêmes à parler français dans les organisations internationales.
 
Xavier Lambrechts, TV5
Manque de moyens ? Manque de moyens, ça veut dire c’est les gouvernements, disons des grandes puissances francophones…
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
(Non, non, non.) Il y a les deux. Il y a les deux. Il y a les deux. Je crois que les organisations internationales doivent faire un plus grand effort pour assurer la traduction simultanée dans les grands débats, pour assurer également la traduction des documents à distribuer… Puisque le français est langue de travail dans toutes les organisations internationales pratiquement. Mais, en même temps, il faut le dire, certains Francophones se sentent obligés de parler anglais. Par snobisme, par calcul, par paresse…
 
Xavier Lambrechts, TV5           (hors champ)
Par facilité aussi.
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Par facilité. Je ne sais pas. Quand…
 
Xavier Lambrechts, TV5           (hors champ)
Par efficacité.
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Non, non. Quand il y a une traduction simultanée, il vaut mieux exprimer sa pensée dans sa langue maternelle. Parce que…
 
Xavier Lambrechts, TV5          
Alors pour résumer… Christophe…
 
Christophe Chatelot, Le Monde
Oui. Est-ce que c’est pas…
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
On l’explique, on l’exprime de façon plus forte, plus complète. Parce que sinon, vous l’expliquez dans, vous l’exprimez dans un globish* de 1 500 mots alors que vous [avez] l’une des plus belles langues du monde. Non, je crois que c’est ça c’est le problème, et ça, je ne peux pas, je ne suis pas un gendarme, je ne peux pas être derrière chaque officiel francophone pour dire « Attention, voici le bâton, voici la sanction si vous ne parlez pas… ».
 
Christophe Chatelot, Le Monde
Oui mais…
 
Xavier Lambrechts, TV5           (hors champ)
30 secondes.
 
Christophe Chatelot, Le Monde
Est-ce que c’est pas une question marginale finalement ? Est-ce que ça concerne vraiment… Est-ce que les Africains sont intéressés par ça, par le fait que l’on utilise le français ou pas dans les sommets internationaux ?
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
Je m’excuse mais les Africains parlent toujours le français.
 
Christophe Chatelot, Le Monde
Est-ce qu’il ne faut pas que ça remonte de la base finalement ?
 
Abdou Diouf, Secrétaire général de la Francophonie
C’est… Les Africains parlent toujours le français dans les organisations internationales. Ils se plaignent que les pays du Nord, francophones, ne le parlent pas toujours. Mais les Africains, eux, donnent toujours la leçon.
 
 
* La loi Dodd Frank est une loi cadre qui traite des principales questions soulevées par la crise bancaire et financière. L’un des objectifs est d’avoir une meilleure régulation financière en élargissant le contrôle des régulateurs sur des pans entiers de la finance qui leur échappaient.
 
* Le globish (mot-valise combinant « global » et « english ») est une version simplifiée de l'anglais n'utilisant que les mots et les expressions les plus communs de cette langue.

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