Diplôme de français des relations internationales B1 Threshold

La voix des femmes

Depuis le mouvement #MeToo, la parole se libère et la prise de conscience de la situation des femmes progresse.
Réécoutez l'émission et répondez aux questions.
Cochez la ou les bonnes réponses Help on how to respond the exercice

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La violence faite aux femmes est un vrai fléau (une catastrophe) en Europe. Combien de femmes en sont victimes ?
Une sur trois.
La moitié.
Deux sur cinq.
Marie Arena souligne que les femmes vivent cette violence  en particulier...
dans leur couple.
au travail.
dans la rue.
Comment Marie Arena qualifie-t-elle ce phénomène de violence ? (2 réponses)
Elle le trouve impossible à excuser et à expliquer.
Elle pense qu'il coûte très cher à la société.
Elle dit qu'on ne pourra jamais l'arrêter.
Elle le juge dégoûtant et machiste.

Tous les États parties ont signé la convention d'Istanbul mais, selon Marie Arena, la Bulgarie... (2 réponses)
refuse de la ratifier (la mettre en application).
n'est pas prête à considérer les femmes à égalité avec les hommes.
préfère la reporter pour la signer dans quelques années.
pense qu'elle en fait déjà beaucoup pour la place des femmes dans la société.

Marie Arena parle du mouvement #MeToo et du backlash qui lui est associé. Qu'est-ce que c'est ?
Lorsqu'un mouvement réussit à toucher un large public, la résistance contre ce mouvement augmente, s'organise et devient plus agressive.
Quand on voit les changements apportés par un mouvement, on se lasse et on souhaite en lancer un autre.
Lorsqu'un mouvement prend trop d'importance, les femmes ont peur et décident d'arrêter complètement leur combat.
Quelle est la situation des femmes au sein du Parlement européen ? (2 réponses)
Une campagne a été lancée pour que les victimes dénoncent le harcèlement qui existe.
Il est difficile pour les politiciens de prendre des mesures en faveur des femmes harcelées.
Tout le monde sait que l'injustice envers les femmes existe, mais on la tolère.
Elles doivent se battre seules pour avoir un meilleur salaire que les hommes.


Pour ces raisons, Marie Arena pense que les femmes...
ne doivent surtout pas abandonner leur combat.
doivent admettre l'idée qu'elles ne seront jamais reconnues.
doivent faire comme si les problèmes d'injustice et de violence n'existaient pas.

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Watch out !
Dans cet exercice, il s'agit de comprendre en détail les problématiques de l'émission.
Les questions suivent l'ordre du reportage. Relisez-les bien avant de réécouter l'émission.
Well done !
La voix des femmes commencent à se faire entendre, mais le combat est encore long. Comment en parler ? Faites l'exercice 4 pour découvrir du vocabulaire en lien avec ce sujet.
Relisez la solution pour bien comprendre en détail les problématiques de l'émission.

La voix des femmes commencent à se faire entendre, mais le combat est encore long. Comment en parler ? Faites l'exercice 4 pour enrichir votre vocabulaire en lien avec ce sujet.
Conception: Sabrina Fecchio, Alliance française de Bruxelles-Europe avec le Français des affaires, CCI Paris-Île-de-France
Published on 09/07/2019 - Modified on 07/02/2020
Paul Germain, journaliste
Mais d’abord, c’est quoi, cette Convention d’Istanbul[1] ?
Marie Arena, eurodéputée belge dans le groupe de l'Alliance progressiste des socialistes et démocrates, ancienne ministre en Belgique
Alors la Convention d’Istanbul, c’est un outil qui permet de lutter contre la violence faite aux femmes, et c’est un outil qui doit être ratifié par les États parties qui dit que ces États vont mettre en place des plans complets de violence, de lutte contre la violence. Et donc, c’est à la fois travailler avec la justice, donc une justice mieux équipée pour travailler sur les plaintes, mais également avec la police, les médecins, mais aussi l’éducation, la sensibilisation à ce phénomène qui est un vrai fléau aujourd’hui en Europe : une femme sur trois vit cette violence, et plus particulièrement à l’intérieur des couples, donc la violence intra conjugale est très présente. Et donc un outil tel que celui-là permet vraiment un engagement politique majeur et d’autre part un vrai plan d’action qui permet de lutter contre un fléau qui, à la fois est inexplicable, est injustifiable, mais également a un coût énorme pour la société. Aujourd’hui, la société européenne est vraiment frappée par cette injustice à l’égard des femmes.
Paul Germain
Mais tous les pays de l’Union européenne ont signé cette convention, est le problème ?
Marie Arena
Alors aujourd’hui, cette convention est signée effectivement par les pays, mais certains pays ne veulent pas la ratifier. Et on voit par exemple la Bulgarie aujourd’hui, qui pour des raisons soi-disant de défense des traditions, ne veut pas signer une Convention d’Istanbul qui remet un peu la femme dans une position qui est une position d’égal à égal. Et donc aujourd’hui, la Bulgarie n’entend pas considérer la femme dans une position d’égal à égal et donc de mettre en place des plans de lutte contre la violence à leur égard.
Paul Germain
Le mouvement #MeToo[2est apparu il y a un an, quasiment un an, aux États-Unis d’abord et il s’est étendu en Europe. C’est un véritable mouvement de libération qui a été nécessaire ?
 
Marie Arena
Alors, bien sûr, c’est un, d’une part, c’est la libération de la parole et c’est important que les femmes se sentent entendues par rapport à ces violences, et donc le mouvement #MeToo est important pour libérer cette parole, et c’est universel, ça traverse les océans, c’est sur tous les continents. Donc, je pense que c’est important. D’ailleurs, on voit que, au sein des associations qui sont les réceptrices des plaintes de ces femmes, eh bien, il y a une explosion des plaintes, aujourd’hui, qui sont déposées à l’intérieur de ces associations. Et donc, ça montre bien que #MeToo a donné la voix à un certain nombre de personnes, de femmes, qui hier n’osaient pas dire qu’elles étaient victimes.
Paul Germain
Mais vous avez publié une tribune dans laquelle vous dites que des stratégies, aujourd’hui, se mettent en place contre ce mouvement. Et parfois, ça vient des femmes elles-mêmes.
Marie Arena
Bien sûr, c’est ce qu’on appelle le « backlash »[3]. Donc, c’est-à-dire, à un moment donné, quand un mouvement prend de l’ampleur, quand il y a des changements qui apparaissent grâce à ce mouvement, eh bien, il y a des réticences qui s’organisent. Et, aujourd’hui, on vit ça. Par exemple, ici, à l’intérieur du Parlement européen, nous avons aussi mené une campagne #MeToo pour défendre les personnes qui, à l’intérieur du Parlement, seraient ou sont victimes de harcèlement, eh bien, on voit, par exemple, que la Conférence des présidents[4], qui est composée majoritairement d’hommes, eh bien a du mal à prendre les dispositions pour protéger effectivement ces victimes contre le harcèlement. Donc, on voit vraiment qu’il y a des stratégies de résistance qui se mettent en place quand des mouvements tels que ceux-là voient le jour. Et on doit, dans ces cas-là, être encore plus, je dirais, vigilantes, encore plus combatives, encore plus militantes, pour pouvoir continuer la marche qui est en cours pour la voix des femmes.
 
[1Traité international sur les droits de l'homme adopté par le Conseil de l'Europe pour la protection contre la violence contre les femmes et violence domestique le 11 mai 2011 à Istanbul. 
[2] Hashtag (« moi aussi ») diffusé sur les réseaux sociaux en octobre 2017 pour dénoncer l'agression sexuelle et le harcèlement.
[3] Contrecoup, conséquencevdésagréable et inattendue d'une action.
[4] Organe chargé de fixer l'ordre du jour de l'Assemblée nationale pour déterminer les projets et propositions de lois à discuter. 

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