Diplôme de français des relations internationales B1 Mittelmaß

Les mouvements citoyens en Afrique

Dans le début de l'émission, Floribert Anzuluni, le coordinateur du collectif Filimbi, explique quelle est la différence entre « mouvement citoyen »  et « société civile ».
Écoutez la discussion entre Amobé Mévégué, le présentateur, et Floribert Anzuluni, le premier invité interviewé pour compléter les phrases.
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- Ce qu'on appelle la société civile institutionnelle est généralement issue de la majorité au pouvoir ou de l'opposition. Elle est utilisée par des organisations politiques et n'est donc pas indépendante. 
- Les mouvements citoyens sont l'expression d'un ras-le-bol. Ils connaissent le succès, car ce sont des organisations indépendantes même si certains groupes politiques tentent de les contrôler.
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Pour découvrir les informations données par Mwayila Tshiyembe sur les mouvements socio-politiques chez les jeunes, faites l'activité suivante.
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Conception: Murielle Bidault, CAVILAM - Alliance française avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 27/09/2017 - Modified on 06/10/2017
Amobé Mévégué, présentateur et journaliste TV5MONDE
À nos côtés, Floribert. Je disais que vous êtes établi en exil en Belgique. Vous attaquez de front la gouvernance du Président Kabila en République démocratique du Congo. D’abord, peut-être, un mot de sémantique. Quelle est la différence que vous opérez entre « mouvement citoyen »  et « société civile » ?
Floribert Anzuluni, coordinateur du collectif Filimbi
Écoutez, ce que nous on appelle « société civile institutionnelle » aujourd’hui, c’est simplement parce que nous estimons que la société civile telle qu’elle existe dans nos pays est issue généralement des organisations politiques, que ce soit de la majorité au pouvoir ou de l’opposition. Elle est issue de ces organisations politiques et elle est utilisée par ces organisations politiques. Elle fonctionne de connivence avec ces organisations politiques, donc elle n’est plus indépendante. Contrairement aux mouvements citoyens qui sont finalement, c’est l’émergence d’une… c’est le ras-le-bol, l’expression d’un ras-le-bol.
Amobé Mévégué, présentateur et journaliste TV5MONDE  
Mais la différence est ténue, hein ? Parce que certains disent que ces organisations sont parfois les suppôts, soit de l’opposition, instrumentées d’un bord ou d’un autre, soit des loyalistes gouvernementaux.  
Floribert Anzuluni, coordinateur du collectif Filimbi
Les mouvements citoyens ?
Amobé Mévégué, présentateur et journaliste TV5MONDE  
Oui.
Floribert Anzuluni, coordinateur du collectif Filimbi
Non. Ce qui en fait la force justement, c’est l’indépendance. Bien évidemment, il y a plusieurs organisations politiques, majorité ou opposition, qui tentent de nous contrôler, mais c’est l’indépendance de ces organisations, de ces mouvements qui en font justement le succès. En tout cas, jusqu’à aujourd’hui, elles restent indépendantes. 
Christian Éboulé, journaliste TV5MONDE
Alors Mwayila Tshiyembe, on voit le succès de ces mouvements citoyens, notamment au Burkina Faso et au Sénégal, est-ce que vous pensez qu’aujourd’hui on peut mesurer l’efficacité de ces mouvements ?
Mwayila Tshiyembe, politologue
On peut mesurer si on a un instrument de mesure, c’est-à-dire ça dépend de chaque pays, le contexte de chaque pays, l’histoire du pays et même de socialisation. Dans ce qu’il vient de dire, il y a eu une partie des jeunes qui appartenaient à des anciens partis uniques ou qui avaient été membres des partis syndicaux, ou qui avaient milité, qui avaient une certaine expérience politique, soit avec le gouvernement, soit avec l’opposition. Cette phase-là est derrière nous. Les mouvements actuels n’ont  rien à voir avec ces… comment dire, cette structuration sociopolitique qui était attachée soit aux syndicats, syndicats ouvriers ou syndicats étudiants comme on l’a vu en Côte-d’Ivoire. Donc ce sont des mouvements spontanés, des jeunes qui n’ont rien à voir ni avec l’opposition, ni avec le pouvoir, mais qui ont essayé de marquer, mettre leur marqueur sur un critère déterminé, par exemple ne pas toucher à la Constitution comme fondement de la lutte et c’est ça qui établit une différence entre les anciennes luttes qui étaient tout à fait politiciennes et la revendication des jeunes d’aujourd’hui.

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