Diplôme de français des relations internationales B1 Mittelmaß

Dans les arcanes de la diplomatie

La France et les États-Unis ont beau être alliés, il y a parfois des tensions entre les deux pays. En règle générale, les désaccords se réduisent plus ou moins rapidement, comme ça a été le cas lors de cette négociation.
Écoutez l'interview de Gérard Araud et retrouvez les expressions utilisées.
Écrivez la ou les bonnes réponses dans les cases Help on how to respond the exercice
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1. 
En utilisant l’expression « hors de question » lors de son premier appel, Susan Rice a marqué son total désaccord avec le texte de résolution proposé par la France et la Grande-Bretagne.
2. 
En réaction à ce « coup de poing sur la table », et pour affirmer l'indépendance de la France par rapport aux États-Unis, Gérard Araud a utilisé un terme plutôt économique et déclaré que la France n’était pas une filiale (= une succursale) des États-Unis.
3. 
La tension entre les deux pays s’est apaisée avec le second appel de Susan Rice. Mais le représentant permanent de la Grande-Bretagne auprès des Nations Unies a exprimé ses doutes sur ce changement d'avis rapide en utilisant le terme militaire « une manœuvre|...œ.... ». Pour lui, ce brusque changement était peut-être une stratégie pour faire échouer le projet : en
« chargeant la barque » (= en exagérant leur demande), les États-Unis voulaient rendre le projet inacceptable.
Il n’en était rien : aucune stratégie, aucun machiavélisme mais simplement un renversement total de la position américaine, un virage à 180 (chiffres) degrés.
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nbOk2 Wort / Wörter falsch betont
nbKo Wort / Wörter zu berichtigen
Vorsicht!
Pour vous aider, les informations suivent l'ordre du récit.
Bravo!
Vous avez parfaitement retrouvé les expressions retraçant l'évolution du rapport entre la France et les États-Unis au cours de cette négociation. Pensez à les noter et à les utiliser rapidement pour bien les mémoriser.
Au-delà des faits, Gérard Araud ajoute du sentiment, de l'émotion dans son récit. Faites la dernière activité pour le vérifier.
Cette activité vous permet de voir comment le vocabulaire souligne l’évolution de la relation entre la France et les États-Unis lors de cette négociation.
Lisez la correction et notez les expressions pour pouvoir les réutiliser et les mémoriser. Faites ensuite la dernière activité pour aller au-delà des faits et voir comment Gérard Araud « vit » son récit.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 23/12/2015 - Modified on 07/02/2020
Gérard Araud, ambassadeur représentant permanent auprès des Nations Unies (2006-2014)

Il est très important que lorsque la France ou lorsque d’autres pays jugent qu’une opération militaire est nécessaire, de se tourner vers le Conseil de sécurité pour obtenir cette autorisation. 
Nous sommes au printemps 2011, les troupes libyennes marchent sur Benghazi, Kadhafi annonce tous les jours à la radio que des fleuves de sang vont couler, la France et le Royaume-Uni cherchent au Conseil de sécurité l’autorisation de l’usage de la force pour arrêter l’avance de Kadhafi. Donc avec mon collègue britannique, nous présentons un texte de résolution et nous commençons une négociation. Et cette négociation est d’autant plus difficile que nos alliés traditionnels, les Américains, au Conseil de sécurité, restent en réalité silencieux, alors qu’évidemment nous nous heurtons à la résistance des Russes et des Chinois. L’affaire sur le terrain devient de plus en plus sérieuse. Et donc, un lundi, je reçois instruction par téléphone, de la présidence de la République, de présenter le texte au vote, en tout état de cause, le jeudi. Silence américain. Et le mardi, au moment où je rentre à la résidence, je suis en voiture, vers huit heures du soir, coup de téléphone de ma collègue américaine, Susan Rice, qui me dit : « Il est hors de question que vous présentiez un texte ! We don’t want to be drag into your shitty war ! Nous ne voulons pas être entraînés dans votre guerre de merde parce que nous savons très bien que, si la guerre commence avec les Français et les Britanniques, nous serons obligés de vous soutenir, donc il est hors de question d’accepter votre texte ! » Je suis obligé de répondre que j’ai des instructions du président de la République, que la France n’est pas une filiale des États-Unis, France is not a subsidiary of the United States, et que, en tout état de cause, nous mettrons le texte au vote, sauf si le Président Obama naturellement appelle le président français de la République et que celui-ci me donne des instructions inverses. Je rentre à la résidence ; de la résidence, j’envoie un télégramme à Paris pour annoncer que nous avons quand même un petit problème. Sur le moment d’aller me coucher lorsqu’à onze heures et demie, ma collègue américaine m’appelle en me disant : « OK, nous allons vous soutenir mais nous allons vous soutenir, mais en plus nous voulons que le texte soit un texte encore plus précis, qui nous donne vraiment les moyens de frapper les forces libyennes. » Alors, le lendemain matin, j’avais un petit déjeuner avec mon collègue britannique qui était à ce point surpris qu’il a pensé un moment que c’était une manœuvre des Américains qui, en chargeant la barque, voulaient un échec du vote et ce qui aurait permis de dire ensuite qu’ils avaient soutenu notre projet mais que notre projet n’avait pas abouti. En réalité, cette analyse machiavélique n’était pas la bonne ; c’était vraiment un changement de position américaine à 180 degrés, et cela en trois heures. J’ai appris plus tard qu’il y avait eu une vidéoconférence entre ma collègue américaine, le Président Obama, la secrétaire d’État américaine, et que les autorités américaines avaient compris que simplement il était impossible de laisser Kadhafi prendre Benghazi, que politiquement, moralement, ça aurait été un désastre. Et donc, pour moi ce fut une expérience très forte parce que nous avons prouvé que, par la volonté, nous pouvions faire évoluer la position américaine. Et je crois que les conséquences en ont été très positives, c’est-à-dire que nous avons évité le pire à Benghazi.
 

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