Terriennes B2 Vantage

Maud Salomé Ekila - militante panafricaniste

Qui est Maud-Salomé Ekila, « Femme d'Afrique en Action » ?
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Elle milite contre les violences faites aux femmes au côté du docteur Mukwege.
Elle souhaite améliorer l'image africaine auprès des jeunes populations. 
Elle est une femme engagée dans toutes ces missions.

Elle est engagée contre la guerre en République démocratique du Congo.
Elle combat l'image dépréciée de la femme africaine.
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Cette activité vous permet de découvrir Maud-Salomé Ekila, femme engagée qui travaille avec le docteur Mukwege.
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Conception: Magali Delcombel, CAVILAM - Alliance Française
Published on 03/12/2020
Maud-Salomé Ekila, journaliste reporter et auteure
Je m’appelle Maud-Salomé Ekila. Je suis journaliste reporter d’images et réalisatrice. Je suis congolaise, je vis à Kinshasa et depuis 2016, je travaille comme chargée de communication pour le docteur Mukwege. À partir de son combat principal, qui était de réparer physiquement, mais aussi psychologiquement les femmes victimes de violence sexuelle, il a décidé d’étendre ses actions en offrant aussi une aide juridique et aussi la réinsertion socio-économique. Ma mission, au quotidien, c’est de créer du matériel qui sera principalement audiovisuel avec la Fondation Panzi. C’est vraiment ciblé sur des actions qui sont en République démocratique du Congo et avec la Fondation Mukwege, c’est à l’international de manière générale pour lutter contre le viol utilisé comme arme de guerre, notamment à travers le réseau mondial des survivantes SEMA. C’est des survivantes, des activistes qui luttent pour obtenir justice et réparation. Et j’ai aussi fait un livre audio pour enfants qui s’appelle Kesho, 13 Histoires et Comptines d’Afrique .
[Pourquoi avoir choisi cette activité ?]
Aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours été en fait engagée, particulièrement, en tant que militante panafricaniste. En 2012, j’ai rencontré le docteur Mukwege. Me dire que dans mon pays, un pays pour lequel j’ai un amour viscéral, y avait une personne qui faisait un travail aussi profond et aussi complexe, parce que, dénoncer ce qui se passe à l’est de la RDC, dans la région des Grands Lacs, quand vous réclamez la justice et la paix, alors que c’est une zone qui est, en fait, délibérément plongée dans le chaos et la guerre, pour des intérêts qui sont purement économiques et géostratégiques, en fait, vous décidez de sacrifier votre vie et c’est ce qu’il fait. Voir ça, en fait, de façon frontale, alors que j’entendais parler de ce qui se passait depuis Kinshasa, ça m’a vraiment mis une claque et je savais que je devais participer à ce combat d’une façon ou d’une autre pour mon pays. Parce qu’en fait, les raisons de ce combat englobent tous les maux qui sont créés aujourd’hui par le libéralisme sauvage et sans conscience, dont les Africains sont d’ailleurs les premières victimes aujourd’hui. Quand on utilise le viol comme arme de guerre, c’est pour le pillage des minerais, quand on massacre les populations, c’est pour le pillage des minerais et donc c’est pour que les multinationales fassent des bénéfices. C’est une question d’argent, de pouvoir, mais surtout d’appât du gain.
[Quelle est votre formation ?]
J’ai étudié le journalisme et la réalisation audiovisuelle et avant de consacrer mon temps, en fait, aux actions du docteur Mukwege, j’ai dirigé une chaîne de télévision privée en Haïti pour laquelle j’étais aussi d’ailleurs rédactrice en chef et j’ai présenté plusieurs émissions culturelles et de divertissement sur des chaînes internationales. Je présentais aussi le journal télévisé sur plusieurs chaînes à Kinshasa et j’ai aussi réalisé des documentaires historiques dont Congo de Martinique dans lequel je pars à la recherche des descendants des Congolais qui ont été déportés pendant la traite transatlantique. L’objectif, c’était d’aller à la recherche de tout ce qui reste des cultures Congos.
[Quel est votre principal trait de caractère ?]
Je suis quelqu’un d’engagé, de déterminé. Je vis mes combats dans toutes mes sphères d’activité. Par exemple, le livre pour enfants que j’ai écrit, c’est vraiment un livre que j’ai fait pour donner un sentiment de revalorisation, en fait, à nos enfants africains et afrodescendants qui souffrent d’avoir une image d’eux-mêmes qui est très négative.
[Que vous inspire l’expression « Femmes d’Afrique en Action » ?]
Une femme autodéterminée qui a confiance en elle, qui connait ses forces, en fait, pour apporter sa pierre à l’humanité et c’est ce que j’aimerais que chaque femme africaine et afrodescendante soit. Ma région c’est matriarcal. Même si la colonisation a apporté son patriarcat très destructeur, mais dans les faits, ça reste la femme, particulièrement la femme africaine, qui porte le monde. Et en fait, elle a une force en elle et une résilience qui est vraiment impressionnante. Quand je pense, par exemple, aux survivantes avec lesquelles je travaille, ou que je rencontre, que j’interviewe, quand elles prennent conscience de la force qu’elles ont en elles, elles peuvent changer le destin de centaines de femmes de leur communauté. Et pour moi, faire de grandes choses, ça veut pas dire faire du bénéfice, ça veut pas dire faire de l’argent pour faire de l’argent. Mais c’est faire de grandes choses en étant des actrices du changement. Et je suis pas du tout pour ces systèmes d’économie libérale qui sont individualistes parce que ces systèmes-là, qui sont aujourd’hui les systèmes qui régissent le monde, ça fait la promotion de l’enrichissement, du consumérisme. Moi, je suis pas du tout pour ce type d’entrepreneuriat. Pour moi, une femme d’Afrique en action, c’est une femme qui est actrice de son destin, mais pour l’intérêt général.

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