Diplôme de français des relations internationales B2 المستوى المتقدّم

Comment (mieux) reconstruire un pays ?

L’Observatoire Pharos vient de rendre son rapport « Justice et priorité aux victimes ».
Aidez-vous de l’interview et des définitions pour retrouver les mots clés du sujet.
Écrivez la ou les bonnes réponses dans les cases Help on how to respond the exercice
FRI-B2-EtSi-Clermont-video
1.
L’ impunité, contre laquelle le Président Touadéra s’est de nombreuses fois déclaré, est le fait que quelqu’un ne soit pas sanctionné pour ses fautes.
2.
 La réconciliation, présente dans le nom de la Commission, est le rapprochement entre des personnes ou des groupes après un conflit.
3.
 Une indemnisation, comme celles qui sont souhaitées par les conseillers russes du Président Touadéra, est une somme d’argent offerte à quelqu’un en guise de compensation.
4.
 L’ amnistie, qui ne doit pas, selon le pasteur Clermont, se substituer à la justice, est un acte législatif qui annule les poursuites contre des criminels et supprime les peines requises.
5.
 Une condamnation, qui n’est pas nécessairement recommandée par le pasteur Clermont, est une décision de justice qui attribue une peine à quelqu’un.
6.
 Une juridiction est l’ensemble des tribunaux d’un même degré ou d’une même classe ; la cour pénale spéciale mise en place en RCA en est une, au niveau national.
7.
Une enquête est une recherche d'informations et de preuves pour découvrir ce qui s'est passé et qui sont les responsables des crimes commis ; selon le pasteur Clermont,  la cour pénale spéciale en RCA a déjà lancé.
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انتبه!
Pour vous aider, les mots à retrouver sont dans l’ordre d’écoute, et les éléments en italique les replacent dans le contexte de l’interview.
أحسنت!
Vous avez parfaitement retrouvé les mots clés du domaine de la justice en lien avec la résolution d'un conflit. Pensez à noter les mots nouveaux et leurs définitions pour pouvoir les réutiliser.
Faites la dernière activité pour revenir sur les intentions de communication du pasteur Clermont.
Cette activité vous permet d’enrichir votre lexique avec les mots clés du domaine de la justice en lien avec la résolution d'un conflit.

Faites ensuite la dernière activité pour revenir sur les intentions de communication du pasteur Clermont.
Conception: Hélène Emile, CAVILAM - Alliance Française, avec la CCI Paris Île-de-France
Published on 26/06/2019
Denise Épotéjournaliste

Le Président Touadéra[1] a maintes fois déclaré qu’il était contre l’impunité. Or, on se rend bien compte que la Commission vérité, justice et réconciliation[2] n’a toujours pas démarré ses travaux. Subit-il des pressions des groupes armés, ou alors des anciens présidents que sont Bozizé[3] et Djotodia[4] ?
Pasteur Jean-Arnoldprésident de l’observatoire Pharos
Je peux difficilement dire s’il subit des pressions. Ce que je constate, c’est qu’effectivement tout cela prend un temps énorme, un temps énorme, et les victimes attendent. Pourquoi cela ? Parce qu’effectivement, 70 %, 80 % du territoire est encore entre les mains de fauteurs de troubles, de criminels de guerre, d’hommes poursuivis pour crimes contre l’humanité et qui se sont en quelque sorte accaparés les richesses du pays. Il n’y a plus tellement les anti-balaka[5] d’un côté, les Seleka[6] de l’autre qui se combattraient les uns les autres. Il y a en fait des gens qui ont accaparé les richesses du pays et qui ne sont pas prêts à les laisser.
Denise Épotéjournaliste
Alors, les conseillers russes du Président Touadéra sont eux favorables à une indemnisation des chefs de guerre pour les inciter à déposer les armes. C’est ignorer la souffrance des victimes, cette proposition ?
Pasteur Jean-Arnoldprésident de l’observatoire Pharos
Moi, je vous dis mon sentiment. Je ne suis pas un politicien, mais je pense qu’il n’y a de paix possible que s’il y a justice. S’il n’y a pas une possibilité de justice, si on préfère l’amnistie à la justice, alors on sait que l’on repartira pour des crises nouvelles. Et je pense que c’est un des messages de notre rapport. Il a été commandé par le président de la République, c’est le président qui nous l’a demandé pour accompagner le plan de relèvement du pays. Il nous a dit « Faites un certain nombre de dialogues, d’écoutes structurantes pour la vie de ce pays et de sa reconstruction. Et nous nous sommes tournés vers les victimes. Elles demandent justice, et il faut qu’elles trouvent justice. Quelle forme ? Ce n’est pas à moi de le dire. Je ne dis pas qu’il faut des condamnations, mais je dis que si on ne les écoute pas, si on ne tient pas compte de leur expérience, alors on ne pourra pas reconstruire le pays.
Denise Épotéjournaliste
Alors, il y a une cour pénale spéciale qui a été instaurée en RCA, qui est une juridiction nationale, du reste ; pour l’heure, elle n’a instruit aucun dossier alors que son mandat s’achève en 2020.
Pasteur Jean-Arnoldprésident de l’observatoire Pharos
Elle est, si j’ai bien entendu, sur le point de se mettre au travail. Si j’ai bien entendu aussi, elle a déjà travaillé dans cette période où elle attendait d’avoir le fonctionnement administratif nécessaire. Elle a déjà travaillé à enquêter, à lancer des enquêtes, et je pense que, très rapidement, dès qu’elle sera en action, elle pourra saisir un certain nombre de gros poissons. Encore faut-il qu’on les lui livre. Encore faut-il qu’effectivement, il y ait une autorité militaire – gendarmerie, police – suffisante qui puisse capturer ces victimes. Moi, ce qui m’a…
Denise Épotéjournaliste
Or, aujourd’hui la Centrafrique est un pays exsangue…
Pasteur Jean-Arnoldprésident de l’observatoire Pharos
Exsangue, oui. Ce qui m’a bouleversé, vous voyez, c’est que dans les témoignages que nous avons reçus, nous en avons publié certains, les victimes parlent de Siddiki[7], d’Abdoulaye Hissène[8], de gens qui sont parfaitement désignés, et elles nous disent « S’ils restent là, comment voulez-vous que nous puissions…
Denise Époté, journaliste
… nous reconstruire.
Pasteur Jean-Arnoldprésident de l’observatoire Pharos
… nous reconstruire ? »

[1] Faustin-Archange Touadéra est président de la République depuis 2016 ; après avoir été Premier ministre de 2008 à 2013.
[2] La Commission vérité, justice, réparation et réconciliation (CVJRR) a été mise en place, sur décision du président Touadéra, suite à un accord de paix conclu entre le pouvoir et les groupes armés. Elle est chargée de « qualifier et de proposer toute action susceptible d'être prise en matière de justice ».
Les Commissions vérité, justice et réparation sont mises en place dans le cadre de la justice transitionnelle après des périodes de troubles politiques (guerres civiles, dictature, répression politique ou génocide) et dans un esprit de réconciliation nationale.
[3] François Bozizé Yangouvonda a été président de la République entre le coup d'État du 15 mars 2003 et son renversement le 20 mars 2013. Il a ensuite fui au Cameroun. Un mandat d'arrêt international a été émis contre lui par la justice centrafricaine le 29 mai 2013.
[4] Michel Am-Nondokro Djotodia, chef du mouvement politico-militaire de l'Union des forces démocratiques pour le rassemblement (UFDR) et  membre de la rébellion de la Seleka, s'est auto-proclamé président de la République le 24 mars 2013 après le renversement et la fuite du président François Bozizé. Il a démissionné le 10 janvier 2014.
[5] Les anti-balaka sont des milices d'auto-défense mises en place par des paysans centrafricains. Elles ont pris les armes en 2013 contre les Seleka lors de la troisième guerre civile centrafricaine.
[6] La Seleka, ou Séléka, « Coalition » en sango, est une coalition ethnique à coloration religieuse musulmane constituée de groupes rebelles en août 2012 pour chasser du pouvoir le président Bozizé. Officiellement dissoute, elle continue de contrôler le terrain avant d'éclater en plusieurs factions fin 2014 qui dominent encore aujourd'hui une large partie du pays.
[7] Abbas Siddiki est un général autoproclamé du mouvement 3R (Retour-Réclamation-Réhabilitation) qu’il a créé. Il dicte ses propres lois dans le pays, notamment dans deux régions du nord-ouest : la Nana-Mambéré et la Ouham-Pendé.[8] Abdoulaye Hissène est un cadre militaire et politique de la coalition du FPRC, le Front populaire pour la renaissance de la Centrafrique (ex-Séléka), qui contrôle et administre la ville de Bria, à l’est du pays.

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