Diplôme de français des relations internationales B2 Vantage

Afghanistan : que devient l'aide internationale ?

Il y a une réelle interaction entre Rula Ghani et Christophe Ayad. Dans leur échange se mêlent égard envers l’autre, affirmation d’un point de vue, complicité ou connivence… 
Écoutez les extraits sonores et associez-les à l'intention de communication correspondante.
Glissez-déposez les éléments Help on how to respond the exercice
FRI-B2-Internationales-Ghani-video

Présenter un constat négatif avec précaution

Présener une question (gênante) avec précaution (pour la poser quand même)
Valoriser son interlocuteur et son travail 
(Presque) S’excuser d’une critique qui vient d’être faite
Corroborer clairement les propos de son interlocuteur
Sous-entendre (avec un sourire dans la voix) qu’il faudrait plus de temps pour développer un aspect
Souligner le ridicule une situation pour la critiquer
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Watch out !
Prenez le temps de réécouter les extraits sonores et faites attention aux mots, mais aussi aux tons de voix, aux silences…
Well done!
Vous avez parfaitement décrypté les intentions de communication de Christophe Ayad et de Rula Ghani. Notez également le ton de la première dame d’Afghanistan, très calme et doux et posé, qui permet une discussion très apaisée, où l'on met en avant une certaine sincérité. 

Pour en savoir plus sur le sujet et mieux connaître Rula Ghani, regardez l’émission dans son intégralité.
Cette activité vous permet de décrypter les intentions de communication derrière les mots ou l'absence de mots et des modulations de ton et de rythme.
 
Lisez la solution, puis regardez l’émission dans son intégralité pour en savoir plus sur le sujet et mieux connaître Rula Ghani.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 25/09/2019 - Modified on 07/02/2020
Christophe Ayad, Le Monde
Rula Ghani…
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
Oui.
Christophe Ayad, Le Monde
Ce qui frappe dans le document qu’on vient d’entendre, ou de voir, c’est que les infrastructures sont quand même très très très rudimentaires.
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
Bien sûr.
Christophe Ayad, Le Monde
Et, parfois, vu d’Occident, on se demande où est passée toute l’aide qui a été dépensée en Afghanistan. J’ai calculé : il y a eu 44 milliards de dollars dépensés par les Américains, uniquement les Américains, d’aide civile – j’exclue l’aide militaire – 44 milliards en 16-17 ans. C’est quand même énorme. Où est-ce que… comment ça se fait que tout cet argent ne se soit pas forcément matérialisé ? Où a été le problème ?
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
Vous êtes familier avec les agences d’aide internationale. Ces agences prennent des primes, au départ. Avant même que le projet ne commence, elles prennent 8 %, au moins, comme frais administratifs, et très souvent en Afghanistan, plus de 16 à 18 % pour sécurité. Alors vous avez déjà un quart de l’argent qui n’arrive jamais en Afghanistan. Puis vous avez les salaires de ces personnes qui viennent de l’étranger pour aider. Nous sommes très… très contents qu’ils viennent nous aider, mais ils ont besoin de salaire, ils ont besoin de ce qu’ils appellent « R & R », « Rest and recreation »[1], donc c’est-à-dire de périodes de…
Françoise Joly, TV5MONDE
De repos.
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
De repos. Et… et puis ils ont besoin d’établir un bureau, d’acheter des meubles, des computers [2], tout ça.
Sophie Malibeaux,  RFI
Vous citez…
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
À la fin des choses, vous avez probablement 25 % du total qui va…
Christophe Ayad, Le Monde
Réellement dans les projets.
Rula Ghani, épouse du président de la République islamique d'Afghanistan Ashraf Ghani.
Dans les projets. Et…
Sophie Malibeaux,  RFI
Y a pas un problème majeur de corruption également ?
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
Il y a ! Mais en fait, c’est un peu de la corruption de la part de ces agences internationales aussi, parce qu’on pourrait faire ça beaucoup mieux. Et j’ai connu certaines organisations – j’étais en Belgique là, il y a deux jours – parce qu’il y avait une organisation qui s’appelle « Mothers for peace », et il y a une personne – Jenny – qui vient une fois par an, et qui a organisé dans quatre localités de l’aide aux gens, aux habitants, mais de l’aide aux habitants qui en ont le plus besoin, des cliniques, des cours d’alphabétisation et tout ça, sans aucun coût pour son organisation. Donc, tout l’argent qu’elle rassemble va en Afghanistan. Alors là, ça, c’est de l’aide. Mais quand le[3] trois quarts de ce que vous… les trois quarts d’un million, ce n’est que 250 000.
Françoise Joly, TV5MONDE
Alors…
Sophie Malibeaux,  RFI
Vous dénoncez un business de l’humanitaire en fait.
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
Effectivement. Et je pourrais parler très longtemps sur ce sujet.
Françoise Joly, TV5MONDE
Oui, on sait que vous avez beaucoup critiqué la façon dont les ONG travaillaient…
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
Là aussi, ça, c’est différent. Ça, c’est les ONG locales. Alors, ces aides internationales favorisent le modèle de l’ONG. Or, si vous essayez de penser pour deux secondes, l’ONG, c’est une organisation qui présente un proposal[4], et cette demande d’aide est étudiée et scrutinisée[5]par plusieurs aides, plusieurs agences, et effectivement, pour une période de six mois à un an, ils obtiennent des fonds et peuvent faire l’aide. Y a très peu de contrôle. Ils peuvent… la plupart du temps, ils achètent des voitures, des computerspour faire, et puis ils font quelques petits ateliers ici et là. Mais… Ça, ça ne me gêne pas tellement autant que le fait que, au bout d’un an, ils se retrouvent avec leur petit bol à quêter de l’argent à nouveau parce qu’ils n’ont rien, ils n’ont rien bâti…
Françoise Joly, TV5MONDE
D’accord…
Sophie Malibeaux,  RFI
Mais les autorités du pays pourraient contrôler ça.
Rula Ghani, première dame d'Afghanistan
Il y a des… il y a des lois et... mais le contrôle ne se fait pas, parce que c’est très difficile quand vous avez, je sais pas combien, une centaine de milliers d’ONG qui fonctionnent.
 

[1] Régime qui octroie un congé spécial au personnel d’une ONG dans certaines conditions susceptibles d’affecter sa santé ou son bien-être, et qui autorise la personne de s’absenter pendant cinq jours.
[2] Des ordinateurs
[3] Les trois quarts
[4] Une proposition
[5] Transposition de l’anglais « scrutinise » qui signifie « scruter, examiner attentivement »
 

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