Diplôme de français des relations internationales B1 Threshold

Les dérives de l'industrie agroalimentaire

L'industrie agroalimentaire est souvent critiquée. Voyons ce qu'en pense Christophe Brusset, intérrogé par Patrick Simonin dans ce numéro de L'Invité.
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La présentation de Christophe Brusset et de ses livres.
La première cause de mortalité dans le monde.
Les thèmes du nouveau livre de Christophe Brusset.
L'étude de l'Inserm (Institut de la santé et de la recherche médicale).
Les lobbies à Bruxelles.
La problématique de l'Efsa (Autorité européenne de la sécurité alimentaire).
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Passez à l'exercice 2 pour en apprendre plus sur la problématique soulevée par le livre de Christophe Brusset.
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Conception: Samira El Azzimani, Alliance française de Bruxelles-Europe avec le français des affaires, CCI Paris-Île-de-France
Published on 21/01/2020 - Modified on 07/02/2020
Patrick Simonin, journaliste
Bonjour Christophe Brusset. Vous avez travaillé pendant 25 ans dans l'industrie agroalimentaire. Vous aviez publié Vous êtes fous d'avaler ça,  qui est devenu un best-seller. Vous êtes de retour avec Et maintenant, on mange quoi ?, publié chez Flammarion. J’allais dire vous êtes en quelque sorte un repenti de cette industrie qui, dites-vous, empoisonne les gens. Ce qu'on mange tous les jours est dangereux.
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Alors, effectivement, oui c'est vrai que ce qu'on mange tous les jours est bourré d'additifs, de pesticides et de différents produits chimiques qui contribuent à vous dégrader la santé.
Patrick Simonin, journaliste
Oui, vous dites, aujourd'hui, 70 % des morts sont dues à cette mauvaise alimentation.
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Écoutez, ce n'est pas moi qui le dis, c'est l'OMS qui déclare que, effectivement, chaque année, 12 millions de personnes meurent des effets de la malbouffe, quelles que soient les conséquences, diabète, obésité, etc. Et effectivement, c'est la première cause de mortalité au monde. La façon de se nourrir de façon inadaptée.
Patrick Simonin, journaliste
Il faut nourrir 7,6 milliards d'êtres humains sur Terre. Donc, c'est un enjeu considérable.
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Effectivement, d'autant plus que les principales victimes de la malbouffe sont les personnes à faibles revenus. C’est-à-dire que là aussi, on a une différence suivant les classes sociales et suivant les origines. Et à mon sens, ce n'est pas du tout acceptable.
Patrick Simonin, journaliste
C’est-à-dire, qu'est-ce que vous dénoncez clairement, aujourd'hui encore, dans ce livre ?
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Aujourd'hui, je dénonce vraiment un système. C’est-à-dire que, on a une industrie agroalimentaire mondialisée. Donc, on a une industrie de la malbouffe qui produit des quantités astronomiques de nourriture ultra-transformée, malsaine, donc bourrée d'additifs,  de pesticides et d'aliments tellement transformés qu'ils en deviennent nocifs au niveau de l'organisme.
Patrick Simonin, journaliste
Vous dénoncez des asticots dans la soupe. Vous dénoncez des choses absolument épouvantables, écœurantes.
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Alors, effectivement, je parle beaucoup de ce que j'ai vu, moi, durant mes différentes expériences, de fraudes, de malversations, etc. Je parle aussi et surtout et ça, c'est l'objet de ce nouveau livre, de tout ce qui est légalement autorisé,  c'est-à-dire tous les additifs, les auxiliaires technologiques, enfin plus de 700 additifs en France qu'on est autorisés à utiliser et à mettre dans l'alimentation.
Patrick Simonin, journaliste
Ce sont des additifs que vous dites dangereux pour la santé.           
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
La plupart sont dangereux. Il y a une étude de l'Inserm qui est sortie en début d'année, en février 2018 et qui dit que le fait de consommer des aliments ultra-transformés, si on augmente la consommation de 10 %, on augmente le risque de cancer de 12 %. Donc, il y a clairement un lien entre les aliments ultra-transformés industriels et la santé.
Patrick Simonin, journaliste
Et les pesticides, le glyphosate, évidemment, dont on a beaucoup parlé, ce sont des ingrédients qui sont connus comme dangereux, le glyphosate depuis 2015, et ils continuent d'être utilisés.
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Effectivement, puisqu'on a une pression qu'on appelle le lobbyisme, que ce soit des industries de l'agroalimentaire, de la chimie et de toutes les industries, en fait, pour favoriser leur industrie et continuer à vendre leurs produits. On a des lobbies très puissants à Bruxelles puisqu'on a plus de lobbyistes que d'employés de la Commission européenne qui font la pression, qui organisent les lois, qui s'infiltrent dans les comités de décision pour qu’on continue à utiliser leurs produits à grande échelle.
Patrick Simonin, journaliste
Oui, vous dites que les multinationales contournent les normes. C’est-à-dire, qu’au fond elles restent dans une sorte de légalité tout en n'obéissant pas finalement à l'intérêt public.
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Ce que je dis surtout, c'est que les multinationales font les normes. C’est-à-dire que les multinationales ont des moyens extrêmes, gigantesques, elles ont les moyens de financer et avec le lobbyisme, en fait moi, je parle plutôt de corruption, on peut acheter les politiques, les scientifiques, enfin, tous ceux qui ont un pouvoir de décision. Aujourd'hui, au niveau de l'EFSA, donc, la structure qui décide pour l'alimentaire en Europe, l’association de consommateurs dénonce que sur 211 experts, à peu près la moitié ont des liens d'intérêts avec l'industrie.
Patrick Simonin, journaliste
Il y a 400 additifs, finalement, que les industriels ne sont pas obligés de déclarer. 
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
Effectivement.
Patrick Simonin, journaliste
Que pourtant on absorbe.
Christophe Brusset, auteur de Et maintenant, on mange quoi ?
On a une catégorie d'additifs particulière qu'on appelle auxiliaires technologiques et les industriels sont dispensés de déclarer ces additifs au niveau de la liste des ingrédients. Donc, ça veut dire que les consommateurs n'ont aucun moyen de savoir que tous ces produits figurent dans les aliments qu'ils consomment tous les jours.

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